TRAVAILLER L�INTERNET AVEC UNE VISION SOCIALE
Document collectif de la Communaut� virtuelle Mistica[1][1] pour le projet Ol�stica[2][2]
Septembre 2002
CONTEXTE
Ce document a �t� r�alis� collectivement (cf. chapitre �processus�) pour servir de base � plusieurs activit�s li�es aux projets Mistica[3][3] et Olistica que la Fondation r�seaux et d�veloppement� (FUNREDES[4][4]) coordonne.
Il sert
plus particuli�rement de base � une observation alternative de l�impact social des TIC en Am�rique latine et aux
Cara�bes. Une telle observation doit �tre inspir�e des principes de ce que l�on appelle �Isticometrie�[5][5], qui �tablissent que les indicateurs doivent �tre
d�velopp�s dans le cadre de
processus de participation, pour que les priorit�s de d�veloppement �tablies par
les communaut�s puissent �tre v�hicul�es et que les indicateurs correspondant �
la pertinence sociale des ph�nom�nes auxquels ils sont imput�s soient �labor�s,
pertinence qui ne peut pas �tre abandonn�e aux pr�-conceptions des �lites ou
acteurs dominants. � l�avenir,
l�objectif est que les soci�t�s, acteurs/actrices et plus particuli�rement
les personnes devant profiter de leurs b�n�fices participent au processus de formulation des politiques
publiques.
Ce document pr�tend donc fa�onner, dans des termes accessibles aux non sp�cialistes en la mati�re, la vision de l�Internet comme un outil de d�veloppement social qu�un groupe de personnes (acad�miques et acteurs/actrices de terrain) ont conceptualis� lors d��changes virtuels, depuis 1999. La port�e de ce document devrait logiquement aller au-del� des projets mentionn�s et pourrait repr�senter un apport de notre r�gion au d�bat international sur la Soci�t� de l�information.
ANT�C�DENTS
Le projet Mistica a donn� naissance aux deux documents collectifs pr�c�dents sur la m�me th�matique, mais avec des approches distinctes :
� cette liste,
il faut ajouter un document qui n�a pas encore vu le jour collectivement et qui
ne fait pas partie des r�alisations du projet Mistica, mais qui a cependant �t�
le fruit de nombreuses consultations et qui refl�te en grande partie les r�flexions
de la communaut� virtuelle Mistica :
De m�me, il
existe d�autres documents r�gionaux visant un avenir proche, qui sont
directement ou indirectement le fruit de la r�flexion collective dans d�autres
espaces :
Cet ensemble de documents, qui inclue �galement le pr�sent document, est une production originale et propre � la r�gion de l�Am�rique latine et des Cara�bes sur les th�matiques de la Soci�t� de l�information.
PROCESSUS
Le processus visant � rendre le pr�sent document collectif a �t� syst�matis� par Kemly Camacho, de la Fondation Acceso[13][13], comme suit :
- elle a r�dig� une proposition initiale qui tentait de d�finir le contenu consensuel des �changes de la Communaut� virtuelle (CV) MISTICA des derniers mois ;
- cette proposition initiale a �t� discut�e au sein du groupe de coordination du projet OLISTICA[14][14];
- une deuxi�me version[15][15], qui int�grait les commentaires du groupe de coordination, a �t� produite ;
- ensuite, le document � �t� discut� � nouveau[16][16] au sein de la CV Mistica, suivant un ordre de discussion s��talant sur plusieurs semaines ;
- enfin, les
commentaires re�us ont �t� int�gr�s dans ce document pour faire une
avant-derni�re version� ;
- cette version a �t�, � son tour, r�vis�e par le groupe de coordination et finalis�e par le responsable du projet, Daniel Pimienta, avant d��tre pr�sent�e � la CV qui a pu v�rifier si ses commentaires avaient �t� d�ment inclus et ainsi d�clarer ce document comme d�finitif.
Avec ce processus, on r�ussit � obtenir un document qui refl�te de mani�re consensuelle et dans les grandes lignes les travaux pr�liminaires du collectif Mistica ; cependant, il faut pr�ciser qu�il ne s�agit pas d�un document endoss� formellement par chacun des participants de la CV MISTICA.
Les commentaires finaux, qui ouvrent encore plus les perspectives de ce document, sont regroup�s dans la liste des courriers qui d�bute � l�adresse suivante :
http://funredes.org/mistica/castellano/emec/produccion/memoria6/1326.html.
INTRODUCTION
Depuis quelques temps[17][17], dans la communaut� virtuelle M�stica,
form�e par des latino-am�ricain(e)s et des Carib�en(ne)s, nous d�veloppons un
processus de r�flexion sur le th�me de la br�che digitale, la Soci�t� de
l�information et de la connaissance et l�impact social de l�Internet. Sous le
terme de �Vision sociale de l�Internet�, nous r�fl�chissons, entreprenons et
faisons la promotion des actions o� l�on approfondit la compr�hension des
effets et impacts de cette technologie en s�ins�rant dans nos soci�t�s et o�
l�on fait la promotion d�une appropriation sociale de l�Internet. Les principes
majeurs que nous, qui avons fait ces propositions, partageons sont pr�sent�es
ci-apr�s.
1.
L�INTERNET[18][18]
EST UN SUJET SOCIAL, PAS SEULEMENT TECHNIQUE OU COMMERCIAL.
Nous ne consid�rons pas le r�seau des r�seaux seulement
comme une plate-forme technologique. Nous pr�f�rons le voir comme un nouvel
espace d�interaction entre les �tres humains, que nous avons cr�� nous-m�mes
pour notre b�n�fice.�
Cet espace se transforme par la m�me interaction que nous sommes en train de d�velopper. Ainsi, nous consid�rons que cette technologie doit �tre vue, analys�e, manipul�e, �tudi�e et utilis�e d�un point de vue social, en essayant de comprendre les nouveaux types de relations qui s��tablissent dans le cadre de cet espace, les nouveaux processus sociaux qu�il g�n�re, les transformations culturelles qu�il produit, les nouvelles visions du monde qui se construisent, les nouvelles relations �conomiques qui s��tablissent.
L�Internet
ne doit pas seulement �tre consid�r� comme le r�seau des r�seaux, d�un point de
vue technique, c�est-�-dire des machines interconnect�es. L�Internet doit �tre
consid�r� comme le r�seau des r�seaux humains reli�s les uns aux autres et o�
les ordinateurs ne sont que la plate-forme technologique qui permet de
m�diatiser[19][19] ces relations.
Il est clair que le fait qu�il se base sur une plate-forme technologique
d�ordinateurs interreli�s fait que ce r�seau de r�seaux humains fonctionne avec
des caract�ristiques nouvelles et particuli�res. Les relations passant par la
plate-forme technologique, les communications se modifient sur la forme et le
fond.
D�autre part, nous pensons qu�il est important que l�Internet ne soit pas seulement consid�r� comme un outil pour la r�alisation de nouvelles formes d��changes commerciaux �auxquels, aujourd�hui, le secteur priv� donne priorit�, encourage et appuie� mais aussi comme un moyen de promouvoir la dynamisation des structures et relations �conomiques, politiques et sociales alternatives aux traditionnelles. Pouss� par les forces du march�, l�Internet reproduira et augmentera les diff�rences sociales existantes.
La soci�t� civile a un r�le fondamental � jouer dans la d�finition des
nouveaux types de relations et de constructions sociales qui devraient se
d�velopper � partir de l�incorporation des technologies de l�information et de
la communication. Il ne s�agit pas seulement d�un sujet propre aux
gouvernements et aux entreprises.
2. NOUS INCITONS L��GALIT� DES POSSIBILIT�S D�ACC�S,
L�USAGE AVEC SENS ET L�APPROPRIATION SOCIALE DE L�INTERNET.
Pour
l�analyse, la conduite des actions et l��laboration de propositions li�es �
cette technologie, nous utilisons les cat�gories d��galit� des possibilit�s
d�acc�s, d�usage avec sens et d�appropriation sociale de l�Internet. Nous
consid�rons que la simultan�it� des trois aspects est importante pour atteindre
un impact social positif lors de l�introduction de l�Internet dans nos pays.
Par acc�s �
�galit� des chances, nous entendons que toutes les personnes puissent avoir
acc�s aux b�n�fices de l�Internet. Dans cette cat�gorie, nous int�grons aussi
bien l�acc�s � la technologie que le d�veloppement des capacit�s techniques et
m�thodologiques pour faire un usage effectif des potentialit�s qu�elle offre.
Les obstacles � l�acc�s �quitable ne sont pas seulement techniques et
financiers mais aussi �ducatifs, linguistiques et culturels.
Dans ce sens,
nous nous pr�occupons �galement de la recherche d�alternatives de connexion et
de formation gratuites ou � faibles co�ts et, pour les politiques, de la prise
de d�cisions et de la gouvernance de l�Internet. Nous souhaitons nous impliquer
dans la d�finition des politiques touchant aux domaines, aux co�ts des espaces
sur l�Internet et aux aspects juridiques relatifs � cette technologie, afin que
nos visions et int�r�ts soient pris en compte.
Il
existe une diff�rence entre l�usage et l�usage
avec sens de cet outil
technologique. Nous encourageons les actions qui favorisent l�usage qui relie les n�cessit�s
des diff�rents groupes sociaux et la recherche d�alternatives pour les r�soudre
en utilisant l�Internet.
Nous insistons sur l�appropriation sociale de l�Internet, afin que cet outil acquiert un sens dans la vie
quotidienne des groupes sociaux et devienne un outil
pour la cr�ation de nouveaux savoirs qui leur permet de transformer les
r�alit�s dans lesquelles ils sont int�gr�s.
3.
NOTRE
INTENTION FINALE EST LA TRANSFORMATION DES SOCI�T�S.
Nous qui �tudions, cherchons, �valuons et encourageons des actions li�es �
cette technologie avec une vision sociale, nous d�clarons explicitement que
nous nous proposons d�utiliser cette technologie comme un outil pour
transformer les soci�t�s.� Pour
cela, nous cherchons � d�couvrir et � favoriser des actions pour que cette
technologie contribue � la construction de nouvelles soci�t�s guid�es par des
valeurs communes telles que des relations plus �quitables, moins
discriminatoires et favorisant l��galit� des chances.
En outre, � partir de chacune de nos sp�cificit�s, nous insistons sur notre engagement de promouvoir des actions qui rapprochent les opportunit�s d�acc�der � l�Internet des groupes les moins privil�gi�s de nos soci�t�s.�
4.
NOUS
CONSID�RONS L�INTERNET COMME UNE OPPORTUNIT�, MAIS NE MAGNIFIONS
PAS CET OUTIL TECHNOLOGIQUE.�
Nous ne
pensons pas que l�Internet produira des changements qui transformeront les
conditions �conomiques et sociales des groupes moins privil�gi�s de nos
soci�t�s et du monde entier. Nous ne concevons pas un processus lin�aire ; nous
ne croyons pas qu�il existe une relation automatique ou une relation
cause-effet entre l�Internet et le d�veloppement social.
Pour profiter de cette technologie comme un outil de d�veloppement
social, des processus permettant aux populations, organisations et pays de
s�approprier cette technologie doivent exister, afin que l�Internet fasse
partie et ait un sens dans leur vie quotidienne. C�est-�-dire, qu�il ait un
sens pour permettre d�am�liorer les conditions de vie, qu�il soit quelque chose
de proche et de pertinent pour transformer les relations sociales, �conomiques
et politiques existantes.
Nous devons insister sur le changement du sens des
actions li�es � l�Internet qui sont encourag�es. Celles-ci donnent priorit� �
l�installation de connexions et d��quipements puis se demandent ensuite � quoi
elles peuvent servir. Nous appelons � la r�flexion initiale conjointe sur les
principaux probl�mes et besoins existants, comment l�Internet peut contribuer �
les r�soudre et d�cider ensuite si l�on proc�de aux installations d��quipements
et de connexions, comment et o�.�
L�Internet est une vitrine ouverte, dont nous, les organisations,
communaut�s, personnes et pays qui aspirons � am�liorer les conditions de vie
des populations moins favoris�es, pouvons encore profiter.
Mais nous sommes aussi conscients que les espaces qui nous permettent de
profiter de l�Internet pour transformer les soci�t�s diminuent ou augmentent en
fonction des actions que nous entreprendrons prochainement.
Dans ce sens, l�Internet doit r�pondre � une strat�gie de communication et
d�information que nous, qui souhaitons am�liorer les soci�t�s dans lesquelles
nous vivons, adoptons.
5. LE CONCEPT DE BR�CHE DIGITALE DOIT �TRE ABORD� DE MANI�RE COLLECTIVE, ET NON INDIVIDUELLE.
La br�che digitale est un produit de la br�che sociale. Premi�rement, nous consid�rons que la br�che digitale n�existe pas en soi mais qu�elle est le fruit des br�ches sociales. C�est-�-dire, que ce sont les diff�rences sociales, politiques et �conomiques pr�-existantes, la distribution du pouvoir et les ressources qui la provoquent.
La br�che digitale ne fait pas seulement face aux machines connect�es. Affronter la br�che digitale implique non
seulement de disposer d�ordinateurs mais aussi de d�velopper les capacit�s
n�cessaires pour que la population puisse profiter de cet outil technologique
au b�n�fice du d�veloppement politique, social et �conomique. Ceci signifie,
outre de pouvoir acc�der � des ordinateurs connect�s, am�liorer son auto-estime
personnelle, son organisation communautaire, son niveau d��ducation, sa
capacit� d�interaction avec d�autres personnes et groupes, son niveau
d�appropriation pour pouvoir, entre autres, faire des propositions. D�passer la
br�che digitale signifie que les groupes avec lesquels nous travaillons auront
la capacit� suffisante pour pouvoir profiter de cette technologie pour
am�liorer leurs propres conditions de vie et celles de leur entourage.
En r�sum�, la br�che digitale ne soit pas seulement �tre mesur�e en fonction de l�infrastructure (par exemple, selon le nombre de machines connect�es), mais aussi en fonction de la capacit� que nous aurons d�velopp� pour transformer l�information disponible et les relations existantes sur l�Internet en mati�re de savoirs dont nous pourrions profiter pour am�liorer nos conditions de vie et nos relations d�appui mutuel.
Le d�passement de la br�che digitale est un sujet collectif, pas individuel. C�est pour cela que nous n�acceptons pas l�id�e d��tablir la mesure de la br�che digitale de mani�re individuelle. La mesure de la br�che digitale la plus courante se fait en fonction du rapport nombre d�habitants/nombre de machines connect�es. Nous encourageons l�id�e de mieux valoriser l�option collective. Dans ce sens, nous consid�rons que les b�n�fices de l�Internet ne viennent pas de la connexion mais des effets qu�elle produit. � savoir, que nous pourrons parler de r�duction de la br�che digitale si les b�n�fices de cet outil profitent � une communaut� enti�re, m�me si cette derni�re a peu ou pas de machines connect�es. Quand nous parlons de d�passer la br�che digitale, nous parlons de communaut�s, d�organisations ou de familles b�n�ficiant de l�Internet m�me si elles ne sont pas directement connect�es, et pas de la relation un-un, individu-machine.
Par
exemple, si dans une communaut�, un groupe de jeunes gens qui ont acc�s �
l�Internet dans leur coll�ge (et pas dans leur communaut�), d�couvrent par le
biais de cet outil une nouvelle mani�re de convertir l�eau du fleuve en eau potable ; ils discutent de
cette information avec les adultes, l�adaptent � leurs conditions
de vie, r�alisent un projet similaire adapt� � leurs besoins et � leurs visions
du monde et parviennent, entre tous/toutes, � obtenir de l�eau potable � partir de la
source du fleuve. Si cela sert d�exemple et si de telles actions continuent �
voir le jour, cette communaut� tirera les b�n�fices de l�Internet. Nous parlerons alors d�actions permettant de r�duire
la br�che digitale dans cette communaut�, bien que seul un groupe de jeunes
gens ait eu acc�s � l�Internet
et qu�aucune machine ne soit connect�e dans cette communaut�.
Nous croyons que la br�che digitale doit �tre valoris�e sur la base des
b�n�fices que les populations peuvent ou non tirer de l�Internet et nous
pensons que l�on ne peut atteindre un tel objectif avec une seule connexion.
�videmment, ces processus sont plus agiles s�il y a des connexions dans la
communaut�, mais la simple connexion ne fera pas la diff�rence.
Ainsi, nous encourageons les actions qui r�duisent la br�che digitale en
permettant aux populations de tirer profit de l�Internet collectivement, et pas
seulement les actions qui visent la connexion de tous/toutes � l�Internet. Nous
pensons que les efforts et ressources visant � r�duire la br�che digitale ne
doivent pas �tre centr�s sur les machines mais sur les proc�d�s communautaires,
d�organisation et nationaux qui permettront � la majorit� de la population de
tirer profit de la technologie.
6. L�INTERNET REFL�TE LES BR�CHES SOCIALES DE NOS
SOCI�T�S, IL D�PEND DE NOUS DE PROFITER ET DE D�FENDRE LES ESPACES OUVERTS
EXISTANTS.
Nous savons qu�il existe des diff�rences sur l�Internet. Nous n�avons pas tous/toutes les m�mes possibilit�s d�acc�der � ce qui se trouve sur le r�seau, la m�me facilit� pour visualiser ce que nous produisons, ni les m�mes ressources technologiques et �quipements pour profiter de cet outil. Ces diff�rences sont li�es aux co�ts et � la connaissance de la technologie.
Nous sommes pr�occup�s par cette tendance, bien que nous pensions qu�il y
ait encore un grand nombre d�espaces ouverts. Nous travaillons pour encourager
des actions qui r�duisent le risque que l�Internet devienne un outil
principalement utilis� en fonction des ressources �conomiques de chacun.
Nous cherchons � ce que ceux qui ont le moins de chances d��tre �cout�s
dans nos soci�t�s puissent trouver dans cet outil un espace pour se faire
entendre, interagir et s�organiser avec d�autres personnes et un lieu o� ils
pourront trouver des informations qui les aident � trouver des solutions et �
assouvir leurs besoins.
7. L�INTERNET PEUT RENFORCER LA PUISSANCE DES PROCESSUS DE
D�VELOPPEMENT HUMAIN DEJ� EXISTANTS.
L�Internet est surtout un outil capable de cr�er et de renforcer les r�seaux humains. Son introduction permet de cr�er un nouveau r�seau social que nous avons besoin de comprendre et de nous approprier.
L�Internet est un outil qui peut faciliter, am�liorer, acc�l�rer les processus qui se d�veloppent dans les pays, communaut�s, organisations et r�gions et qui tendent � am�liorer les conditions de vie de la majorit� des habitants.
Par cons�quent, nous encourageons les actions qui int�grent l�Internet dans
les pratiques sociales et les initiatives d�organisation qui existent d�j�, qui
tendent � am�liorer les conditions de vie des moins favoris�s et qui
encouragent le d�veloppement de vastes processus de participation.
8. L�INTERNET FOURNIT DE L�INFORMATION,
ET NON DU SAVOIR.
Nous croyons que l�Internet est une source interminable d�informations,
mais il ne nous fournit pas de savoir. Le savoir, nous le produisons individuellement ou
collectivement en assimilant l�information, en y r�fl�chissant, en l�adaptant �
nos exp�riences, besoins, conditions, visions du monde et en la discutant avec
d�autres, concr�tement ou virtuellement.
La production de savoir implique de d�velopper la �fa�on de penser�, ce qui est une action essentiellement humaine. L�Internet nous aide dans la mise en place de ce processus, �tant donn� que nous y trouvons des exp�riences similaires, des le�ons tir�es, de nouvelles id�es, nous recevons des soutiens, nous �largissons nos visions, nous discutons beaucoup avec des personnes et groupes originaires du monde entier. Mais le processus de cr�ation de savoirs na�t hors de l�Internet.
Nous pensons qu�il faut d�passer le mythe selon lequel l�information est le savoir et que, par cons�quent, le seul fait d��tre connect� � l�Internet permet d�augmenter son savoir.
9. LA CR�ATION DE NOUVEAUX SAVOIRS EST UN MOTEUR DU CHANGEMENT QUE
L�INTERNET PEUT RENFORCER, MAIS IL FAUT TROUVER COMMENT LE CONSUMER ?
La cr�ation de
nouveaux savoirs en incorporant l�Internet comme un outil d�information et de
communication n�est pas un processus simple. Il est indispensable de trouver
les nouveaux talents, les nouvelles capacit�s, la variation des processus de
travail, les nouveaux profils �ducatifs qui nous permettront de mieux profiter
de cet outil pour la cr�ation des savoirs. Si nous r�alisons ces r�flexions,
nous courons le risque de rester avec beaucoup d�informations, sans les
changements rencontr�s et paralys�s par la quantit� ing�rable de donn�es.
La construction de
savoirs qui propose de nouvelles solutions aux besoins, qui am�liore les fa�ons
de faire les choses et qui propose des alternatives aux probl�mes, sera un
moteur de la transformation des soci�t�s. Mais apprendre � le faire n�est pas un processus spontan�
; par cons�quent, nous essayons d�encourager des �tudes et recherches qui
insistent sur la d�couverte de ces nouvelles fa�ons de faire les choses et sur
la promotion de cette id�e dans les agences internationales, les gouvernements
nationaux et les communaut�s.�
La d�couverte de
ces nouvelles fa�ons de faire les choses doit �tre men�e en collaboration avec
les acteurs/actrices sociaux afin que la construction tienne compte des
diff�rentes visions du monde et stimule le processus d�appropriation de l�outil
technologique.
Il est important que l�Internet
devienne un outil utile pour que les groupes sociaux les moins favoris�s cr�ent
de nouveaux savoirs qui leur permettent d�am�liorer leurs conditions de vie et
de transformer les soci�t�s dans lesquelles ils vivent.
10.
L�IMPACT DE
L�INTERNET R�SIDE DANS LE CHANGEMENT QU�IL G�N�RE.
En suivant cette
ligne de pens�e, quand on parle de l�impact de l�Internet, nous essayons de
comprendre comment l�Internet a transform� le quotidien des personnes dans leur
vie personnelle, leur activit� professionnelle, leurs relations
interpersonnelles, au niveau de leur organisation et de leur citoyennet�.
Quand nous
parlons de valoriser l�impact, nous essayons de d�couvrir dans quelle mesure
l�Internet transforme les r�alit�s de groupes et personnelles de ceux qui, comme
nous, faisons partie des soci�t�s. Nous insistons sur le nombre de machines, les vitesses de connexion, la
quantit� de messages, etc. Il s�agit, pour nous, d��l�ments qui nous permettent
de comprendre le contexte dans lequel nous �voluons. Nous tentons d�aller
au-del� de l�apparent pour comprendre le substantiel, ce qui restera de cette
transformation.
11.
NOUS SOMMES PR�OCCUP�S PAR LE FAIT QUE L�INTRODUCTION DES TIC ENGENDRE DES
TRANFORMATIONS SOCI�TALES QUI ENTRA�NENT DES CHANGEMENTS SOCIAUX POSITIFS
POUR NOTRE R�GION. �
Nous veillons � assurer la construction d�une nouvelle Soci�t� de l�information et de la connaissance. Nous faisons attention � ne pas r�p�ter un slogan. Nous pensons que toutes les soci�t�s ont eu leurs propres fa�ons de g�n�rer le savoir et que ce dernier est li� au contexte culturel.
Nous observons avec attention quelles sont les modifications des structures sociales, politiques et �conomiques qui se produisent pour pouvoir assurer que les structures existantes ne se renforcent pas plus et que la transformation est substantielle.
En outre,
nous ne consid�rons pas qu�actuellement, l�Internet soit l�unique facteur de
transformation des soci�t�s. Nous avons un point de vue int�gral et critique,
o� les nombreux facteurs et dynamiques qui transforment en permanence ces
soci�t�s sont analys�s.
12. ON PEUT AUSSI VIVRE SANS
L�INTERNET.
Nous pensons que
l�Internet peut aussi avoir des cons�quences n�fastes sur la vie personnelle,
d�organisation et sociale. Souvent, ce qui voyage dans ce milieu est plus
quantitatif que qualitatif. L�Internet peut engendrer des surcharges de
travail, une saturation, un obstacle au contact personnel, des sentiments
d�imm�diatet�, une diminution des espaces de lecture, de r�flexion et de
loisirs.
Il est �galement possible de vivre sans l�Internet malgr� les pressions du contexte qui incitent toutes les personnes, organisations et institutions � se connecter. N�anmoins, cette d�cision doit se faire en connaissance de cause, � savoir, apr�s avoir eu l�opportunit� de conna�tre la dynamique que l�Internet implique.
13. CONSID�RATIONS POUR D�TERMINER L�APPROPRIATION SOCIALE DE L�INTERNET DANS NOS ACTIONS ET PROJETS.
� partir
des positions expos�es ci-dessus et en guise de r�sum�, nous proposons ci-dessous
une s�rie de questions qui nous permettront d��tudier les diff�rentes
propositions et actions qui se d�veloppent par rapport � l�introduction de
l�Internet dans nos pays et populations.
�[1] Carnet d�adresses de la CV Mistica : http://funredes.org/mistica/castellano/emec/participantes/
�[2] http://funredes.org/olistica
�[3] http://funredes.org/mistica
�[4] http://funredes.org
�[5] http://funredes.org/olistica/documentos/doc2/isticometros.html
�[6] http://funredes.org/mistica/castellano/ciberoteca/tematica/esp_doc_sam2_1.html
�[7] http://funredes.org/mistica/castellano/ciberoteca/tematica/esp_doc_cv.html
�[8] http://www.acceso.or.cr/PPPP/
�[9] http://www.idrc.ca/pan/ricardo/publications/Ofelia.htm
�[10] http://www.itdg.org.pe
�[11] http://www.idrc.ca/pan/ricardo/publications/tcparaque.pdf
�[12] http://www.tele-centros.org/
�[13] http://acceso.or.cr
�[14] http://www.funredes.org/olistica/socios/
�[15] http://funredes.org/mistica/castellano/ciberoteca/tematica/esp_doc_olist.html
�[16] http://funredes.org/mistica/castellano/emec/produccion/
�[17] Desde febrero del 1999 cuando se iniciaron las discussiones en la CV MISTICA.
�[18] �Internet� est un protocole (TCP-IP) qui permet � des ordinateurs d�entrer en communication. �L�Internet� est un r�seau qui permet � des personnes de communiquer et de s�informer gr�ce � l�usage de machines et de protocoles. Aussi, nous pr�f�rons utiliser l�expression �l�Internet�, qui se r�f�re au r�seau humain plut�t qu�� la technologie.
�[19] Et dans de nombreux cas, d� � ses
limitations d�interface, �imm�diatiser�...