liste: SALSA: Kréyòl et Histoire de la Caraïbe

SALSA: Kréyòl et Histoire de la Caraïbe

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Fecha: lun nov 11 2002 - 08:16:05 AST

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-----------> FRANCAIS (MESSAGE ORIGINAL)

> Kréyòl et Histoire de la Caraïbe
> Enjeux de l'écriture du kréyòl
>
> Nous avons déjà vu que la genèse de la langue créole ne pouvait se
>comprendre sans la replacer dans le contexte de la colonisation de la
>Caraïbe. Si le kréyòl n'en est plus au stade naissant - il est bien la
>langue maternelle de plusieurs millions de locuteurs qui la transmettent à
>leur tour aux générations suivantes -, son usage actuel est bien, lui aussi,
>toujours fortement mis en question par des phénomènes hérités de l'ancienne
>société coloniale, des phénomènes entretenus par une colonisation continuée,
>ou par de nouvelles formes de domination.
>Si le kréyòl a vu son statut de langue nationale reconnu par la constitution
>haïtienne de 1987 en accédant au rang de langue officielle de la République
>d'Haïti ; le français, langue coloniale puis langue des élites reproduisant
>des modèles coloniaux de gestion et d'exploitation du pays dès le début du
>19e siècle (le pays versus le "pays en dehors", voir Gérard Barthélemy, Le
>pays en dehors, essai sur l'univers rural haïtien, H. Deschamps - CIDIHCA),
>langue qui ne compte que 15 % de locuteurs en Haïti, est également reconnue
>comme langue officielle et a tendance, en l'absence d'une politique
>linguistique élaborée, à être l'unique langue administrative et
>gouvernementale. Et encore le créole haïtien est loin devant ! C'est à vrai
>dire le seul dialecte du kréyòl qui ne soit pas sérieusement menacé de
>disparition ou de lente décréolisation. mais est-il besoin de rappeler
>qu'Haïti représente un cas à part dans toute l'histoire de la colonisation ?
>Un des héritages de la colonisation qui pèsent sur le kréyòl est du niveau
>de la représentation : on pourrait définir le kréyòl comme une langue dont
>on exige de ces locuteurs qu'ils apportent la preuve qu'elle mérite bien le
>statut de langue au même titre que la langue du colonisateur, démonstration
>qui doit en premier lieu convaincre les kréyòlopal (créolophones) eux-mêmes
>! Car si « les linguistes ont raison de dire que toutes les langues se
>valent linguistiquement ; ils ont tort de croire qu'elles se valent
>socialement » (P. Bourdieu cité par J. Bernabé in Fondal-natal, grammaire
>basilectale approchée des créoles guadeloupéen et martiniquais, L'Harmattan,
>1983, 3 vol.). Ainsi, la dévalorisation sociale du kréyòl est double :
>externe qui s'autorise à classer Haïti comme pays à population francophone
>par négationnisme de la langue de la nation haïtienne ou qui, par la voix
>d'un ministre de la culture du gouvernement français, s'autorise à décréter
>que « le créole est un patois » ce qui explique, sans doute, qu'il n'y ait
>nul besoin d'interprète pour assister des créolophones non francophones (par
>exemple de la Dominique ou de Sainte-Lucie mais donc aussi d'Haïti) devant
>les administrations et tribunaux français ;
>interne, cette dernière dévalorisation étant sûrement la plus dangereuse,
>bien que cette auto-dévalorisation manifestée par les locuteurs du kréyòl ne
>puisse pas être comprise sans les pressions dévalorisantes externes qui
>pèsent sur l'auto-représentation qu'ont les créolophones sur leur propre
>langue : les parents qui interdisent à leurs enfants de leur parler en
>créole, reproduisent ce qu'ils ont souvent eux-mêmes subis lors de leur
>scolarité de la part d'instituteurs, parfois créolophones eux-mêmes, qui
>appliquaient la politique et les méthodes d'éducation décidées depuis la
>métropole coloniale, par gouvernants, "scientifiques" et "intellectuels".
>
>
>C'est donc bien un rapport conflictuel avec une langue de colonisation,
>situation qu'il partage là avec bien d'autres langues non-créoles de
>nombreux pays ayant connu des processus de colonisation, qui paraît résumer
>l'existence même de la langue créole caribéenne. Pour reprendre les propos,
>cités lors du premier atelier, d'Edouard Glissant : « En matière de
>traditions, d'organisation sociale, de mours ou de croyances, il n'est
>aucune institution qui ait ici précédé la colonisation ni qui ait eu "par
>nature" à lui résister. Il en est de même pour la langue parlée par la masse
>des Martiniquais : le créole. Langue façonnée par l'acte colonisation,
>maintenue dans un statut inférieur, contrainte à la stagnation, contaminée
>par la pratique valorisante de la langue française, et en fin de compte
>menacée de disparition. [et Glissant poursuit] Terre sans production, la
>Martinique devient de plus en plus incapable de déterminer son devenir. En
>particulier, la langue créole est maintenue dans l'incapacité de se
>développer fonctionnellement et se rapproche de l'état d'un patois francisé.
>(Si l'éventuelle disparition du créole avait correspondu à une évolution
>"naturelle" et non à une spoliation aussi brutale qu'insidieuse, cette
>disparition n'eût pas posé problème.) Les diverses "périodes" de l'histoire
>martiniquaise semblent déclencher des "épisodes linguistiques" où on perçoit
>en filigrane cette lutte entre le français et le créole » (E. Glissant, Le
>discours antillais, p. 541).
>En dehors de critères linguistiques qui font débat, le kréyòl peut donc être
>défini par des conditions sociolinguistiques et des enjeux politiques qui
>lui sont spécifiques :
>« 1. le créole est une langue jeune, non encore, au surplus, émancipée de
>son oralité paysanne native, malgré l'existence, depuis la fin du 18e
>siècle, d'écrits créoles ;
>2. le créole est le produit historique de rapports de domination, et nulle
>part, aucun créole n'a encore échappé à l'emprise d'une langue dominante
>(que cette dernière lui soit génétiquement liée ou non). Au surplus, les
>langues dominantes avec lesquelles il partage le champ social sont de
>grandes langues standard, ce qui implique pour ces dernières un certain de
>traits dont les plus pertinents nous paraissent être les suivants : la
>puissance politique et technologique, l'ancienneté et son corollaire : un
>degré très avancé de littérarisation. Ce dernier trait nous semble être
>celui qui crée les distorsions les plus grandes, s'agissant des transactions
>qui s'établissent entre langue dominée et langue dominante. » Jean Bernabé,
>Fondal-natal.
>C'est sur la question de la littérarisation comme rapport entre langue
>dominée et langue dominante, donc de la question de l'écrit, que je vous
>propose de nous arrêter afin de comprendre la situation sociolinguistique du
>kréyòl.
>Le kréyòl, relativement à son jeune âge (un peu plus de 3 siècles), est
>écrit paradoxalement depuis longtemps. Les toutes premières traces de créole
>rendu à l'écrit remontent jusqu'à la fin du 17e siècle, même si le premier
>texte littéraire connu date des années 1750. Ce texte, Lisette quitté la
>plaine, a été écrit par un colon créole de Saint-Domingue - Duvivier de la
>Mahautière - ; comme tous les textes écrits en créole (pièces de théâtre,
>fables de La Fontaine traduites, etc.) jusqu'à la fin de la seconde guerre
>mondiale, il suit une graphie inspirée de l'orthographe française, une
>graphie étymologique donc comme on peut l'observer avec cette proclamation
>de Bonaparte publiée à Saint-Domingue lors de l'expédition Leclerc chargée
>de rétablir l'esclavage.
>
>
>
>
>Proclamation là, li tiré dans registe Consuls la Répiblique
>Paris, 17 Brimer, an 10 Répiblique francé, yon et indivisible.
>PROCLAMATION
>Consuls la Répiblique Francé a tout zabitans Saint-Domingue.
>Zabitans, et vous tous qui dans Saint-Domingue,
>Qui ça vous tout yé, qui couleur vous yé, qui côté papa zote vini, nous pas
>gardé ça : nous savé tan seleman que zote tout libre, que zote tout égal,
>douvant bon Dieu et dans zyé la Répiblique.Dans tan révolution, la France
>voir tout plein misère, dans la même que tout monde te fere la guerre contre
>Français. Français levé les ens contre les otes. Mes jordi là tout fini,
>tout fere la paix, tout embrassé Français ; tout Français zami ; tout hémé
>gouverneman, tout obéi li. Nation même qui té, en guerre, yo touché la main
>avec français. Vini don zote de Saint-Domingue : es que vous pas Français
>itou ? Vini touché la main avec nation zote, qui arrivé ; vous va contan
>embrassé frères à zote ; yo va contan embrassé vous.
>Capitaine-général Leclerc, que nous voyé pour commandé Saint-Domingue, li
>mené avec li tout plen navire, tout plen soldat, tout plen canon : mais pas
>crere ci la yo qui va dit zote, que blanc velé fere vous esclave encore : ya
>manti plitot que crere yo, repond, et songé bien que cé la Répiblique qui
>baye liberté, et qui va ben savé empêché personne de pren li encore : soldat
>là, navire là, tout, cé pour gardé liberté là, et gardé pays qui pour la
>Répiblique.Vini donc zote tout, rangé côté Capitaine-général. Cé la Pé li
>porté ; cé tout zafere li vini rangé, cé bonher tout monde li vélé. Blancs,
>négues, tout cé zenfant la Répiblique. Mes ci la la yo qui pas allé rangé
>côté li, qui pas vélé obéi li, tout ça li va commandé yo, va pini, parce que
>yo va traité à pays à y et à la Répiblique. Signé : BONAPARTE.
>
>En 1945, en partie influencée par les systèmes utilisés par des ethnologues
>étasuniens lors de l'occupation d'Haïti par les forces armées des Etats-Unis
>de 1915 à 1934, apparaît un système graphique à base phonétique. A la fin
>des années 70, alors que depuis les années 60 les mouvements
>indépendantistes s'emparent de la question de la langue, le GEREC (Groupe
>d'Etudes et de Recherches en Espace Créolophone) propose une graphie basée
>sur un système phonologique (un même graphème donne toujours le même
>phonème) et sur une syntaxe graphique (ex : mèt lékòl la / mèt lékòl-la).
>C'est quasiment la même graphie qui est déclarée officielle en Haïti, à
>Sainte-Lucie et à la Dominique (mais aussi aux Seychelles et à l'Ile
>Maurice) dans les années 80.
>Le kréyòl étant une langue encore essentiellement orale, et la culture qu'il
>exprime également, on peut s'interroger sur l'importance de donner un statut
>de langue écrite au kréyòl. N'est-ce pas une trahison à l'esprit de la
>langue ? N'est-ce pas une soumission à la vision occidentale de la
>supériorité de l'écrit sur l'oral ?
>On peut, citant les mots d'Edouard Glissant, parler d'une question de vie ou
>de mort et non pas simplement d'esthétique ; on peut parler d'obligation et
>non pas de choix : « Un peuple qu'on réduirait à la seule pratique orale de
>sa langue serait aujourd'hui (et quoi que nous pensions de l'illégitimité
>d'une telle fatalité) un peuple voué à la mort culturelle, laquelle n'est
>jamais que le blême reflet d'une agonie autrement réelle. Toutes les
>séductions du folklorisme naïf ne peuvent rien contre cette sorte de loi »
>E. Glissant, Le discours antillais, p.543.
>Les développements historiques ayant supprimé sa matrice - la société
>d'habitation - au kréyòl (avec le cas spécifique d'Haïti qui demande
>énormément de relativisations), celui-ci ne dispose plus des refuges au sein
>desquels il s'exprimait sans contrainte, sans avoir à lutter contre la
>pratique survalorisée du français. L'élimination ou l'entame d'élimination
>des mondes ruraux caribéens entament les refuges traditionnels de cette
>langue paysanne qui ne dispose pas du temps et de l'espace nécessaires pour
>mener une évolution rapide dans une situation de mutation sociale. Pour les
>colonies françaises d'Amérique, la politique d'assimilation linguistique
>promue par le système scolaire accélère la décréolisation (plus au niveau
>qualitatif que quantitatif ?) de la langue et donc sa disparition
>progressive par métamorphose en "parler régional". Pour ceux qui ne
>souhaitent pas que leur langue disparaisse, il y a donc urgence et nécessité
>d'utiliser tous les outils disponibles : l'écrit permettant l'utilisation,
>même minime, au sein du système scolaire apparaît comme un des rares moyens,
>avec l'utilisation des divers médias, de stopper la décréolisation, de
>toucher l'ensemble des locuteurs et peut-être de déboucher sur une langue
>revivifiée et vivace, c'est-à-dire une langue capable, en s'appuyant sur ses
>fondations culturelles orales, de dire le présent et le futur. La difficulté
>pour les défenseurs de la langue créole d'arriver à ce but est que l'on
>parle finalement ici de révolutions culturelles et mentales, loin d'être
>évidentes à mettre en place dans des sociétés coloniales traversées par des
>tensions politiques, sociétés dans lesquelles l'engagement culturel est sous
>surveillance car toujours considéré (à raison ?) comme un acte de lutte
>politique.
>Le kréyòl demeure donc au centre du combat entre défenseurs des apports de
>la colonisation et anticolonialistes (je rappelle, afin d'éviter les
>habituelles confusions entretenues, que l'anticolonialisme n'est pas
>forcément synonyme d'indépendantisme, tout comme j'insiste sur le fait que
>la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique sont historiquement des colonies
>françaises, qu'une départementalisation - mesure statutaire - ne saurait
>effacer un processus historique : depuis 1946, les divers gouvernements
>français ont bien continué à utiliser le terme de "territoire métropolitain"
>ce qui implique, logiquement, l'existence d'autres territoires, eux
>forcément coloniaux. Le terme "outre-mer", qui fleure la vanille et le
>tiponch, n'est, dans son usage contemporain, qu'un euphémisme du terme
>"colonial"). C'est ce qui explique que face au système orthographique,
>adopté à divers niveaux officiels en Haïti, à la Dominique et à Sainte-Lucie
>mais également à la Guadeloupe, en Guyane et à la Martinique, certains
>linguistes français proposent ou soutiennent des propositions, par certains
>aspects étymologisantes, qui ne tiennent pas compte de l'unité linguistique
>du kréyòl. Ces propositions visent des systèmes orthographiques différents
>selon la langue européenne utilisée à concurrence avec le kréyòl : « Dans
>les propositions d'orthographes, il faut tenir compte des habitudes
>culturelles [.]. Dans ces conditions, on admettra que l'écriture des divers
>créoles français, ne saurait se faire partout sur le même modèle. Selon que
>le créole français fonctionne dans la communication avec le français (comme
>dans les DOM français) ou avec l'anglais (comme à la Dominique ou à
>Sainte-Lucie. » (Marie-Christine Hazaël-Massieux, Ecrire en créole, oralité
>et écriture aux Antilles, L'Harmattan, 1993). Il s'agit là de soumettre le
>kréyòl à des règles décidées d'après d'autres langues, choix qui diviserait
>les créolophones selon une graphie à influence anglaise, française ou
>espagnole selon le pays caribéen dans lequel ils se trouvent ; !
>division qui installerait l'incompréhension là où il y a intercompréhension.
>Finalement, il importe de remarquer que les défenseurs de ces systèmes
>étymologisants, qui remettent en question une graphie déjà fortement
>implantée, vingt-cinq ans après son élaboration, sont des fervents
>défenseurs d'une certaine francophonie, héritière de toute une tradition
>coloniale de politique de puissance, et considèrent le kréyòl comme une
>langue "romane". C'est pourquoi Pierre Vernet, directeur du Centre de
>Linguistique Appliquée de l'Université d'Haïti, définit plus clairement ces
>diverses propositions étymologisantes comme des propositions francisantes
>qu'il critique ainsi :
>« Une tentative sérieuse pour une écriture cohérente du créole ne pourrait
>jamais faire le moindre cas de la démarche étymologisante ou francisante.
>Evidemment, elle a toujours été proposée par ceux qui n'ont jamais pu
>s'imaginer qu'il pouvait exister d'autres cadres de références que le
>français. Mais les problèmes que pose une telle pratique sont énormes. [.]
>1. Elle est complexe et compliquée : le recours à l'origine du mot pour
>l'écriture introduit d'emblée une distanciation entre sa prononciation et
>son écriture. Non seulement le mot va évoluer et se transformer dans la
>langue source (celle d'où il est venu), mais il va se transformer aussi dans
>la bouche de ceux qui viennent de le recevoir dans leur langue. En écrivant
>le mot selon son origine, le locuteur ne pourra jamais se référer à ce qu'il
>connaît de ce mot : sa prononciation.
>2. Elle va à l'encontre des mécanismes d'apprentissage de la lecture et de
>l'écriture : [alors que la démarche mentale logique de tout individu, quelle
>que soit la langue, est d'écrire de la même façon tous les sons qui se
>prononcent de la même façon]. L'orthographe de type étymologisant ou
>francisant s'oppose à cette démarche et en prend le contrepied. On est
>obligé d'apprendre à écrire le mot lui-même. Ainsi, on n'apprend pas une
>fois pour toutes un système général d'écriture qu'on applique par la suite.
>Chaque mot représente un nouvel apprentissage et celui-ci n'est jamais
>terminé.
>3. Un tel système s'oppose à tout autre qui voudrait être fonctionnel : Il
>nécessite un long apprentissage couvrant une bonne partie de la
>scolarisation, lourd investissement qui pourrait être canalisé vers d'autres
>aspects de la formation de l'individu. Maîtriser la complexité d'une telle
>orthographe devient un but et une formation en soi ; encore que la nature
>d'un tel système rende impossible sa maîtrise de façon infaillible. [.] Il
>est donc clair que la question du choix d'un tel système ne devrait même pas
>se poser pour le créole haïtien. Un pays comprenant 80 % d'analphabètes ne
>peut se payer un si grand luxe en ce qui concerne l'un de ses instruments
>les plus fondamentaux pour l'alphabétisation.
>4. Elle constitue une démarche techniquement irréalisable : D'abord une
>écriture étymologisante pour être rationnelle, non anarchique et non
>chaotique, suppose le recours à l'origine de chaque mot. Et comme celle-ci
>reste inconnue pour un nombre important de mots, il aurait fallu que les
>recherches étymologiques nous fournissent des informations précises et non
>des suppositions sur chaque mot avant de l'écrire. On aurait attendu
>longtemps. [.] quelle solution aurait-on choisie pour les mots qui n'étaient
>pas encore écrits au moment où le créole les a reçus ? [.] Une langue
>s'écrit donc non pas en fonction des langues qui ont participé à sa
>formation et qui peuvent continuer de l'enrichir, mais selon ses règles de
>fonctionnement dans leurs réalités propres, aux plans phonético-phonologique
>(règles de fonctionnement des sons), morphosyntaxique (règles de grammaire)
>et sémantique (le sens). » Pierre Vernet, Techniques d'écriture du créole
>haïtien, Le Natal, 1980.
> Pawòl
>Pawòl an bouch
>sé zwézo
>ou pòkò wouvè kalòj-la
>sé zwézo-a za pran lavòl
>Pawòl matjé
>sé zèl zwézo lanmen 'w maré.
>Paroles
>Les paroles prononcées
>sont des oiseaux
>tu n'as pas encore ouvert la cage
>les oiseaux ont déjà pris leur envol
>Les paroles écrites
>sont les ailes des oiseaux que ta main a attachées.
> Daniel Boukman
>Zizinng Pawòl, Editions Mabouya
>
>
>Sé grenn diri 'i ka plen sak diri

-----------> ENGLISH (WARNING: THE FOLLOWING IS A NOT REVISED AUTOMATIC
TRANSLATION FROM THE ORIGINAL TEXT IN FRENCH)

> Kréyòl and History of the Carib
> Stakes of the writing of the kréyòl
>
> We already saw that the genesis of the Creole language was not able to
itself
> to understand without replacing it in the context of the colonization of
the
> Carib. If the kréyòl of it is not anymore to the newborn stage - he/it
is well the
> maternal language of several millions of speakers that transmits it to
> their tower to the following generations -, his/her/its present use is
well, him also,
> always greatly put in question by phenomena inherited of the old
> colonial society, of phenomena maintained by a continued colonization,
> or by news shapes of domination.
> If the kréyòl saw his/her/its statute of national language recognized by
the constitution
> Haitian of 1987 while reaching the rank of official language of the
Republic
> of Haiti; the French, colonial language then language of elites
reproducing
> of the colonial models of management and exploitation of the country
since the beginning of the
> 19th century (the country versus the " country outside ", to see Gérard
Bartholomew, The,
> country outside, test on the Haitian farming universe, H. Deschamps -
CIDIHCA),
> language that account only 15% of speakers in Haiti, is also recognized
> as official language and has tendency, in the absence of a politics,
> elaborate linguistics, to be the unique administrative language and
> governmental. And again the Creole Haitian is far before! It is to truth
> to say the only dialect of the kréyòl that is not threatened seriously of
> disappearance or of nit décréolisation. but is him need to recall
> that Haiti represents a case to part in all the history of the
colonization?
> One of inheritances of the colonization that weighs on the kréyòl is the
level
> of the representation: one could define the kréyòl like a language of
which
> one requires these speakers whom they bring the proof that she/it
deserves the well
> statute of language for the same reason as the colonizer's language,
demonstration,
> that must convince kréyòlopals in the first place (créolophones)
themselves
>! Because if «linguists overcome to say that all languages himself
> are worth linguistically; they are wrong to believe that they are worth
themselves
> socially» (P. Bourdieu city by J. Bernabé Fondal - Native in, grammar,
> basilectale approached of the Creole guadeloupéens and martiniquaises,
The Harmattan,
> 1983, 3 flight.). So, the social depreciation of the kréyòl is double:
> external that approves to sequence Haiti like country to French-speaking
population
> by négationnisme of the language of the Haitian nation or that, by the
voice
> approve to enact of a minister of the culture of the French government
> that «the Creole is a patois» what explains, probably, that he/it has
there
> hopeless need of interpreter to attend some non French-speaking
créolophoneses (by
> example of the Dominique or Saint - Lucy but therefore also of Haiti)
before
> administrations and French courthouses;
> intern, this last depreciation being surely most dangerous,
> although this auto - depreciation demonstrated by speakers of the kréyòl
> cannot be understood without the external depreciating pressures who
> weigh on the auto - representation that has créolophoneses on their own
> language: parents who forbid their children to speak them some
> Creole, replicate that that they often have themselves undergone at the
time of their
> education on behalf of teachers, sometimes créolophones themselves, who,
> applied the politics and the settled education methods since the
> colonial metropolis, by governing, scientific " and " intellectual ".
>
>
> It is therefore well a contradictory report with a language of
colonization,
> situation that he/it shares there with good of other no - Creole
languages of
> numerous country having known processes of colonization, that appear to
summarize
> the same existence of the language Creole caribéenne. To take subjects,
> cities at the time of the first shop, of Edouard Slippery,: «Concerning
> traditions, he/it is not social organization, mourses or beliefs,
> no institution that preceded here the colonization nor that had " by
> nature " to resist him. Him of it is in the same way for the language
spoken by the mass
> of Martinican: the Creole. Language shaped by the act colonization,
> maintained in a lower statute, constraint to the stagnation, contaminated,
> by the valorizing practice of the French language, and eventually
> threatened of disappearance. [and Slippery pursues] Earth without
production, the,
> Martinique becomes more and more incapable to determine his/her/its to
become. Some
> particular, the Creole language is maintained in the inability of himself
> to develop functionally and come closer of the state of a patois
frenchified.
> (If the possible disappearance of the Creole had corresponded to an
evolution
> natural " and no to an as brutal despoiling that insidious, this
> disappearance had not posed problem.) The various " periods " of history
> martiniquaises seem to trigger some " linguistic " episodes where one
discerns
> filigreed this struggle between the French and the Creole» (E. Glissant,
The,
> Caribbean speech, p. 541).
> Outside of linguistic criterias that make debate the kréyòl can be
therefore
> definite by conditions sociolinguistiqueses and the political stakes who
> are him specific:
> «1. the Creole is a young language, no again, emancipated to the surplus
of
> his/her/its oralité native peasant, in spite of the existence, since the
end of the 18th,
> century, of Creole writings,;
> 2. the Creole is the historic product of domination reports, and hopeless
> part, none Creole escaped again to the ascendancy of a dominant language
> (that this last is bound to him genetically or no). To the surplus, the,
> dominant languages with which he/it shares the social field are of
> big languages standard, what implies for these last a certain of
> features of which most applicable appear us to be next one: the
> political and technological power, the seniority and his/her/its
corollary: one
> very advanced degree of littérarisation. This last milked seems to us to
be
> the one that creates the biggest distortions, being about transactions,
> that settle between dominated language and dominant language. » Jean
Bernabé,
> Fondal - Native.
> It is on the question of the littérarisation as report between language
> dominated and dominant language, therefore of the question of the
writing, that me you
> proposes to stop us in order to understand situation sociolinguistique
of the
> kréyòl.
> The kréyòl, relatively to his/her/its young age (a few more of 3
centuries), is
> writes paradoxically for a long time. The all first traces of Creole
> returned to the writing go back up until the end of the 17th century,
even though the first
> text literary known date of years 1750. This text, Lisette left the
> plain, has been written by a Creole colonist of Saint - Domingue -
Duvivier of the
> Mahautière -; as all texts written in Creole (theater pieces,
> fables of The Fountain translated, etc.) until the end of the second war
> world, he/it follows a graphie inspired of the French spelling, one,
> etymological graphie therefore as one can observe him with this
proclamation
> Bonaparte published to Saint - Domingue at the time of the expedition
loaded Leclerc
> to re-establish the slavery.
>
>
>
>
> Proclamation there, drawn li in registe Consuls the Répiblique
> Paris, 17 to Rag, year 10 Répibliques francé, yon and indivisible.
> PROCLAMATION
> Consuls the Répiblique Francé has all Saint - Domingue zabitans.
> Zabitans, and you all that in Saint - Domingue,
> That that you all yé, that color you yé, that side dad zote vini, us not
> kept that: us savé tan seleman that zote all free, that zote all equal,
> douvant good God and in zyé the Répiblique.Dans tan revolution, France,
> to see all full misery, in the same that all world you fere the war
against
> French. French raised enses against take off them. My jordis finished
there quite,
> all fere the peace, quite kissed French,; all French zami; all hémé
> gouverneman, quite obeyed li. Same nation that t-square, in war, yo
touched the hand,
> with French. Vini grant zote of Saint - Domingue: are than you not French
> itou? Vini touched the hand with nation zote, that arrived; go you contan
> kissed brothers to zote; yo goes contan kissed you.
> Captain - general Leclerc, than us voyé for ordered Saint - Domingue, li,
> led with li all plen ship, all plen soldier, all plen cannon,: but not
> crere here the yo that goes said zote, that white calved again fere you
slave: ya
> manti plitot that crere yo, answers, and wondered well that cé the
Répiblique who
> baye liberty, and that goes well savé prevented no one of pren li again:
soldier
> there, ship there, all, cé for kept liberty there, and kept country that
for the
> Répiblique.Vini therefore zote all, orderly Captain - General side. Cé
Pé li
> carried; cé all zafere li orderly vini, cé bonher all world li vélé.
White,
> négues, all cé zenfant the Répiblique. My here the the yo that gone not
orderly
> side li, that not vélé obeyed li, all that li goes ordered yo, go pini,
because
> yo goes treaty in country to there and to the Répiblique. Signed:
BONAPARTE.
>
> In 1945, in part influenced by systems used by ethnologists,
> étasuniens at the time of the occupation of Haiti by armed services of
the United States
> appears a graphic system to basis phonetics of 1915 to 1934. At the end
> of years 70, whereas since years 60 movements
> indépendantisteses seize the question of the language, the GEREC (Group
> of studies and Research in Space Créolophone) proposes a based graphie
> on a phonological system (a same graphème always gives the same
> phoneme) and on a graphic syntax (ex: mèt lékòl her / lékòl mèt her).
> It is nearly the same graphie that is declared official in Haiti, to
> Saint - Lucy and to the Dominique (but also to Seychelles and the island
> Maurice) in years 80.
> The kréyòl being an again essentially oral language, and the culture
that him
> expresses also, one can wonder about the importance to give a statute
> of written language to the kréyòl. Is not this a treason to the mind of
the
> language? Is not this a submissiveness to the western vision of the
> superiority of the writing on the oral?
> One can, mentioning words of Edouard Slippery, to speak of a life
question or
> of death and not merely of aesthetics; one can speak of obligation and
> not of choice: «A people that one would reduce to the alone convenient
oral of
> his/her/its language would be today (and whatever we thought illegitimacy
> of such a fatality) a people vowed to the cultural death, which is not
> ever that the pale reflection of an agony otherwise real. All
> seductions of the naive folklorisme are not able to anything against
this way of law»
> E. Glissant, The Caribbean speech, p.543.
> The historic developments having suppressed his/her/its matrix - the
society
> of dwelling - to the kréyòl (with the specific case of Haiti that asks
> immensely of relativizations), this one doesn't arrange any more
shelters to the breast
> of which he/it expressed himself/itself without constraint, without
having to fight against the,
> convenient survalorisée of the French. The elimination or starts him of
elimination
> of worlds farming caribéenses start the traditional shelters of this
> language peasant who doesn't have the time and the necessary space for
> to lead a fast evolution in a social mutation situation. For the
> French colonies of America, the linguistic assimilation politics,
> promue by the school system accelerates the décréolisation (at the level
> qualitative that quantitative?) of the language and therefore
his/her/its disappearance
> progressive by metamorphosis to speak some " regional ". For those that
> don't wish that their language disappears, there are emergency and
necessity therefore
> to use all available tools: the writing permitting use,
> even minimal, within the school system appears like one of the rare means,
> with the various media use, to stop the décréolisation, of
> to touch the set of speakers and maybe to clear on a language
> revived and vivacious, that means a capable language, while leaning on
his/her/its
> oral cultural foundations, to say the present and the future. The
difficulty
> for defenders of the Creole language to arrive to this goal is that one
> speaks finally here of cultural and mental revolutions, far from being,
> obvious to put in place in the colonial societies crossed by the
> political tensions, societies in which the cultural engagement is under
> surveillance because considered always (to reason?) like an act of
struggle
> politics.
> The kréyòl stays therefore to the center of the fight between defenders
of contributions of
> the colonization and anticolonialist (I recall, in order to avoid the
> usual kept confusions, that the anticolonialism is not
> necessarily synonymous of indépendantisme, all as I insist on the fact
that
> Guadeloupe, the Guyana and Martinique are historically colonies
> French, that a departmentalization - statutory measure - would not know
> to erase a historic process: since 1946, the various governments,
> French continued to use the metropolitan " territory term
> what implies, logically, the other territory existence, them,
> necessarily colonial. The term " overseas ", that fleure vanilla and the
> tiponch, is not, in his/her/its contemporary use, that an euphemism of
the term
> colonial "). It is what explains that facing the orthographic system,
> adopted to various official levels in Haiti, to the Dominique and Saint
- Lucy,
> but also to Guadeloupe, in Guyana and to Martinique, some,
> French linguists propose or sustain propositions, by some,
> aspects étymologisantes, that doesn't take account of the linguistic unit
> of the kréyòl. These propositions aim some different orthographic systems
> according to the European language used to competition with the kréyòl:
«In
> propositions of spellings, it is necessary to take account of habits
> cultural [.]. In these conditions one will admit that the writing of the
various
> Creole French, would not know how to make itself/themselves everywhere
on the same model. Depending on whether
> the Creole French functions in the communication with the French (as
> in the French DOMS) or with the English (as to the Dominique or to
> Saint - Lucy.» (Marie - Christine Hazaël-Massieux, to Write in Creole,
oralité,
> and writing to the Antilles, The Harmattan, 1993). It is there about
submitting the
> kréyòl to rules decided according to other languages, choice that would
divide,
> créolophoneses according to a graphie to English, French influence or
> Spanish according to country caribéen in which they are; !
> division that would install the incomprehension there where there is
intercompréhension.
> Finally, he/it imports to notice that defenders of these systems
> étymologisants, that already puts back in question a graphie greatly
> implanted, twenty-five years after his/her/its development, are the fervid
> defenders of a certain French speaking countries, heiress of all one
tradition,
> colonial of power politics, and consider the kréyòl as one
> Romance " language ". It is why Pierre Vernet, director of the Center of
> Applied linguistics of the university of Haiti, more clearly defines these
> various propositions étymologisanteses as the frenchifying propositions
> that he/it criticizes thus:
> «A serious tentative for a coherent writing of the Creole would not be
able to
> ever to make the least case of gait étymologisante or frenchifying.
> Evidently, she/it has always been proposed by those that were never able
to
> to imagine that he/it could exist other settings of references that the
> French. But problems that pose such a practice is enormous. [.]
> 1. she/it is complex and complicated: the recourse to the origin of the
word for
> the writing introduces of straightaway a distanciation between
his/her/its pronunciation and
> his/her/its writing. Not only the word is going to evolve and to change
in the
> source language (the one from where he/it came), but he/it is going to
also change in
> the mouth of those that has just received it in their language. While
writing
> the word according to his/her/its origin, the speaker will never refer
to that that him
> knows this word: his/her/its pronunciation.
> 2. she/it goes in opposition to mechanisms of reading training and of
> the writing: [whereas the mental gait logical of all individual, what
> that either the language, is to write of the same way all sounds that
himself
> pronounce the same way]. The spelling of type étymologisant or
> frenchifying opposes to this gait and takes the contrepied of it. One is
> obligated to learn to write the word himself. Thus, one doesn't learn one
> time for all one general system of writing that one applies thereafter.
> Every word represents a new training and this one is never
> finished.
> 3. such a system opposes to all another one that would like to be
functional: Him
> requires a long training covering a good part of the
> schooling, heavy investment that could be canalized others circa,
> aspects of the formation of the individual. to Master the complexity of
a such
> spelling becomes a goal and a formation in itself; again that the nature
> such a system makes impossible his/her/its infallible way restraint. [.]
Him
> is therefore clear that the question of the choice of such a system
would not even have to
> to put itself/themselves for the Creole Haitian. A country not
understanding 80% of illiterate
> can pay himself one so big luxury with regard to one of his/her/its
instruments
> most fundamental for the literacy.
> 4. she/it constitutes a technically impracticable gait: First one
> writing étymologisante to be rational, non anarchical and no
> chaotic, suppose the recourse to the origin of every word. And as this one
> remains unknown for a number important of words, it would have been
necessary that the
> etymological research provide us of the precise information and no
> of suppositions on every word before writing it. One would have waited
> a long time. [.] what solution would have one chosen for words that were
not
> not even written as the Creole received them? [.] A language
> writes himself therefore not according to languages that participated in
his/her/its
> formation and that can continue to enrich him, but according to
his/her/its rules of
> working in their clean realities, to the plane phonético - phonological
> (rules of sound working), morphosyntaxique (rules of grammar)
> and semantics (the sense).» Pierre Vernet, Techniques of writing of the
Creole,
> Haitian, The Native, 1980.
> Pawòl
> Pawòl year bouch
> sé zwézo
> or pòkò kalòj wouvè the
> zwézo sé has za pran lavòl
> Pawòl matjé
> sé zèl zwézo lanmen ' w maré.
> Words
> The pronounced words
> are birds
> you didn't open the cage again
> birds already took their takeoff
> The written words
> are wings of birds that your hand attached.
> Daniel Boukman
> Zizinng Pawòl, Edition Mabouya,
>
>
> Sé grenn diri ' i ka plen sak diri

-----------> ESPANOL (ATENCION: LA SIGUIENTE ES UNA TRADUCCION AUTOMATICA NO
REVISADA DEL ORIGINAL EN FRANCES)

> Kréyòl e Historia del Caribe
> Las estacas de la escritura del kréyòl
>
> Nosotros ya vimos que el génesis del idioma Criollo no era capaz a sí
mismo
> para entender sin reemplazarlo en el contexto de la colonización del
> El Caribe. Si el kréyòl de él ya no es a la fase recién nacida - el
he/it es bien el
> el idioma maternal de varios millones de portavoces a que lo transmiten
> su torre a las generaciones siguientes -, his/her/its que el uso
presente es bien, él también,
> siempre grandemente ponga en cuestión por fenómenos heredados del viejo
> la sociedad colonial, de fenómenos mantenidos por una colonización
continuada,
> o por las formas de las noticias de dominación.
> Si los kréyòl vieran el estatuto del his/her/its de idioma nacional
reconocido por la constitución
> Haitiano de 1987 mientras alcanzando la línea de idioma oficial de la
República
> de Haití; el francés, el idioma colonial entonces el idioma de élites
reproducirse
> de los modelos coloniales de dirección y explotación del país desde el
principio del
> 19 siglo (el país contra el" el país fuera de", para ver el Bartolomé de
Gérard, El,
> el país fuera de, pruebe en el universo de cultivo haitiano, H.
Deschamps - CIDIHCA),
> idioma que considera sólo 15% de portavoces en Haití, también se
reconoce
> como el idioma oficial y tiene tendencia, en la ausencia de una
política,
> la lingüística detallada, para ser el único idioma administrativo y
> gubernamental. ¡Y de nuevo el haitiano Criollo está lejano antes! Es a
la verdad
> para decir el único dialecto del kréyòl de que no se amenaza en serio
> desaparición o de décréolisation de la liendre. pero es él necesita
revocar
¿> ese Haití representa un caso para partir en toda la historia de la
colonización?
> Uno de herencias de la colonización que pesa en el kréyòl es el nivel
> de la representación: uno podría definir el kréyòl como un idioma de que
> uno requiere a estos portavoces quienes ellos traen a la prueba que el
she/it merece el bien
> el estatuto de idioma por la misma razón como el idioma del colonizador,
demostración,
> eso debe convencer el kréyòlopals en el primer lugar (el créolophones)
ellos
>! Porque si «lingüistas superados para decir que todos los idiomas él
> merece la pena lingüísticamente; ellos están equivocados creer que ellos
se merecen la pena
> socialmente» (P. la ciudad de Bourdieu por J. Bernabé Fondal - Nativo
en, gramática,
> los basilectale se acercaron del guadeloupéens Criollo y martiniquaises,
El Harmattan,
> 1983, 3 vuelo.). Para que, la depreciación social del kréyòl es doble:
> externo eso aprueba a la sucesión Haití como el país a la población
Francófona
> por el négationnisme del idioma de la nación haitiana o que, por la voz
> apruebe para promulgar de ministro de la cultura del gobierno francés
> que «el Criollo es un patois» lo que explica, probablemente, que ese
he/it tiene allí
> la necesidad desesperada de intérprete de asistir a algún non el
créolophoneses Francófono (por
> ejemplo del Dominique o San - la Lucy pero por consiguiente también de
Haití) antes de
> las administraciones y los palacios de justicia franceses;
> interno, esta última depreciación en siendo ciertamente muy peligroso,
> aunque este automóvil - depreciación demostrada por los portavoces del
kréyòl
> no puede entenderse sin las presiones perdiendo valor externas que
> pese en el automóvil - representación que tiene el créolophoneses solo
> el idioma: padres que les prohiben a sus niños que los hablen algunos
> Criollo, reproduzca que que ellos se tienen a menudo estado en el
momento de su
> la educación en nombre de maestros, a veces el créolophones ellos,
quién,
> aplicado la política y los métodos de educación fijos desde el
> la metrópoli colonial, gobernando, científico" y" intelectual."
>
>
> Es por consiguiente bien un informe contradictorio con un idioma de
colonización,
> situación que el he/it comparte allí con bueno de otro ningún - los
idiomas Criollos de
> numeroso país que ha sabido procesos de colonización que parece resumir
> la misma existencia del idioma el caribéenne Criollo. Para tomar los
asuntos,
> las ciudades en el momento de la primera tienda, de Edouard Slippery,:
«Involucrando
> las tradiciones, el he/it no es organización social, mourses o
creencias,
> ninguna institución que precedió aquí la colonización ni eso tenía" por
> la naturaleza" para resistirselo. Él de él está de la misma manera para
el idioma hablado por la masa
> de Martinicano: el Criollo. Idioma formado por la colonización de acto,
> mantuvo en un más bajo estatuto, el constreñimiento al estancamiento,
contaminado,
> por la práctica valorizando del idioma francés, y en el futuro
> amenazó de desaparición. [y Resbaladizo sigue] la Tierra sin la
producción, el,
> La Martinica se pone más incapaz para determinar el his/her/its para
volverse. Algunos
> el particular, el idioma Criollo se mantiene en la incapacidad de él
> desarrollar funcionalmente y acercarse del estado de un patois se
afrancesaron.
> (Si la posible desaparición del Criollo hubiera correspondido a una
evolución
> natural" y ningún a un cuando el expoliando brutal ese insidioso, esto
> la desaparición no había propuesto ningún problema.) Los varios"
periodo" de historia
> los martiniquaises parecen activar algunos" lingüístico" episodios dónde
uno discierne
> filigrana este forcejeo entre el francés y el Criollo» (E. Glissant, El,
> El discurso caribeño, pág. 541).
> Fuera de de criterios lingüísticos que hacen el kréyòl al debate puede
ser por consiguiente
> definido por los sociolinguistiqueses de las condiciones y las estacas
políticas que
> es él específico:
> «1. el Criollo es un idioma joven, ningún de nuevo, emancipó al sobrante
de
> el oralité del his/her/its el campesino nativo, a pesar de la
existencia, desde el extremo de los 18,
> siglo, de escrituras Criollas,;
> 2. el Criollo es el producto histórico de informes de la dominación, y
desesperado
> la parte, ninguno que el Criollo escapó de nuevo al ascendiente de un
idioma dominante,
> (que esto último se liga genéticamente a él o ningún). Al sobrante, el,
> idiomas dominantes con que el he/it comparte el campo social son de
> la norma de los idiomas grande, lo que implica para éstos dura un cierto
de
> los rasgos de que más aplicable aparece nosotros ser próximo uno: el
> el poder político y tecnológico, la antigüedad y corolario del
his/her/its: uno
> el grado muy avanzado de littérarisation. Esto que último ordeñado
parece a nosotros ser
> el que crea las distorsiones más grandes, mientras estando sobre las
transacciones,
> eso establece entre el idioma dominado y el idioma dominante. » Jean
Bernabé,
> Fondal - Nativo.
> Está en la pregunta del littérarisation como el informe entre el idioma
> dominó y el idioma dominante, por consiguiente de la pregunta de la
escritura que yo usted
> propone detenernos para entender el sociolinguistique de la situación
del
> el kréyòl.
> El kréyòl, relativamente al his/her/its la edad joven (unos más de 3
siglos), es
> escribe paradógicamente durante mucho tiempo. El todo primeros rastros
de Criollo
> devolvió a la escritura se remonta hasta el fin del 17 siglo, aunque el
primero
> el texto la fecha conocida literaria de años 1750. Este texto, Lisette
salió el
> llano, ha sido escrito por un colono Criollo de San - Domingue -
Duvivier del
> Mahautière -; como todos los textos escritos en el Criollo (los pedazos
del teatro,
> las fábulas de La Fuente tradujeron, etc.) hasta el extremo de la
segunda guerra
> el mundo, el he/it sigue un graphie inspirado de la ortografía francesa,
uno,
> los graphie etimológicos pueden observarlo por consiguiente como uno con
esta proclamación
> Bonaparte publicó a San - Domingue en el momento de la expedición cargó
Leclerc
> para restablecer la esclavitud.
>
>
>
>
> La proclamación allí, li arrastrado en Cónsules del registe el
Répiblique
> París, 17 Hacer jirones, año 10 francé de Répibliques, aquel e
indivisible.
> LA PROCLAMACIÓN
> Cónsules el Répiblique Francé tiene todos San - el zabitans de Domingue.
> Zabitans, y usted todos que en San - Domingue,
> Que que usted todo el yé que lo colora el yé que el vini de zote de papá
lateral, nosotros no
> guardó eso: nosotros el savé el seleman color canela que zote que todos
libran, ese zote todo el igual,
> el douvant Dios bueno y en el zyé el Répiblique.Dans la revolución color
canela, Francia,
> para ver toda la miseria llena, en el mismo que todo el mundo usted el
fere la guerra contra
> Francés. Francés levantó el enses contra la toma fuera de ellos. Mis
jordis terminaron allí realmente,
> todo el fere la paz, francés realmente besado,; todo el zami francés;
todo el hémé
> el gouverneman, el li realmente obedecido. La misma nación que el
t-cuadrado, en la guerra, los yo tocaron la mano,
> con francés. Vini conceden el zote de San - Domingue: es que usted no
francés
¿> el itou? Vini tocó la mano con zote de la nación que llegó; vaya usted
el contan
> besó a los hermanos al zote; el yo va que los contan lo besaron.
> Capitán - Leclerc general, que nosotros el voyé para pidió San -
Domingue, el li,
> llevó con li que todos los plen envían, todo el soldado del plen, todo
el cañón del plen,: pero no
> el crere aquí el yo que va el zote dicho que blanco parió la vaca el
fere de nuevo usted el esclavo: el ya
> el plitot del manti que el yo del crere, las respuestas, y se preguntó
bien ese cé el Répiblique que
> libertad del baye, y eso va bien los savé previnieron a nadie de nuevo
de li del pren: soldado
> allí, envíe allí, todos, cé para libertad guardada allí, y guardó el
país que para el
> Répiblique.Vini por consiguiente el zote todos, el Capitán ordenado - el
lado General. Cé el li de Pé
> llevó; el cé todo el li del zafere el vini ordenado, bonher del cé todo
el vélé del li mundial. Blanco,
> el négues, todo el zenfant del cé el Répiblique. Mi aquí el el yo que no
ido ordenado
> el li lateral que no los vélé obedecieron el li, todo ese li va el yo
pedido, vaya los pini, porque
> el yo va el tratado en el país a allí y al Répiblique. Firmado:
BONAPARTE.
>
> En 1945, en parte influenció por sistemas usados por el ethnologists,
> el étasuniens en el momento de la ocupación de Haití por los servicios
armados de los Estados Unidos
> aparece un sistema gráfico a las fonéticas de la base de 1915 a 1934. Al
final
> de años 70, considerando que desde años 60 movimientos
> los indépendantisteses asen la pregunta del idioma, el GEREC (el Grupo
> de estudios e Investiga en Créolophone Espacial) propone un graphie
basado
> en un sistema fonológico (un mismo graphème siempre da el mismo
> el fonema) y en una sintaxis gráfica (el ex: el lékòl del mèt su / el
mèt del lékòl su).
> Es casi el mismo graphie que se declara oficial en Haití, a
> San - la Lucy y al Dominique (pero también a Seychelles y la isla
> Maurice) en años 80.
> El kréyòl que es un de nuevo el idioma esencialmente oral, y la cultura
que él
> también expresa, uno puede preguntarse por la importancia para dar un
estatuto
> de idioma escrito al kréyòl. No es este una traición a la mente del
¿> el idioma? No es este una sumisión a la visión occidental del
¿> la superioridad de la escritura en el oral?
> Uno puede, mientras mencionando palabras de Edouard Slippery, para
hablar de una pregunta de vida o
> de muerte y no meramente de estética; uno puede hablar de obligación y
> no de opción: «Un personas de que uno reduciría al solo oral conveniente
> el idioma del his/her/its sería hoy (y cualquier cosa nosotros pensamos
la ilegitimidad
> de semejante fatalidad) un personas juraron a la muerte cultural que no
es
> en la vida que la reflexión pálida de una agonía por otra parte real.
Todos
> las seducciones del folklorisme ingenuo no son capaces a algo contra
esta manera de ley»
> E. Glissant, El discurso caribeño, p.543.
> Los desarrollos históricos que han suprimido la matriz del his/her/its -
la sociedad
> de morada - al kréyòl (con el caso específico de Haití que pregunta
> inmensamente de relativizaciones), este uno no pone en orden más
resguardos al pecho
> de que los he/it expresaron el himself/itself sin el constreñimiento,
sin tener que luchar contra el,
> el survalorisée conveniente del francés. La eliminación o lo empieza de
eliminación
> de mundos los caribéenses de cultivo empiezan los resguardos
tradicionales de esto
> campesino del idioma para que no tiene el tiempo y el espacio necesario
> para llevar una evolución rápida en una situación de la mutación social.
Para el
> Las colonias francesas de América, la política de asimilación
lingüística,
> el promue por el sistema escolar acelera el décréolisation (al nivel
> cualitativo ese cuantitativo?) del idioma y por consiguiente la
desaparición del his/her/its
> progresivo por el metamórfosis para hablar algunos" regional". Para
aquéllos que
> no desee que su idioma desaparece, hay emergencia y necesidad por
consiguiente
> para usar las herramientas todo disponibles: la escritura que permite el
uso,
> incluso mínimo, dentro del sistema escolar aparece como uno de los
medios raros,
> con el varios uso de los medios de comunicación, para detener el
décréolisation, de
> para tocar el juego de portavoces y quizá para aclarar en un idioma
> reavivó y vivaz, eso significa un idioma capaz, mientras apoyándose en
el his/her/its
> las fundaciones culturales orals, decir el presente y el futuro. La
dificultad
> para defensores del idioma Criollo llegar a esta meta es ese uno
> habla finalmente aquí de revoluciones culturales y mentales, lejos de
ser,
> obvio poner en el lugar en las sociedades coloniales cruzaron por el
> las tensiones políticas, sociedades en que el compromiso cultural es
bajo,
> la vigilancia porque siempre consideró (para razonar?) como un acto de
forcejeo
> la política.
> El kréyòl se queda por consiguiente al centro de la lucha entre
defensores de contribuciones de
> la colonización y anticolonialista (yo revoco para evitar el
> confusiones guardadas usuales que el anticolonialismo no es
> necesariamente sinónimo de indépendantisme, todos cuando yo insisto en
el hecho que
> Guadelupe, la Guyana y Martinica son históricamente las colonias
> Francés que una departamentalización - la medida estatutaria - no sabría
> para borrar un proceso histórico: desde 1946, los varios gobiernos,
> Francés continuó usando el metropolitano" el término del territorio
> lo que implica, lógicamente, la otra existencia del territorio, ellos,
> necesariamente colonial. El término" en ultramar", esa vainilla del
fleure y el
> el tiponch, no es, en el his/her/its el uso contemporáneo que un
eufemismo del término
> colonial"). es lo que explica ese paramento el sistema ortográfico,
> adoptó a los varios niveles del oficial en Haití, al Dominique y San -
la Lucy,
> pero también a Guadelupe, en Guyana y a la Martinica, algunos,
> Los lingüistas franceses proponen o sostienen proposiciones, por
algunos,
> étymologisantes de los aspectos que no toma cuenta de la unidad
lingüística
> del kréyòl. Estas proposiciones apuntan algunos sistemas ortográficos
diferentes
> según el idioma europeo acostumbrado a la competición con el kréyòl: «En
> las proposiciones de ortografías, es necesario tomar cuenta de hábitos
> cultural [.]. En estos condiciona uno admitirá que la escritura del
varios
> Francés Criollo, no sabría hacer los itself/themselves por todas partes
en el mismo modelo. Dependiendo adelante si
> las funciones francesas Criollas en la comunicación con el francés (como
> en el DOMS francés) o con el inglés (acerca del Dominique o a
> San - la Lucy.» (Marie - Christine Hazaël-Massieux, Escribir en el
Criollo, el oralité,
> y escribiendo a la Antillas, El Harmattan, 1993). está allí sobre
someter el
> el kréyòl a reglas decididas según otros idiomas, opción que dividiría,
> el créolophoneses según un graphie a inglés, influencia francesa o
> Español según caribéen rural en que ellos son; !
> división que instalaría la incomprensión allí donde hay
intercompréhension.
> Finalmente, el he/it importa para notar que defensores de estos sistemas
> étymologisants que ya vuelve a poner en cuestión grandemente un graphie
> implantó, veinticinco años después del desarrollo del his/her/its, es el
férvido
> defensores de un cierto francés que habla los países, la heredera de
toda la una tradición,
> colonial de política de poder, y considera los kréyòl como uno
> El romance" idioma". es por qué Pierre Vernet, director del Centro de
> La lingüística aplicada de la universidad de Haití, más claramente
define éstos
> el varios étymologisanteses de las proposiciones como las proposiciones
afrancesándose
> ese he/it critica así:
> «Una tentativa seria para una escritura coherente del Criollo no sería
capaz a
> en la vida para hacer el menor caso de étymologisante del andares o
afrancesándose.
> Evidentemente, el she/it siempre se ha propuesto por aquéllos a que
nunca eran capaces
> imaginar ese he/it podrían existir otras escenas de referencias que el
> Francés. Pero problemas que proponen semejante práctica son enormes. [.]
> 1. el she/it es complejo y complicado: el recurso al origen de la
palabra para
> la escritura introduce de en seguida un distanciation entre la
pronunciación del his/her/its y
> la escritura del his/her/its. No sólo la palabra va evolucionar y
cambiar en el
> el lenguaje fuente (el uno de dónde los he/it vinieron), pero el he/it
va a también cambiar en
> la boca de aquéllos que lo han recibido simplemente en su idioma.
Mientras escribiendo
> la palabra según el origen del his/her/its, el portavoz nunca se
referirá a que que él
> sabe esta palabra: la pronunciación del his/her/its.
> 2. el she/it va contra los mecanismos de leer el entrenamiento y de
> la escritura: [considerando que el andares mental lógico de todo el
individuo, eso que
> que o el idioma, es escribir de la misma manera todos los sonidos que él
> pronuncie la misma manera]. La ortografía de étymologisant del tipo o
> afrancesándose opone a este andares y toma el contrepied de él. Uno es
> obligó aprender a escribir la palabra él. Así, uno no aprende uno
> tiempo para todo el un sistema general de escribir ese uno aplica
después de esto.
> Cada palabra representa un nuevo entrenamiento y este uno nunca es
> acabado.
> 3. semejante sistema opone a todos otro uno que gustaría ser funcional:
Él
> requiere una parte buena a un techado de entrenamiento largo del
> adiestrando, inversión pesada que podría canalizarse otros hacia,
> los aspectos de la formación del individuo. para Dominar la complejidad
de un tal
> deletreando se vuelve una meta y una formación en sí mismo; de nuevo que
la naturaleza
> semejante sistema hace el refrenamiento de la manera infalible al
his/her/its imposible. [.] Él
> está por consiguiente claro que la pregunta de la opción de semejante
sistema ni siquiera no tendría a
> para poner el itself/themselves para el haitiano Criollo. Un país que no
entiende 80% de analfabeto
> puede pagarse un lujo tan grande con respecto a uno de instrumentos del
his/her/its
> la mayoría el principio para la alfabetización.
> 4. el she/it constituye un técnicamente el andares impracticable:
Primero uno
> escribiendo el étymologisante para ser racional, non anárquico y no
> caótico, suponga el recurso al origen de cada palabra. Y como este uno
> permanece desconocido para un número importante de palabras, habría sido
necesario que el
> la investigación etimológica nos proporciona de la información precisa y
no
> de suposiciones en cada palabra antes de escribirlo. Uno habría esperado
> un tiempo largo. [.] qué solución tendría uno escogido para palabras que
no eran
¿> no incluso escrito como el Criollo los recibió? [.] Un idioma
> se escribe por consiguiente no según idiomas que participaron en el
his/her/its
> la formación y eso puede continuar enriqueciéndolo, pero según las
reglas del his/her/its de
> trabajando en sus realidades limpias, al phonético plano - fonológico
> (las reglas de funcionamiento legítimo), morphosyntaxique (las reglas de
gramática)
> y semántica (el sentido).» Pierre Vernet, las Técnicas de escribir del
Criollo,
> Haitiano, El Nativo, 1980.
> Pawòl
> El Pawòl año bouch
> el zwézo del sé
> o wouvè de kalòj de pòkò el
> el sé del zwézo tiene el lavòl de pran de za
> El matjé de Pawòl
> el sé zèl zwézo lanmen ' el maré de w.
> Las palabras
> Las palabras pronunciadas
> es los pájaros
> usted no abrió la jaula de nuevo
> los pájaros ya tomaron su despegue
> Las palabras escrito
> es alas de pájaros que su mano ató.
> Daniel Boukman
> Zizinng Pawòl, Edición Mabouya,
>
>
> El Sé grenn diri ' el i ka plen sak diri
Nearby Wed Jan 29 11:06:56 2003

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