Mondialisation : qu'en faire ?
Résumé. La globalisation, dont la définition est nécessairement complexe, est un fait inéluctacle. Cela nécessite notre vigilance stratégique mais aussi une démarche d'appropriation des possibilités ainsi proposées.
Texte de synthèse
Le consensus des discussions de la CV sur le sens du concept de mondialisation aboutit à considérer que la mondialisation est un fait et non une idéologie, qu'elle ne peut être dissociée du contexte économique, mais que ses implications avec le politique, le social, le technique et le culturel nécessitent de l'envisager dans toute sa complexité.
C'est déjà dans cette perspective qu'Irene Plaz (06/03/99: iplaz@reacciun.ve) l'avait située grâce à la vision la plus complète qu'elle connaisse sur le sujet, la revue n° 47 (août 1992) de la Cepal "Globalizacion y convergencia : America Latina frente a un mondo en cambio", où sont bien expliqués tous les éléments de convergence du phénomène.
A partir du moment où la mondialisation est envisagée comme un fait inéluctable inséré au cœur de notre société contemporaine, deux attitudes se dessinent nettement. L'attitude défensive, combattive : c'est un impérialisme néocolonial (Sebastian Lara, 02/03/99 : sebastian@inkarri.net) contre lequel il faut lutter. Christina Courtright (02/03/99 : tinacc@ejje.com) réagit elle-même avec le mot "combattre", mais pour remarquer que ce n'est ni une question de "guerres frontales ni de discours idéologiques". Il s'agit donc plutôt d'une vigilance stratégique pour tenter de participer au
phénomène d'égal à égal.
Pour réagir de cette manière, Irene Plaz estime qu'il faut "s'éloigner des vieilles théories mécanicistes, causalistes", et en quelque sorte linéaires, pour adopter de "nouveaux modèles d'interprétation" plus proches des modèles popularisés par les théories physiques du chaos : cela est "plus proche de la culture locale, des nouveaux acteurs sociaux et du thème de l'environnement". Et s'appuyant sur un des auteurs de la revue citée (Benavente J.M.), elle pose le principe que la mondialisation est "un fait inéluctable pour les pays latinoaméricains, comme une chance ou un défi".
Etre sur la défensive est une attitude nécessaire. Etre sur l'offensive, dans une démarche d'appropriation, est plus dynamique. En ce sens, les positions sont variées dans la CV. Hartwig Stein (28/02/99 : hstein@campus.ruv.itesm.mx), qui apparaît ainsi "utopiste" à certains, voit dans la globalisation "un monde sans frontières dans lequel existent des possibilités d'une communication pacifique, libre et sans censure" et où s'offre la possibilité "d'écouter de multiples points de vue et interprétations de la réalité au niveau mondial". Ce qui fait naturellement référence à ce qui est déjà un mythe fondateur : le village global libertaire du web.
Michel Menou (04/03/99 : Michel.Menou@wanadoo.fr) va également dans ce sens d'ouverture, tandis que Raul Trejo Delarbre (04/03/99 : rtrejo@etcetera.com.mx) insiste d'une manière pragmatique et développée sur toutes les possibilités offertes par la mondialisation dans le domaine des TICs, en particulier pour les pays en voie de développement.
Mots clés : complexité, théorie du chaos, appropriation des TICs.
Auteur : Françoise Holtz-Bonneau , FPH, juin 2000.
|