RECOMMANDATIONS

Les recommandations sont séparées en deux groupes:

-des recommandations génériques qui représentent les données stratégiques pour le montage du projet. Celles-ci pourraient bénéficier d'une diffusion étendue vers les contreparties nationales et régionales.

-des recommandations spécifiques qui représentent des éléments tactiques pour renforcer les chances de succès ou pour tenir compte du contexte spécifique régional et/ou européen. Ces recommandations sont d'usage interne à la CEE et ne devraient pas être diffusées à l'extérieur.

A- RECOMMANDATIONS GENERIQUES

1 INTEGRATION REGIONALE

Dans le domaine des réseaux pour la recherche, les coûts des systèmes de transmission nationaux, mais surtout internationaux, représentent une barrière pour la croissance. L'intégration régionale est une nécessité impérieuse et urgente pour supprimer cette barrière.

Seule, la concertation entre les Etats de la région pourrait permettre la rationnalisation de la topologie du réseau de la recherche et entraîner de substantielles réductions des coûts globaux. Cette concertation pourrait engendrer des accords régionaux d'exonération d'impôts sur les télécommunications concernant les canaux d'échanges intra-régionaux. Enfin, la concertation devrait permettre la généralisation de structures tarifaires avantageuses pour les réseaux de la recherche sur les réseaux X25 nationaux (pour faciliter l'accès des chercheurs aux noeuds du réseau).

Le projet doit établir les modalités pour faciliter cette concertation. Plus spécifiquement, il est recommandé de susciter l'organisation, dans la phase initiale du projet, d'une conférence régionale des autorités de la recherche, de la science et la technologie et de l'éducation supérieure, à laquelle seraient invitées les autorités des télécommunications.

Le poste budgétaire des coûts de télécommunications est le plus important dans le budget de construction d'un réseau régional; le montant est un réel problème pour les réseaux de la région. Il faut rationnaliser les coûts et optimaliser l'utilisation des ressources, cela peut s'obtenir en augmentant la proportion de liens intra-régionaux dans la topologie du réseau. Une solution définitive au problème des coûts des télécommunications internationale réside dans la création d'un squelette régional de transmission basé sur un des satellites de la région. La région compte avec des satellites propres et d'autres devraient apparaître prochainement. Il n'existe pas de satellite régional ayant une couverture régionale totale, avant le lancement, prévu en 1995, du satellite mexicain Solidaridad. Il est recommandé de proposer des niveaux de solutions intermédiaires, utilisant une combinaison de moyens de transmissions, qui auraient la capacité d'effectuer une migration naturelle vers une solution définitive basée sur un satellite unique.

Le projet doit favoriser la concrétisation d'accords régionaux durables basés sur un agenda d'offre des canaux, de la part des pays de la région qui possèdent des satellites.

La phase préalable du projet doit permettre des négociations avec les autorités du Mexique avec, comme objectif, la mise à la disposition de la région d'un transpondeur dédié aux applications de la recherche. Cette négociation devrait aboutir avant la tenue de la conférence régionale. Dans cette conférence, une charte devrait être adoptée définissant clairement les droits et devoirs des participants ainsi qu'un agenda d'offre de moyens de télécommunications.

Afin de faciliter le chemin vers la nécessaire intégration régionale dans ce domaine, il est indispensable d'encourager la constitution d'un groupe régional représentatif qui inclut tous les acteurs en matière de développement de réseaux: les représentants des conseils de la science et de la technologie, les utilisateurs, les administrateurs de réseaux en activité, les universités, les organismes non gouvernementaux, et également, avec un statut différent, les représentants des autorités des télécommunications, du monde industriel, et des Organismes Internationaux qui participent au développement dans ce domaine.

Il est recommandé de mettre dans l'agenda de la conférence régionale mentionnée, la création d'une structure de type RARE spécialement adaptée aux besoins de la région. Bien entendu, il aura été organisé, au préalable, une force de travail, constituée de tous les acteurs clefs (acteurs de la région, spécialistes de RARE, spécialistes des études REDALC), avec comme mission de produire une proposition de structure.

2 LIEN AVEC LE DEVELOPPEMENT DE LA REGION

Le modèle de développement appliqué dans le monde industrialisé a entraîné des tensions entre le secteur des télécommunications et celui des réseaux pour la recherche. La région Amérique Latine et Caraïbes ne devrait pas suivre la même politique.

Les télécommunications jouent un rôle central dans le développement économique des pays. Le développement des réseaux pour la recherche doit impérativement se faire en concertation ouverte avec le secteur des télécommunications. Il faut convaincre ce dernier que de fortes réductions tarifaires pour les accès aux réseaux de la recherche seraient un investissement crucial, récupéré à moyen terme par l'accélération du développement de leur marché télématique. La recommandation est de créer un fascicule argumentaire à ce propos, appuyé par des démonstrations claires et des exemples concrets.

Le secteur industriel privé devrait aussi participer dans les échanges, sans avantages de tarification, mais d'une façon intégrée. L'investissement de coopération prévu doit aider à augmenter les échanges entre la recherche académique, la recherche menée dans les ONGs et la recherche industrielle. La conférence régionale prévue devrait aboutir à des résolutions concernant ces deux derniers points.

Quelques applications doivent être bâties sur le réseau de transport, dans le cadre du projet, de façon à augmenter les possibilités de la région à l'intérieur du marché croissant de l'information. Les recommandations relatives à cet aspect du projet sont contenues dans le rapport des études connexes conduites par l'Unesco.

3 STRUCTURES D'ADMINISTRATION

3.1 AU NIVEAU NATIONAL

En réponse à la grande dispersion des chercheurs dans la région, et à la difficulté de concentrer des ressources, il est recommandable de monter des structures pluralistes pour la gestion des réseaux. A l'intérieur de celles-ci devraient s'associer les entités concernées: avec statut de membre les universités publiques, autonomes et privées, les ONGs à but non lucratif liées à la recherche, les académies des sciences, les conseils de science et technologie; avec statut d'observateur les représentants des entreprises de télécommunications, de petites et moyennes entreprises du monde industriel et d'Organismes Internationaux qui participent à l'effort.

3.2 AU NIVEAU REGIONAL

Les circonstances particulières décrites dans la partie diagnostic en ce qui concerne les acteurs télématiques de la région et l'influence des projets existants ont empêché l'étude de faisabilité d'aboutir à une formulation précise en ce qui concerne la structure d'administration régionale projetée. La recommandation est donc de conduire, dans une phase préliminaire, un effort concentré qui pourra intégrer trois composantes principales, de façon à pouvoir formuler une proposition adéquate:

-la composante de l'expérience de l'étude,

-celle de l'expérience acquise en Europe avec RARE,

-celle, déterminante, des représentants de la région.

La proposition issue de cet effort devrait être introduite comme point de départ dans la conférence régionale prévue; une décision finale pouvant être arrêtée par les autorités compétentes de la région, à partir des recommandations proposées.

4 MODELE DE RESEAU

Dans cette partie sont exprimées les recommandations conduisant à un modèle de réseau.

4.1 L'UTILISATEUR FINAL

Sont considérés comme utilisateurs finaux du réseau projeté tous les chercheurs de la région, indépendamment de leur organisme de rattachement. La définition d'un "utilisateur de réseau pour la recherche" dépasse largement la définition strictement académique du chercheur. Elle recouvre les groupes suivants:

-chercheurs hautement qualifiés: identifiés en fonction de leur niveau académique, le nombre de publications par année et la quantité de parutions dans "l'indice des citations";

-chercheurs professionnels: caractérisés par leur niveau académique ou de publications et par leur dédication aux activités de recherche;

-assimilés chercheurs: conduisent des activités de recherche, mais n'ont pas nécessairement le niveau universitaire correspondant ou l'occasion de publier de manière régulière ou un poste à temps complet;

-étudiants en doctorat.

Les utilisateurs potentiels en provenance du monde des ONGs doivent être rattachés au réseau projeté, au même titre que ceux du monde académique (quoiqu'il soit concevable de déterminer des modalités tarifaires différentes). Les chercheurs du monde industriel qui ne disposent pas de réseaux privés doivent être invités à participer aux échanges, soit, à partir de réseaux commerciaux, soit en utilisant le réseau projeté avec une tarification à prix de marché (qui pourrait alimenter le budget de gestion du réseau).

Dans le futur, il faudra prévoir l'ouverture progressive des accès au réseau vers d'autres populations qui en respectent le but non lucratif, conformément aux évolutions prévisibles:

-le secteur santé (voir annexe 4.5),

-le secteur éducation (éducation à distance et gestion décentralisée),

-le secteur ONG en général (les agents du développement).

L'orientation fondamentale vers l'utilisateur final du projet doit se manifester de plusieurs manières.

Des programmes systématiques de diffusion de l'outil vers les utilisateurs doivent être mis au point dans les pays visés; ils permettront à la fois de rentabiliser l'investissement et d'amplifier les effets du projet. Une formation adéquate à l'utilisation des moyens télématiques, destinée aux utilisateurs finaux, doit être organisée. La recommandation est de constituer des structures de formation dans chaque pays. Des formateurs seraient eux-mêmes formés dans un centre régional capable ensuite d'apporter un soutien multi-média à distance aux centres nationaux.

Les représentants de l'utilisateur final devraient être présents à toutes les étapes du projet: groupe de contrepartie régionaux et nationaux, groupe de développement, groupe d'administration. Enfin, les résultats du projet doivent être évalués à partir d'enquêtes menées auprès des utilisateurs cibles.

4.2 TERMINAL D'ACCES

Le PC est, à l'heure actuelle, l'outil le plus naturel mis à la disposition des chercheurs. Le projet base sa stratégie sur l'utilisation du courrier électronique, à partir du PC, pour se connecter au réseau puis fabriquer, lire ou archiver les messages. Les connexions avec le noeud sont établies seulement pour envoyer et recevoir les courriers sans que l'utilisateur ait à connaître la complexité du réseau. Cette stratégie doit prendre en compte les systèmes les plus répandus et elle n'exclut pas la possibilité d'accommoder un faible pourcentage des accès à partir de terminaux sans intelligence.

4.3 INTERFACE UTILISATEUR

Il existe un décalage très important entre le niveau moyen des programmes d'interfaces utilisés dans les réseaux pour la recherche et l'état de l'art dans les interfaces PC. Il est encore commun, en particulier sur le réseau BITNET, de rencontrer des interfaces de type commande qui datent des années initiales du développement de ce réseau. La recommandation est de créer un standard d'interface sur PC conforme à l'état de l'art en la matière.

Le programme d'interface à réaliser devra respecter les différences linguistiques, présenter l'accès au réseau de manière cohérente avec les logiciels répandus dans le monde des PCs (éditeur, table de calcul, base de données), encourager la gestion autonome (hors connexion) des courriers et de leur archivage, et, autant que possible, masquer à l'utilisateur la complexité du réseau. Dans ses développements les plus avancés, ce programme devra intégrer les fonctions bureautiques et offrir les fonctionnalités spécifiques au travail en groupe avec dispersion géographique et celles de l'utilisateur en déplacement ou à la maison.

4.4 CONNEXION AU NOEUD

Il est préconisé l'utilisation des réseaux X25 nationaux pour se connecter au noeud. Dans le cas des campus universitaires, l'utilisation des réseaux locaux est recommandée. Dans les cas des pays dont la connexion au réseau X25 est saturée, très coûteuse ou bruyante, les systèmes VSAT, utilisés dans le cadre d'une architecture étoilée à station principale, sont apparus comme une alternative de transition valable économiquement (voir annexe 1.6). De plus cette option pourrait permettre de résoudre le problème des utilisateurs qui se trouvent dans des régions isolées des moyens de télécommunications classiques.

4.5 PROTOCOLES

Le système de communication UUCP est recommandé, pour ses avantages directs et indirects en termes de coûts, tolérance aux bruits, facilité d'installation et de migration, comme un point d'entrée adéquat pour la région. Il faut d'ailleurs noter une tendance à la généralisation de ce choix dans les pays en voie de développement: voir en particulier l'intéressant travail de l'ORSTOM en Afrique avec le projet RIO (annexe 4.1).

L'évolution vers la norme OSI devrait se faire avec une phase intermédiaire qui associe X400 et X500 au niveau applicatif, avec TCP-IP au niveaux intermédiaires, et X25 au niveaux inférieurs.

4.6 CONCEPT D'HYPER-NOEUD

L'architecture recommandée consiste à centraliser, au niveau national, une grande partie des fonctions réseaux. La centralisation des fonctions se fait à l'intérieur d'un objet appelé hyper-noeud de réseau car il cumule plusieurs fonctionnalités. L'hyper-noeud joue le rôle habituel de noeud réseau. De plus, il apporte la fonction de passerelle vers les réseaux pré-existants; permet la gestion centralisée des conférences électroniques; est le lieu de résidence des répertoires électroniques, des banques de données et autres applications; et il est le point central d'écoulement du trafic vers l'étranger.

Les fonctionnalités de l'hyper-noeud sont donc:

1) celle de boîte aux lettres pour un groupe d'utilisateurs finaux:

-support d'accès X25 pour cette population (ou support Hub VSAT dans le cas où cet accès est prévu, et, de même, pour les autres types d'accès prévus);

-stockage du courrier de cette population (sans facilité d'archivage, sauf pour les terminaux non intelligents supportés);

2) gestion centralisée des applications, conférences, banques de données et répertoires d'utilisateurs nationaux, régionaux et internationaux,

-gestion centralisée des utilisateurs inscrits dans des conférences externes au pays, de manière à diminuer sensiblement le trafic international,

-établissement de "miroirs" des conférences les plus utilisées à l'extérieur,

-mise à jour et accès électronique des répertoires.

3) passerelles multi-protocoles vers les sous-réseaux nationaux,

4) passerelles vers les réseaux internationaux,

-site de connexion à la station terrestre du squelette de télécommunications régional TCP-IP maillé (voir connexion au noeud).

Toutes ses fonctions ne sont pas nécessairement cumulées, trois cas sont distingués:

a) Dans les pays vierge en terme de développement réseau, l'hyper-noeud joue le rôle de noeud pour toute la population (fonctions 1, 2 et 4).

b) Dans les pays où il existe déjà une base d'utilisateurs, l'hyper-noeud prend seulement en charge les utilisateurs qui ne sont pas servis par les solutions existantes (fonctions 1, 2, 3 et 4).

c) Dans l'hypothèse où tous les utilisateurs potentiels sont servis par des sous-réseaux nationaux, l'hyper-noeud perd tous les fonctionnalités associées à la fonction noeud de réseau, mais conserve toute la gamme de fonctions restantes prévues (fonctions 2 et 4).

Les avantages de ce concept sont les suivants:

-économiques (minimise les coûts),

-facilité de migration dans le cas d'évolutions normatives,

-facilité d'installation, comme conséquence de la neutralité de la solution (en effet, en terme d'architecture la solution s'intègre dans l'environnement sans modifier l'existant),

-centralisation de la gestion technique du réseau.

Il est recommandé l'installation d'un hyper-noeud par pays, quoique dans certains endroits, comme l'Amérique Centrale ou les Caraïbes, par exemple, il est envisageable de partager un hyper-noeud entre plusieurs pays.

4.7 CONNEXIONS INTERNATIONALES NOEUD A NOEUD

Il est recommandé la construction d'un squelette de télécommunications régional à base de canaux satellites. Les études préliminaires ont démontré la faisabilité financière d'une solution basée sur la disposition d'un transpondeur dédié, dans un satellite de couverture régionale. Il est recommandé d'utiliser un satellite de la région et d'obtenir ce transpondeur comme la contrepartie régionale au projet. Sur le plan technique, il est recommandé une solution de type réseau maillé à technologie TDMF, qui permet d'ajuster dynamiquement la taille des canaux (pour plus de détails voir annexes 1.3 et 1.5).

Le satellite régional susceptible d'apporter l'infrastructure de cette solution n'étant pas disponible immédiatement, une étape préalable doit établir une solution transitoire susceptible de migrer vers ce modèle, d'une manière naturelle et économique.

Dans le cadre de la solution intégrale du réseau maillé, chaque hyper-noeud est une adresse que le réseau reconnaît et qu'il est capable d'adresser automatiquement. Il faut prévoir 2 ou 3 hyper-noeuds virtuels supplémentaires afin de canaliser le trafic qui rentre ou sort du réseau régional, chacun centralisant la sortie vers une région, par exemple Etats-Unis, Europe, Asie.

4.8 APPLICATIONS

Les services habituels seront offerts sur le réseau projeté: le courrier électronique, l'accès à des bases de données et à des conférences électroniques non interactives.

Le service qui offre la possibilité, à travers le réseau, d'être traité comme le terminal d'un noeud éloigné ("remote loggon") mérite une attention particulière. A l'origine, cette fonction a été conçue pour permettre l'accès à des super-ordinateurs éloignés dont la grande capacité de calcul est requise pour effectuer certains travaux scientifiques très gourmands en instructions. Les statistiques témoignent d'un net accroissement de l'utilisation de cette fonction, dans les réseaux des pays industrialisés, au cours des deux dernières années. Cependant, l'analyse dévoile que l'utilisation interactive prolongée de ce service n'est pas faite, dans la plupart des cas, pour utiliser des super calculateurs, mais plutôt pour atteindre des bases de données ou plus simplement des courriers conservés dans un noeud éloigné (comme par exemple, dans le cas du chercheur qui, en voyage, peut consulter son courrier à distance). Le coût indirect de cette utilisation que l'on peut qualifier de "luxueuse" est loin d'être marginal et probablement une facturation des coûts de réseaux à la communication réduirait sensiblement cette utilisation (l'alternative technique est l'utilisation de l'interconnexion des réseaux nationaux X25 qui, elle, est payante).

Le coût de cette fonction dans l'implémentation de l'architecture n'est pas marginal, et, si les inconvénients provoqués par l'utilisation de cette fonction interactive à partir d'un squelette satellite sont maîtrisables, des mécanismes de contrôle devront être mis en place. En particulier, il sera probablement nécessaire de répercuter une partie des coûts vers les utilisateurs pour éviter un engorgement du réseau. Un plan d'utilisation cohérent et organisé de cette fonction doit accompagner l'installation du réseau.

En ce qui concerne la gestion des conférences électroniques non interactives (listes de distribution), le trafic engendré au niveau international représente plus de la moitié du trafic total de courrier électronique. Il est donc recommandé de mettre au point des programmes de gestion optimalisant le flux des messages (l'hyper-noeud maintenant la liste des inscrits aux conférences et répercutant au niveau national le courrier en provenance de la liste reçue en un seul exemplaire par les canaux extérieurs). A noter que le programme Listserv, sous Bitnet, possède cette fonctionnalité mais ce type de gestion se fait au niveau des noeuds (et non pas au niveau national).

Enfin, le projet doit inclure un ensemble d'applications pilotes choisies parmi l'important parc de réseaux d'information que compte la région. En priorité, il faut constituer des répertoires d'utilisateurs (consultables par nom, pays, spécialité), de banques données et d'applications. L'analyse des applications pilotes et le schéma de priorité associé sont présentés dans le rapport final de l'Unesco.

4.9 ADMINISTRATION DU RESEAU

Quatre types de postes sont à prévoir:

1) l'administrateur "orienté gestion", qui organise la gestion administrative et comptable des ressources et des utilisateurs,

2) l'administrateur "orienté utilisateur", qui organise l'animation du réseau, le support de l'utilisateur et sa formation,

3) l'administrateur "orienté télématique", qui veille à l'opération du réseau et prend les dispositions nécessaires pour sa maintenance,

4) l'administrateur des stations satellites, qui veille au bon fonctionnement des stations et en ajuste les paramètres selon les besoins.

Il est fortement recommandé de pourvoir ces postes avec des personnes différentes. Le profil du premier est celui d'un gestionnaire; le second, d'un communicateur (pédagogie et psychologie), à orientation vers le problème et le service; le troisième est celui de l'ingénieur réseau à haute technicité, et à orientation vers la solution et les moyens techniques. Enfin le dernier profil est très spécialisé dans la technique satellite. Pour ce dernier poste, il est recommandé, dans la phase initiale, de maintenir un groupe centralisé avec un budget de mission pour effectuer les contrôles et paramétrages. Lorsque du personnel convenablement formé sera disponible dans les pays, le schéma pourrait évoluer vers un groupe distribué.

4.10 FORMATION

Il existe quatre classes de personnes destinées à recevoir un programme de formation dans le cadre du projet:

1) l'utilisateur final,

2) le personnel de support et de formation de l'utilisateur,

3) le personnel d'opération et maintenance du réseau,

4) le personnel d'opération et maintenance des stations satellites.

On trouve dans la région plusieurs options satisfaisantes pour la formation du personnel télématicien, mais il est à noter l'absence de plans de formation ou de promotion destinés aux utilisateurs potentiels ou actuels des réseaux. En conséquence, la recommandation est de mettre l'accent sur les programmes de formation de formateurs pour l'utilisateur, de formation du personnel de soutien à l'utilisateur (la même personne pouvant cumuler les deux fonctions), et des programmes de promotion/diffusion pour les utilisateurs.

La recommandation globale est de créer une infrastructure de formation à haute technologie de télécommunications (orientation multi-média) ayant la capacité de fournir des prestations locales et éloignées (par l'intermédiaire de moyens de télécommunications). Cette structure devrait être en mesure de former localement des formateurs vers l'utilisateur final, du personnel de support utilisateur, et des techniciens satellites. De plus, cette structure devrait pouvoir appuyer à distance les enseignements prévus localement.

4.10.1 UTILISATEUR FINAL

Il est nécessaire de mettre en marche plusieurs programmes de formation ou promotion pour des populations différentes qui vont de l'utilisateur qui ignore l'existence de l'outil jusqu'à l'utilisateur expérimenté désireux de se perfectionner dans les fonctions avancées. Une approche systématique de diffusion vers l'utilisateur a été étudiée, qui consiste à reconnaître les différents types d'attitudes face à la technologie, à identifier les barrières correspondant à chaque type, et à formuler les grandes lignes d'un programme adapté à chaque type (voir annexe 1.10).

Il est recommandé de former des formateurs dans un centre régional bien doté en moyens télématiques avancés et en moyens multi-média pour l'éducation à distance, de mettre en place des structures de formation nationales, avec un soutien logistique et éducatif à distance à partir du centre régional.

4.10.2 SOUTIEN UTILISATEUR

Le personnel de soutien à l'utilisateur est primordial dans la capacité de croissance du nombre d'utilisateurs des réseaux et de leur satisfaction. Ce personnel recevra une formation, dans le centre régional, assez proche de celle du formateur. La formule consistant à cumuler les fonctions de formateur vers l'utilisateur et de personnel de support est à privilégier, étant données les restrictions budgétaires. Un effort particulier de planification doit être effectué pour être en mesure de disposer d'une quantité suffisante de personnel en fonction de la croissance du trafic. La formule qui consiste à responsabiliser les institutions participantes et à former du personnel qu'elle accepteraient de laisser se consacrer à cette tâche est à encourager.

4.10.3 TECHNICIEN RESEAUX

La recommandation est d'utiliser les structures existantes, en les renforçant et en prenant un certain degré de participation sur leurs orientations générales.

4.10.4 TECHNICIEN SATELLITES

Il s'agit d'un profil très spécialisé et de très haut niveau. L'enseignement devrait être fait dans le centre régional prévu à cet effet. La sélection des candidats est très importante.

4.10.5 DOCUMENTALISTES

Le rôle des documentalistes devrait devenir essentiel dans les phases ultérieures de développement des réseaux. La fusion des compétences du documentaliste et de l'utilisateur avancé des réseaux télématiques (voir fonctions avancées réseaux en annexe 1.9) devra donner naissance à un nouveau profil, crucial dans la gestion de l'IST. Un programme particulier de formation devra être mis au point pour cette population.

4.11 DIFFUSION/PROMOTION

Des programmes systématiques devront être mis en place pour permettre une croissance harmonieuse et contrôlée du nombre d'utilisateur. Le rapport du consultant, déjà mentionné et présenté en annexe 1.10, fournit les éléments stratégiques nécessaires qui sont basés sur l'identification de classes d'utilisateurs à caractéristiques différentes et la détermination d'une stratégie spécifique pour chaque classe. C'est un élément clef pour le succès du projet et la rentabilisation de l'investissement prévu.

B- RECOMMANDATIONS SPECIFIQUES:

1- INTEGRATION REGIONALE

Il existe, dans la région, un certain nombre de projets cadres concernant la science, la technologie et le monde académique:

-Le Programme Simon Bolivar, sous l'impulsion politique du Venezuela, qui vise à l'intégration régionale dans la coopération industrielle, technologique et scientifique.

-Le projet MECCO, de création d'un marché commun de la connaissance, sous l'impulsion de l'Uruguay.

-le Convenio Andrés Bello, pour les pays andins.

-COLOMBUS qui prône "l'excellence" dans les relations entre les universités européennes et celles de la région.

-ERASME, dont l'extension à la région est considérée.

-SIAMAZ, un système d'information pour les universités amazoniques.

De plus, plusieurs organismes protagonistes conduisent des actions visant à l'intégration dans ce domaine: des organismes inter-gouvernementaux comme Unesco/Cresalc, Unesco/Orealc, Unesco/Rostlac, des organismes inter-universitaires comme OUI, UDUAL et UNICA et des ONGs, comme ILET ou CSUCA.

La conférence régionale recommandée pourrait s'insérer dans le cadre de l'un de ces projets cadres régionaux. Une option plus ambitieuse, serait d'inviter ces différents programmes dans un effort "d'intégration des efforts d'intégration".

2-MONTAGE DU PROJET

La formule associant la Communauté, l'Unesco et l'Union Latine a démontré son efficacité pendant l'étude de faisabilité. Les intérêts propres de chaque organisme ne sont pas contradictoires; au contraire, apparait une communion d'intérêts dans les objectifs principaux et une complémentarité dans les capacités.

En ce qui concerne le déroulement du projet, les besoins de disponibilité vont être considérablement accrus par rapport aux études. La formule utilisée pour les études risque d'atteindre ses limites, dans la mesure où les organismes concernés ont plutôt une tradition de préparation, de sous-traitance, et de contrôle que d'exécution directe de projets.

La recommandation spécifique exprimée pour permettre à la fois d'augmenter les chances de succès du projet, en terme de coordination, et de ne pas laisser perturber son parcours par les inconvénients juridiques et procéduriels inévitables lors de l'établissement d'accords inter-institutionnels entre les partenaires, est de confier la coordination de l'ensemble du projet à une structure autonome de type ONG. Cette structure, qui serait créée sous le parrainage des trois partenaires, recevrait comme mission l'exécution du projet, à travers un cahier des charges très précis. Cette ONG rendrait compte, selon un calendrier pré-établi, de l'état d'avancement de ses travaux; par contre, pour le cheminement au quotidien des actions de coordination du projet, elle garderait son autonomie de décision et de manoeuvre, à l'intérieur du cadre défini lors de sa création par les Organismes de parrainage. Cette formule présente l'avantage d'éviter le péril bureaucrate, tout en permettant aux Organismes Internationaux concernés de garder le légitime contrôle des opérations et de l'application des objectifs.

3-PROJETS CONNEXES

Le projet UASB (Université Andina Simon Bolivar) de la CEE (DG8) vise à améliorer les échanges d'information scientifique et technique entre la région Amérique Latine et l'Europe. Ce projet vise la même population et nécessite d'une bon réseau de transport; une coordination entre les deux activités devrait être établi au plus vite.

4-FORMATION

Il faut noter dans ce domaine les atouts particuliers que possède la région Caraïbes du point de vue des infrastructures: la qualité de ses télécommunications, son emplacement géo-politique, et son cadre propice aux séminaires.

Cela est vrai, par exemple, des Antilles françaises:

-il existe, en Guadeloupe, un centre de formation régional aux télécommunications de France Télécom;

-en Martinique, Télésystèmes et la SEMAIR sont sur le point d'unir leurs compétences pour l'implantation d'un centre multi-média destiné à un enseignement de haut niveau (CITCOM).

-les Antilles françaises bénéficient d'un soutien actif de la Communauté dans le domaine des télécommunications (programmes STAR et STRIDE); elles peuvent jouer un rôle de plate forme avancée de l'Europe.

L'étude menée par l'Union Latine en Martinique, avec la SEMAIR comme partenaire, n'a pas conclu positivement sur la faisabilité d'attribuer un rôle actif à cette région en ce qui concerne les aspects techniques du réseau. Par contre, des possibilités très prometteuses existent en ce qui concerne la constitution d'une structure de formation (voir annexe 5.1). La recommandation est donc d'orienter l'application à cette région des prochains programmes STAR/STRIDE dans cette direction.

L'Ecole de Trieste constitue une solution, à coloration européenne, à la formation des techniciens réseaux. Cette structure a eu des difficultés financières qui ont été, semble-t-il, surmontées. Il est recommandé de participer à la consolidation de cette structure afin de l'utiliser comme véhicule pour la formation de techniciens télématiques dans la région.

5- INTERFACE UTILISATEUR

En parallèle avec l'étude de faisabilité, des expériences ont été conduites par l'Union Latine pour la réalisation d'un prototype de logiciel de haut niveau construit sous PC/DOS, MULBRI (voir en annexe 5.3). Ce logiciel rend facile l'accès au réseau, et cohérent avec les habitudes acquises par les utilisateurs de PCs. Il permet de sélectionner la langue de son choix (le travail d'installation des différentes langues est très simple). Grâce à ses caractéristiques, ce logiciel rend possible l'utilisation du réseau au personnel de secrétariat et/ou administratif, du laboratoire de recherche. Enfin, la transparence vis-à-vis des différents types de réseau a été prise en compte (il existe une version sous BITNET et une version sous UUCP avec une présentation à l'utilisateur extrêmement similaire).

Les expériences conduites, à l'intérieur de l'Union Latine, pour la version BITNET, et dans le cadre du réseau dominicain, pour la version UUCP, ont donné des résultats très prometteurs.

La recommandation est donc d'en faire un outil professionnel en apportant les améliorations nécessaires et de poursuivre le développement de ses fonctionnalités pour le mettre en situation d'évoluer vers une situation de standard dans le domaine.

6- APPLICATIONS PILOTES

Il existe plusieurs projets de recensement des chercheurs en Amérique Latine, comme par exemple le projet RIDALC du PNUD.

L'Académie des Sciences d'Amérique Latine (ACAL), institution qui a participé aux études, aux côtés de l'Unesco, conduit des actions de collecte, organisation et diffusion d'information de type répertoire. L'orientation est vers le pragmatique et l'opérationnel. Cet effort devrait servir de base pour la constitution de répertoires intégrés au réseau.

Il est recommandé de suivre les évolutions de la nouvelle structure Infolac. S'il apparait qu'un équilibre est atteint avant l'éventuel démarrage du projet REDALC et que les options entrevues se confirment, cette structure pourrait devenir un partenaire privilégié pour ce projet. En particulier, Infolac pourrait aider à étendre le champ des applications pilotes et contribuer au rapprochement entre les secteurs de la documentation et ceux du courrier électronique.

Dans ce cas, la recommandation serait d'appuyer financièrement cette structure pour rééquilibrer son domaine d'influence et de l'utiliser comme canal privilégié pour les actions stratégiques dans les domaines charnières entre les réseaux télématiques et les réseaux d'information; de plus, il serait souhaitable d'attribuer à Infolac une place d'observateur dans la future structure régionale d'administration de réseau.

7- CHOIX DES PAYS INITIAUX

Il est clair que l'installation du réseau régional doit se faire par étapes. Un noyau de pays devrait être sélectionné pour l'étape pilote. La décision devra répondre à des critères complexes où la partie non technique pourrait jouer un rôle déterminant. Les éléments qui sont présentés ci-après sont essentiellement techniques et doivent seulement être considérés comme des éléments pour aider à une prise de décision.

a) Le Mexique est le pays qui offrira le premier la ressource clef pour monter le squelette régional (le satellite Solidaridad, prévu en 1995, avec une couverture régionale). Il s'agit d'autre part du pays le plus avancé en matière de réseau, susceptible d'être un agent déterminant de coopération sud-sud.

b) Une série de raisons plaident pour la sélection du Brésil:

-sa taille (résoudre le problème brésilien, c'est être en mesure de résoudre le problème régional);

-sa situation critique au niveau des télécommunications et son retard au niveau de l'introduction des PCs ont font un marché à considérer pour la CEE. D'autre part, c'est un endroit idéal pour conduire des expériences pilotes VSAT destinées à résoudre le problème du lien entre le noeud et l'utilisateur.

-sur le plan organisationnel il y a des structures solides; et traditionnellement la recherche est un thème de priorité nationale.

c) La politique menée au Venezuela en ce qui concerne les réseaux offre certaine similitude avec la stratégie présentée dans ce document. Là aussi, il y a une tradition d'intérêt envers le secteur de la science et la technologie, comme peut en témoigner le Programme Simon Bolivar. Il existe un intérêt particulier et une grande réceptivité des responsables du Venezuela envers l'approche REDALC, gage de réussite.

d) La Colombie a un secteur de recherche relativement faible et qui devrait être appelé à une croissance importante dans les années qui viennent.

e) Les Caraïbes jouent un rôle de carrefour en ce qui concerne les télécommunications régionales. C'est aussi un lieu privilégié de rencontre des différent intérêts en présence. Pour cette raison, c'est un candidat possible pour compléter la liste.

f) L'Amérique Centrale connaît un projet sous-régional conforme en de nombreux points avec la stratégie technique proposée (projet Huracan). Il serait intéressant de partir de ce projet pour conduire une opération pilote sous-régionale, avec de bonnes conditions pour connaître le succès.

g) L'Uruguay est un pays qui présente, par sa taille et la concentration de ses structures, les meilleurs garanties de succès pour une opération de ce type.

h) La Bolivie est un pays relativement vierge dans ce domaine qui présente de bonnes chances de succès; en particulier, le secteur officiel des télécommunications paraît réceptif.

i) Le Paraguay est l'un des derniers pays de la région à ne pas avoir commencé son développement réseau pour la recherche.

j) Le fait que la naissance du réseau péruvien ait été inspirée de la "méthodologie REDALC" justifierait d'y poursuivre l'effort.

k) L'Argentine connaît une situation complexe avec une grande multiplicité de solutions.

l) Le Chili est très lié aux intérêts nord-américains dans ce secteur.

m) L'Equateur connaît une grande dispersion de projets, parmi eux un important projet de la BID.

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