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| Le déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation. | ||
| Auteur: Xavier Dumont |
Date de publication: 09/2001 |
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| Localisation: Ciberthèque > Participants > fra_doc_06/cap4.html |
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DEUXIEME PARTIE : Internet et le déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation
La deuxième partie consistera en une analyse de linfluence dinternet sur le déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation. Dans un premier temps, nous verrons, au moyen des notions de coopération et de développement, que lassociation de la technologie au développement nest pas un phénomène récent et que les pays du Sud ont déjà, par le passé, été les premiers « bénéficiaires » de programmes de coopération technologique. Evaluer linfluence dInternet sur le déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation implique que lon puisse disposer de données statistiques récentes et fiables afin dinterpréter les résultats. Dès lors, nous montrerons en quoi létude de M. Elie répond à des critères de rigueur méthodologique. Son analyse de la progression dInternet dans le monde nous amènera à défendre lidée selon laquelle la mondialisation de la communication demeure lapanage des pays du Nord et quun scénario néo-libéral conduit inévitablement à un renforcement du déséquilibre de laccès à linformation. Enfin, nous démontrerons que laccès aux infrastructures physiques, aux contenus et aux mécanismes de production de linformation demeurent les principaux défis que devront relever les pays du Sud et nous établirons quInternet est susceptible daméliorer la situation du continent africain dans les domaines de léducation, la santé, la démocratisation, lenseignement et la recherche.
Chapitre 4 TECHNOLOGIE ET DEVELOPPEMENT GLOBAL
la problématique du déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation trouve incontestablement ses origines dans la revendication des pays du Tiers monde dun rééquilibrage des flux dinformation, force est de constater que ceux-ci nont pas réussi à imposer un nouvel ordre mondial de linformation et de la communication. De nos jours, lanalyse de la problématique de laccès à linformation implique que lon quitte les débats qui ont eu lieu dans lenceinte de lUNESCO et que lon envisage linfluence des nouvelles technologies de linformation et de la communication, dont Internet est la dernière innovation, sur le développement Nord-Sud.
Selon Y. Mignot-Lefebvre, lassociation de la technologie au développement nest pas un phénomène récent dans la mesure où chaque innovation technologique, liée au secteur de linformation et de la communication, a été présentée, depuis les années soixante, comme une solution pour que les pays du Tiers monde sortent de leur état de sous-développement : « de coûteuses infrastructures ont été réalisées dans leuphorie qui accompagnait cette course forcée, par les pays du Sud, au rattrapage des pays du Nord et qui ont alourdi ensuite la dette des pays « bénéficiaires ». Ainsi que reste-t-il des télévisions éducatives des années soixante qui devaient permettre de scolariser tous les enfants, déradiquer lanalphabétisme et de moderniser lagriculture ? Que sont devenus les bunkers informatiques des années septante qui allaient gérer la presque totalité des services et des biens dun pays ? ( ) Beaucoup de rêves déçus se reportent aujourdhui avec la même force sur les télécommunications dont les services à valeur ajoutée exercent une attirance sans pareille car elles semblent le garant du développement et de la modernité »1. Sil paraissait normal et légitime de transférer des technologies dinformation dans le cadre notamment de programmes de coopération bilatérale ou multilatérale avec des prêts facilement consentis, Y. Mignot-Lefebvre constate quil nen est plus de même aujourdhui : « les Etats du Nord protègent les technologies de pointe et ne les communiquent que parcimonieusement aux pays amis, considérés comme politiquement sûrs. Les Etats du Sud, lourdement endettés, conseillés par la Banque mondiale, doivent le plus souvent accepter tout ou partie des solutions préconisées par les experts : sacrifier sur lautel du progrès leurs vieilles PTT, les transformer en établissements publics dans un premier temps, faire appel aux capitaux privés puis, dans un enchaînement quasi inévitable, privatiser et établir des joint-ventures avec des grands groupes de communication. Voilà le prix à payer pour soffrir ces merveilleux équipements »2. En effet, Y. Mignot-Lefebvre affirme que « la décolonisation ouvrait, pour beaucoup de pays nouvellement indépendants, la perspective dun développement autonome. Mais des objectifs prioritaires simposèrent quel que fut le choix idéologique : décoller économiquement afin de rattraper le plus vite possible les pays riches. La croyance occidentale selon laquelle la technologie permet de résoudre bon nombre de problèmes et de brûler les étapes était alors bien partagée. Les télévisions éducatives sont une illustration caractéristique de cette croyance car elles se situaient dans un secteur résolument de pointe, celui de linformation et de la communication et sappliquaient au champ de léducation de base qui était la préoccupation première des responsables de cette période. Celles-ci furent lobjet, au moins en leur début, dun engouement extraordinaire de la part tout à la fois des promoteurs, des financiers et des bénéficiaires. Trente ans plus tard, il semble difficile dimaginer de tels investissements. Entre-temps, bilan a été fait des déceptions quant aux résultats de telles opérations, au Nord comme au Sud, et pour les pays du Sud, les échéances de la dette se sont brutalement concrétisées »3. P. Bouvier attire 4 lattention sur les limites du « parachutage technologique » et souligne que le développement doit être à la fois finalisé, cohérent, homogène, autopropulsé et indivisible. En effet, P. Bouvier précise que toute logique de développement doit dépasser des objectifs purement économiques par une finalité supérieure. Définir des buts et des objectifs est en soi une nécessité. Le développement doit être cohérent car seule une vision véritablement prospective permet déviter à long terme des goulets détranglement. Homogène, le développement ne peut faire table rase du passé et doit sancrer dans les structures existantes pour avoir une vision finalisée dun avenir différent. Trop de logiques de développement, aussi honorables soient-elles, ne tiennent pas suffisamment compte du caractère autopropulsé, endogène du développement. Cest dans les structures existantes quil faut trouver les forces nécessaires à la dynamique. Enfin, le développement est indivisible dans la mesure où celui-ci est un processus global. B. Khader 5 souligne le fait quen tant que processus global, le développement est un processus à long terme, que lon ne peut importer. Sil y a un rythme et un style propre à chaque pays, la technologie montre ses limites dans la mesure où le développement est à la fois une stratégie culturelle, scientifique, économique et politique. Y. Mignot-Lefebvre défend lidée selon laquelle le Tiers monde cesse doccuper la place quil avait autrefois dans limaginaire occidental : « après plus de deux décennies de concentration relativement intense de moyens technologiques et de mobilisation importante de coopérants, souvent dun haut niveau de formation, les Occidentaux évacuent le Sud, au moins dans certaines de ses parties et ny conservent que les infrastructures minimales nécessaires à la poursuite dactivités dordre souvent plus géopolitique que économique. Ce désintérêt se retrouve dans la recherche sur la communication et le développement. Abondante dans les années septante et quatre-vingt, où les chercheurs intervenaient souvent également dans les projets (recherche participante, très fréquente dans les études de développement), elle se raréfie en raison de lamenuisement des crédits (lUNESCO autrefois principal commanditaire, a annulé ses programmes de recherche-évaluation depuis le départ spectaculaire de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis, suite à la publication du rapport MacBride). Lon constate aussi un manque de données nouvelles dans la mesure où les champs dapplications des technologies les plus sophistiquées et de leurs usages sobservent surtout au Nord »6. Tantôt qualifié de «Réseau des réseaux », de « cyberespace », de « toile daraignée électronique », d«espace virtuel » ou encore de « village global », les termes ne manquent pas pour désigner le phénomène Internet7. Au-delà de la diversité des terminologies, Internet est un réseau électronique qui permet de relier tous les ordinateurs du monde. A ce titre, il doit être considéré « comme une étape sur le chemin des autoroutes de linformation »8. Denvergure internationale, Internet préfigure en quelque sorte ce que seront les autoroutes de linformation de demain. Nul ne peut prédire avec exactitude lampleur de celles-ci même si M. Wautelet avance déjà lidée que « les changements quelles devraient induire ressembleront à une révolution mondiale »9. Lélaboration du modèle danalyse que nous poursuivons ne nous permet pas dentrer dans les détails techniques ou historiques des origines de ce réseau que R. Bolle désigne, de manière originale, par le terme de « nébuleuse informationnelle »10. Toutefois, nous pensons que certaines innovations majeures méritent dêtre mentionnées dans la mesure où elles sont utiles à la compréhension de ce quest Internet. Si les origines du réseau sont incontestablement à trouver dans la Guerre froide qui oppose les puissances de lEst à celles de lOuest, la naissance dInternet date de la fin des années soixante. Sur demande du Pentagone, V. Cerf, Professeur à lUniversité de Californie, élabore une norme qui révolutionne le monde de la communication : « cest lidée de fédérer, grâce à une norme commune, tous les ordinateurs et tous les réseaux de communication, et donc de permettre la communication de nimporte quel ordinateur de la planète avec nimporte quel autre ordinateur par tout moyen de télécommunication, dont naturellement le réseau téléphonique mondial »11. Cest en ayant voulu préserver leurs moyens de communication en cas dattaque nucléaire que larmée américaine a indirectement créé Internet. Il faudra attendre 1989 pour que des chercheurs du CERN 12 mettent au point le World Wide Web (WWW), une conception hypertexte que les Anglo-saxons appellent le « Web » et que les Francophones désignent par la « Toile ». De tous les services et applications proposés sur Internet, lE-mail, ou courrier électronique, est le service le plus utilisé. Nettement moins onéreux quun fax, il permet denvoyer et recevoir instantanément des données au prix dune communication locale. Les groupes de discussion ou forums permettent de partager des opinions autour dun sujet commun. Généralement classés par thèmes, ils permettent aussi de poser des questions à travers le monde. Enfin, une diversité de serveurs existe : les serveurs FTP (File Transfer Protocol) permettent des extractions de fichiers. Les serveurs Gopher fonctionnent toujours mais sont de moins en moins utilisés au profit des serveurs WWW. Dautres serveurs existent tels que Telnet mais nous nentrerons pas dans les détails étant donné que les courriers électroniques, groupes de discussions et serveurs WWW sont les services et applications les plus utilisés.
Analyser linfluence dInternet dans le déséquilibre Nord-Sud de laccès à linformation implique que lon puisse disposer de données statistiques récentes et fiables afin dinterpréter les résultats. Selon M. Elie 13, un ensemble homogène et public de chiffres caractéristiques, régulièrement maintenu au niveau national ou international, nexiste pas. Même établis à des dates voisines, les chiffres sont souvent discordants et la tentation est forte pour chacun de choisir les chiffres qui lui conviennent le mieux. En effet, M. Elie affirme que « les écueils sont nombreux dans leur établissement et leur interprétation et justifieraient une plus grande circonspection dans leur présentation. Avec un taux de croissance de 50 à 100 % par an, la date effective de réalisation du sondage est primordiale. Celle-ci est souvent omise ou confondue avec la date de publication des résultats. Une autre déviation méthodologique est la pratique des «enquêtes en ligne », bien moins coûteuses que des enquêtes par enquêteurs : mais ny répondent que des volontaires, suffisamment à laise avec loutil, qui ne constituent absolument pas un échantillon représentatif de lensemble des utilisateurs ou dune catégorie dentre eux. Il arrive aussi fréquemment que les chiffres établis pour une population donnée soient cités à propos dune autre ; les sources américaines ne mentionnent dailleurs pas toujours explicitement que leurs chiffres sont établis pour les seuls Etats-Unis. Incertitude sur la définition des grandeurs mesurées, sur les méthodes employées, sur les marges derreur, sur la date effective des mesures, tout concourt à inciter à la plus grande prudence dans la lecture et lutilisation des chiffres publiés sur Internet ( ) Les chiffres ne sont pas anodins : ils servent à forger les opinions, à identifier les forces et les faiblesses, à orienter les choix et les investissements, à prévoir les évolutions. Ils mesurent les résultats, font apparaître les déséquilibres, étayent les explications. [Et de conclure que] Les acteurs dInternet et les pouvoirs publics doivent sorganiser pour fournir sur Internet une information claire, publique et transparente, nécessaire à une réflexion sur le rôle et la prospective dInternet, outil stratégique de la mondialisation »14. Parmi les études récentes concernant la croissance exponentielle dInternet tant dans les pays du Nord que dans ceux du Sud, lévaluation effectuée par M. Elie en date davril 1999 15 nous semble répondre à des critères de rigueur méthodologique. En effet, si les statistiques publiées chaque semestre par « Network Wizards »16 fournissent le nombre de sites Internet par domaine dadressage, il nen demeure pas moins que ces statistiques présentent des insuffisances liées dune part, à la non-prise en compte des Intranets 17 et dautre part, à la progression des noms de domaines non géographiques. Jusquen 1996, la plupart des sites hors des Etats-Unis relevaient dun nom de domaine géographique à deux lettres «.xx » (nom de domaine suivi des abréviations du pays). Seuls les Etats-Unis utilisaient une forte proportion de noms de domaines à trois lettres tels que «.com », «.net » ou encore «.gouv ». Depuis, un nombre croissant dorganisations cherchent à dissocier leur image de celle de leur pays dorigine et choisissent un nom de domaine non-géographique qui échappe aux statistiques. M. Elie évalue à 60 % le nombre de nouveaux domaines, ouverts entre janvier 1997 et janvier 1998, ayant un nom de domaine non géographique. En janvier 1998, 47 % des sites recensés par Network Wizards18 sont dans lun des domaines «.com », «.net » ou « .org » contre 36 % en janvier 1997. M. Elie 19 propose de désigner par le terme de « site-G », les sites Internet appartenant à un domaine géographique. Pour mieux mettre en évidence la répartition des sites-G dans la population mondiale, M. Elie situe chaque pays sur une échelle de densité de sites-G par habitant :
Classe A : moins de 0,1 site-G pour 1000 habitants Classe B : de 0,1 à moins de 1 site-G pour 1000 habitants Classe C : de 1 à moins de 10 sites-G pour 1000 habitants Classe D : plus de 10 sites-G pour 1000 habitants
La figure 1 montre quen 1998, plus de 68 % de la population mondiale habite dans un pays de classe B, soit des pays équipés de moins dun site-G pour 1000 habitants.
La figure 2 montre quà la même date, 87 % des sites-G sont situés dans des pays équipés de plus de 10 sites-G pour 1000 habitants. Ce pourcentage sest accru de 80 à 87 % entre janvier 1986 et janvier 1988, démontrant selon M. Elie que lécart entre les pays les mieux équipés et les autres croît. En outre, M. Elie défend lidée selon laquelle ces chiffres sont sans doute inférieurs à la réalité du fait quune majorité de sites appartenant à des domaines non géographiques sont situés dans des pays de classe D.
M. Elie affirme quInternet reste concentré dans un nombre limité de pays correspondant à une petite fraction de la population mondiale. La figure 3 représente la répartition de la somme des populations des pays appartenant à chaque classe de sites-G en Europe (hors pays de lex-URSS), Asie et Afrique. Plus de 90 % des habitants dAfrique et dAsie habitent dans des pays équipés de moins de 0,1 site Internet par habitant. M. Elie souligne quil faudrait compléter cette étude au niveau des pays par une étude du déploiement dInternet au niveau de chaque pays et que lon constaterait sans doute que dans beaucoup de pays où Internet est moyennement ou peu développé, il se concentrerait principalement autour des grandes agglomérations.
Le fonctionnement dInternet reposant sur linfrastructure téléphonique, M. Elie pense quil est logique de rechercher une relation entre le niveau déquipement Internet et linfrastructure téléphonique des différents pays. Les figures 4 et 5 sont quelque peu indissociables. En effet, si la figure 4 montre une forte corrélation entre le nombre de sites-G et le PNB par habitant, le même type de relation semble exister, à la figure 5, entre le nombre de lignes de téléphone par habitant et le PNB par habitant. Il en résulte que le développement du réseau téléphonique est un facteur déterminant dans la croissance dInternet.
M. Elie constate néanmoins des différences pour certains pays ou groupes de pays : la figure 5 montre en effet que les pays de lex-URSS sont en général mieux équipés en Internet que les autres pays de même PNB/hab. La figure 4 confirme cette tendance pour les pays dEurope dex-URSS mais linfirme pour les pays dAsie qui tendent à être plutôt moins bien équipés en Internet que les autres pays de même PNB par habitant.
La figure 6 représente le nombre de sites-G en fonction du PNB par habitant dans les pays européens. Elle met en évidence trois groupes de pays :
M. Elie affirme que le croisement de la pénétration dInternet et de lIndicateur de Développement Humain (IDH)20 du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) semble pertinent bien que le mode de calcul de lIDH fasse lobjet de nombreuses polémiques. En effet, M. Elie explique quen intégrant des éléments liés à la culture et à la santé au secteur de léconomie, lIDH peut influer sur le niveau de pénétration dInternet dans un pays.
Parmi les 32 pays équipés de moins de 1 site-G pour 1000 habitants, représentés par la figure 7, aucun nest en Europe contre 21 en Afrique. Pourtant, M. Elie souligne quun certain nombre dentre eux sont des pays moyennement développés21 : tel est le cas de lIrak, du Vietnam, du Gabon, du Salvador, du Turkménistan, de lAlgérie, de la Syrie ou de la Corée du Nord. Ces pays partagent aussi une ou plusieurs caractéristiques suivantes : circulation de linformation restreinte, gouvernement non démocratique, faible ouverture au reste du monde, faible pratique de langlais. Inversement, on trouve des pays relativement bien équipés en Internet compte tenu de leur niveau de développement : lEstonie, lAfrique du Sud, la Lettonie, la Namibie, le Nicaragua, le Zimbabwe, la Zambie, la Côte dIvoire ou le Sénégal. Ils présentent les caractéristiques dêtre généralement plus démocratiques mais aussi plus ouverts sur lextérieur, à la libre circulation de linformation ou encore à la pratique de langlais. En conclusion de son analyse, M. Elie défend lidée selon laquelle « la connaissance et lintelligence que nous avons dInternet en tant quoutil stratégique dune évolution vers une société globale est encore très embryonnaire. Les données disponibles ne sont pas rassemblées et exploitées de façon systématique en dehors de créneaux dapplication tel que le commerce électronique où, au contraire, prolifèrent des sondages et études dont la transparence et la rigueur scientifique sont parfois contestables. Contrairement à dautres infrastructures telles que les transports, les télécommunications ou les médias, peu de statistiques et danalyses de ces données sont accessibles au public. Bien souvent celles qui existent sont utilisées hors contexte. La maîtrise et la disposition de loutil sont concentrés entre les mains de quelques pays et probablement aussi dune minorité de personnes au sein de ces pays. Une « tension technologique » est également maintenue par un renouvellement très rapide des technologies mises en uvre par Internet qui favorise lobsolescence rapide des équipements. Néanmoins, le déploiement dInternet profite de la baisse des coûts du matériel et de celui, moindre, des télécommunications. Le risque dune fracture informationnelle entre « info-riches » et « info-pauvres » est bien exprimé par la réaction de certains pays en développement : une coalition de pays en développement, conduite par lEgypte, lInde et le Pakistan, contestent la proposition de lOrganisation Internationale du Commerce détablir une zone de libre échange pour le commerce sur Internet. Ils affirment quun tel projet renforcerait la domination des pays dAmérique du Nord et dEurope sur le commerce « en ligne ». Ils proposent de renoncer à tout projet tant que le problème de la domination de lOuest sur Internet nest pas résolu »22. 1 Y. Mignot-Lefebvre, « Technologies de communication et dinformation. Une nouvelle donne internationale ? », dans Revue Tiers Monde, t. XXXV, n°138, avril-juin 1994, p. 248. 2 Y. Mignot-Lefebvre, « Technologies de communication et dinformation. Une nouvelle donne internationale ? », Op. Cit., p. 248. 3 Y. Mignot-Lefebvre, « Technologies de communication et dinformation. Une nouvelle donne internationale ? », dans Revue Tiers Monde, t. XXXV, n°138, avril-juin 1994, p. 248. 4 P. Bouvier, Introduction générale à létude des pays en développement : 1. Notions de développement, Université Libre de Bruxelles, notes de cours, année académique 1996-1997. 5B. Khader, Analyse des pays en voie de développement, Université Catholique de Louvain, notes de cours, année académique 1998-1999. 6Y. Mignot-Lefebvre, « Technologies de communication et dinformation. Une nouvelle donne internationale ? », dans Revue Tiers Monde, t. XXXV, n°138, avril-juin 1994, p. 250. 7 A. Dufour, Internet, Paris, Presses Universitaires de France, 1998, p. 3. 8 A. Iris, Les autoroutes de linformation, Paris, Presses Universitaires de France, 1997, p. 89. 9 M. Wautelet, Les Cyberconflits. Internet, autoroutes de linformation et cyberespace : quelles menaces ?, Bruxelles, GRIP-Editions Complexe, 1998, p. 5. 10 Pour en savoir plus sur les origines et les enjeux : R. Bolle, C. Roosens (dir.), Internet. Vers une nouvelle civilisation, Mémoire de Licence, Unité des Relations Internationales, Département des Sciences politiques et sociales, Louvain-la-Neuve, UCL, Texte inédit, 1998. 11 P. Quéau, « Internet, média du futur», dans Internet lextase et leffroi, Le Monde diplomatique, Manière de voir, numéro hors série, octobre 1996, p. 20. 12 Centre Européen de Recherche Nucléaire, Genève. 13 M. Elie, « Décrypter les chiffres de lInternet », Ministère de lEconomie, des Finances et de lIndustrie, http://www.finances.gouv.fr/comelec/travaux/syntheses/1_bis.htm, 1999. 14 M. Elie, « Décrypter les chiffres de lInternet », Ministère de lEconomie, des Finances et de lIndustrie, http://www.finances.gouv.fr/comelec/travaux/syntheses/1_bis.htm, 1999. 15 M. Elie, « Internet et développement global », papier non publié, avril 1999. 16 Network Wizards Internet Domain Survey, http://www.nw.com. 17 Ce terme désigne un réseau utilisant les technologies Internet (protocoles et applications TCP/IP) à lintérieur dune organisation (au niveau du réseau local, mais aussi au niveau dun réseau grande distance privé). 18 Network Wizards Internet Domain Survey, http://www.nw.com. 19 M. Elie, « Internet et développement global », papier non publié, avril 1999. 20 LIndicateur de Développement humain (IDH) est un indicateur conçu par le Programme des Nations Unies pour le Développement. Il prend en compte pour chaque pays plusieurs composantes du développement : économique (PNB), santé et qualité de vie (espérance de vie), éducation (niveau danalphabétisation des adultes et scolarisation des enfants). 21 IDH compris entre 0,5 et 0,8 22 M. Elie, « Internet et développement global », papier non publié, avril 1999.
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