1) COMPLEMENTS SUR LA TECHNOLOGIE SATELLITE

Dans l'hypothèse où le réseau utilise les canaux de transmission d'un satellite, il est important de comprendre les techniques d'accès utilisées par les satellites pour partager la bande passante embarquée entre plusieurs stations utilisatrices. La transmission d'un canal de télévision occupe, en général, la bande passante d'un transpondeur. Pour les autres types de signaux (téléphonie, transmission de données, ...), la capacité d'un transpondeur est partagée entre plusieurs stations terriennes. Cette technique de partage des capacités du satellite entre plusieurs stations porte le nom d'accès multiple. "Accès multiple" revient à dire que la capacité d'un transpondeur est partagée par plusieurs liaisons point-à-point entre n'importe quel couple de stations terriennes.

Les techniques utilisées peuvent être classées en deux catégories : découpées en tranche ("slotted") ou non découpées ("unslotted"). Découpage de la bande passante en tranche est synonyme de multiplexage. En plus de la notion de découpage (ou de multiplexage), intervient la méthode d'affectation. On peut utiliser soit une affectation fixe (ou permanente) des porteuses aux stations terriennes, soit une affectation dynamique de celles-ci en fonction de la demande. L'affectation dynamique se subdivise en deux : aléatoire ou contrôlée. Ces trois notions, découpage (ou multiplexage), accès et affectation vont être abordés succinctement.

1.1) Découpage (ou multiplexage)

Chaque fois qu'il est nécessaire de transmettre vers le satellite des signaux en provenance d'un grand nombre de sources à partir d'une station d'émission, on multiplexe ceux-ci sur la fréquence porteuse. La quantité d'information transmise est proportionnelle à l'exploration de fréquence et au temps disponible. Le multiplexage de plusieurs signaux (ou canaux) peut donc se faire soit par exploration de fréquence soit par partage du temps disponible. Ce qui conduit à deux techniques de multiplexage couramment employées dans les systèmes satellites :

- Multiplexage par Répartition en Fréquence (MRF ou Frequency Division Multiplexing FDM) qui associe une bande de fréquence à chaque signal ou groupe de signaux transportés, ce type de multiplexage est illustré par la figure suivante :


FREQUENCES
¦ ¦
+---------------------+ +-------------------+
¦ ¦ ¦ +-F1
¦ ¦ +-------------------+
¦ ¦ +-------------------+
¦ ¦ ¦ +-F2
¦ ¦ +-------------------+
¦ ¦ +-------------------+
¦ ¦ ¦ +-F3
¦ ¦ +-------------------+
+---------------------+- +---------------------
TEMPSFigure-1 Multiplexage en fréquence MRF

- Multiplexage par Répartition dans le Temps (MRT Time Division Multiplexing TDM) qui associe une tranche de temps à chaque signal ou groupe de signaux transportés. Cette technique est illustrée ci-dessous :


FREQUENCES
¦ ¦ Ts T1 T2 T3 T4
+---------------------+ ¦+-++-++---++--++--+
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
¦ ¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦¦ ¦
+---------------------+- +---------------------
TEMPS Figure-2 Multiplexage temporel MRT

Les systèmes analogiques basés sur la Modulation de Fréquence (MF ou FM) utilisent le Multiplexage par Répartition en Fréquence (MF/MRF ou FM/FDM). Les systèmes numériques basés soit sur la Modulation de Fréquence soit sur la Modulation de Phase (MP ou PM) utilisent le Multiplexage par Répartition dans le Temps (MF/MRT ou FM/TDM et MP/MRT ou PM/TDM).

1.2) Accès aux capacités embarquées

La transmission d'un canal de télévision occupe en général la bande passante d'un transpondeur. Pour les autres types de signaux (téléphonie, transmission de données, ...) la capacité d'un transpondeur est partagée entre plusieurs stations terriennes. Cette technique de partage des capacités du satellite entre plusieurs stations porte le nom d'accès multiple. "Accès multiple" revient à dire que la capacité d'un transpondeur est partagée par plusieurs liaisons point-à-point entre n'importe quel couple de stations terriennes. Sa mise en oeuvre dépend des techniques utilisées pour le multiplexage des signaux :

- Accès Multiple par Répartition en Fréquence (AMRF ou FDMA Frequency Division Multiple Access), où chaque liaison dispose d'une fréquence porteuse.

- Accès Multiple par Répartition dans le Temps (AMRT ou TDMA Time Division Multiple Access), où chaque liaison dispose d'une tranche de temps.

1.2.1) Accès Multiple par Répartition en Fréquence

L'accès multiple par répartition en fréquence (AMRF ou Frequency Division Multiple Access FDMA), autorise chaque station à émettre sur une ou plusieurs fréquences qui lui sont propres. Avec l'AMRF, la bande passante disponible au niveau du transpondeur est subdivisée en sous-porteuses attribuées aux stations terriennes. Les fréquences doivent être correctement espacées pour éviter toute interférence entre stations. Chaque station reçoit sur le faisceau descendant la totalité des canaux mais n'extrait par filtrage que ceux qui lui sont explicitement adressés.

Pour obtenir une puissance rayonnée aussi grande que possible, l'amplificateur de puissance (HPA) d'un transpondeur travaille en général dans des zones de non-linéarités. La présence de plusieurs porteuses dans un amplificateur non linéaire a pour conséquence de provoquer l'apparition de fréquences parasites (produit d'intermodulation). Ce qui conduit à la réduction de la capacité du transpondeur.

L'accès multiple par porteuse mono-voie est la méthode la plus simple pour partager la capacité de transmission d'un transpondeur entre plusieurs stations. Celle ci est divisée en bandes de fréquences. Chaque fréquence porteuse véhicule un canal (d'ou la notion de porteuse mono-voie) qui est attribué à un couple de stations. Cette technique, bien adaptée au trafic téléphonique, n'est pas très efficace pour les transmissions de données. Ce principe permet une meilleure gestion des ressources de transmission en cas de faible trafic. Cette technique de porteuse mono-voie est connue en anglais sous le nom de Single Channel Per Carrier (SCPC). AMRF (FDMA) et sa variante SCPC sont bien adaptées aux transmissions analogiques.

Le plus connu de ces types d'exploitation est le système SPADE largement utilisé par INTELSAT (Single channel per carrier Pulse code modulation Access on Demand assignment Equipment). Un "pool" de 800 fréquences espacées de 45 kHz et groupées dans un espace de 36 MHz offre une capacité de 397 canaux téléphoniques. Un appel téléphonique emprunte deux fréquences jumelées de ce "pool". Une bande passante de 38 kHz est disponible autour de chaque porteuse. Le principe du système SPADE est illustré ci-dessous :


Transpondeur de 36 MHz
+---+ F1-> +---------------+ F2-> +---+
¦ A +-------------¦ 1 (38 kHz)+----------------¦ B ¦
+---+ +---------------¦ +---+
¦ 2 ¦
+---------------¦
¦ 3 ¦
+---+ F3-> +---------------¦ F4-> +---+
¦ C +-------------¦ 4 +----------------¦ D ¦
+---+ +---------------¦ +---+
/ /
+---------------¦
¦ 397 ¦
+----------/----¦
¦0¦0¦0¦ ¦ ¦ ¦ ¦4¦ Unités de contrôle
¦0¦1¦2¦ ¦ ¦ ¦ ¦9¦ (49 stations max)
+----------/----+
397 uplinks 397 downlinks
<---------> <-------------->
Station <--Satellite----> Station
Terrienne Figure-3 Principe du système SPADE

Equipé d'une affectation dynamique, ce système est totalement flexible puisque ni l'une ni l'autre des extrémités du canal n'est associée en permanence à une même station. La gestion des couples de fréquences est sous la responsabilité d'un canal commun de signalisation exploité en mode numérique (AMRT / TDMA).

1.2.2) Accès Multiple par Répartition dans le Temps

L'accès multiple par répartition dans le temps (AMRT ou Time Division Multiple Access TDMA) permet de découper la capacité d'un transpondeur en tranche de temps. Les tranches de temps sont ensuite assignées à des couples de stations. Cette technique, comme toute technique temporelle, nécessite la synchronisation de l'ensemble des stations. Cette synchronisation est commandée par la station de référence du réseau. Chaque station reçoit donc en permanence des informations mais n'extrait que celles qui lui sont explicitement adressées. L'AMRT (TDMA) est bien adaptée aux transmissions numériques.

Une station de référence qui dispose d'une horloge de très haute stabilité (10-11), génère périodiquement une marque de synchronisation (Ts) qui comprend :

- une séquence de récupération de porteuse et de rythme qui permet de synchroniser les récepteurs en phase et en rythme,

- une configuration unique de symboles qui marque l'origine précise de la trame (sans cette marque la lecture des informations devient impossible),

- un code d'identification de station.

Les informations en provenance des stations occupent ensuite des tranches de temps bien précise (T2, T3, ...) qui chacune comporte deux parties :

- un préambule jouant un rôle similaire aux symboles de synchronisation,

- les informations numériques à transmettre.

La figure suivante illustre ce principe en montrant deux super trames consécutives (cas de Télécom-1). Chaque super trame dure 1,28 seconde et contient 64 trames de 20 milli-secondes ayant une capacité de 491.520 bits.


| |<-Marque de synchronisation
| |
| >||<-Temps de garde
| ||
| || >| |<-temps attribué à la station B
| || | |
| || | | Super-trame 1
+------------------------------//---------------------+
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 0
+-------++-----++---------++---//----++---------------¦
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 1
+-------++-----++---------++---//----++---------------¦
/ /
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 63
+------------------------------//---------------------+

|| Super-trame 2
+------------------------------//---------------------+
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 0
+-------++--------++------++---//---------++----------¦
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 1
+-------++--------++------++---//---------++----------¦
/ /
¦ SYNC ¦¦ A ¦¦ B ¦¦ ¦¦ F ¦ trame 63
+------------------------------//---------------------+

<--------------491.520 bits / 20 ms------------------->Figure-4 Principe d'un système AMRT

Cette technologie a été exploitée commercialement dès 1981 par SBS (Satellite Business Services). L'AMRT présente deux avantages essentiels :

- la possibilité d'utiliser toute la puissance du transpondeur du fait que celui-ci ne reçoit qu'une seule fréquence porteuse. La présence de plusieurs fréquences porteuses en AMRF génère des phénomènes d'intermodulation qui imposent de faire fonctionner le transpondeur très en deça de son point de saturation et donc de ses capacités.

- la souplesse d'exploitation au niveau du réseau liée à la possibilité de faire varier la longueur des paquets émis par une station par simple modification des mémoires de trames, ce qui permet d'augmenter sa capacité de transmission jusqu'au débit maximal autorisé par le transpondeur.

1.2.3) Accès Multiple à Répartition par Codes

Avec l'accès multiple à répartition par codes (AMRC ou Code Division Multiple Access CDMA), chaque signal est transmis selon une modulation codée permettant à la station réceptrice, à laquelle il est destiné, de l'identifier parmi le flux d'informations qu'elle reçoit. Des flux de données en provenance de plusieurs stations peuvent coexister en empruntant la totalité de la bande passante du transpondeur. Un signal d'un débit numérique de 64 kb/s peut être étalé sur une bande passante de 5 MHz grâce à un code "d'étalement" (Spread Spectrum). L'utilisation de plusieurs codes d'étalement permet de multiplexer plusieurs signaux sur une même bande passante :

- le signal émis par une station est combiné avec un code pseudo aléatoire de tel façon qu'il occupe la totalité de la bande passante disponible. Les signaux émis par les stations terriennes se chevauchent tous, la station réceptrice doit corréler le signal reçu avec le même code pour décrypter ce signal.

Cette technique tend à gaspiller la bande passante mais en contre partie génère une transmission d'une grande robustesse aux interférences, ce qui permet de minimiser la taille des stations terriennes. Gaspiller la bande passante n'est pas forcément un mauvais objectif dans la mesure où la puissance, l'autre paramètre sur lequel on agit en général pour abaisser la taille et donc le coût des stations, est plus limité au niveau du satellite que la bande passante.

AMRF et AMRT nécessitent une répartition rigoureuse soit des fréquences (AMRF) ou soit du temps (AMRT). Cette précision n'est pas nécessaire avec cette technique d'étalement du spectre et d'accès multiple à répartition par codes.

1.3) Affectation de la capacité embarquée

On peut utiliser soit une affectation fixe (ou permanente) des fréquences (ou des tranches de temps, ou des codes) attribuées aux stations terriennes, soit une affectation dynamique de ces objets (fréquences, tranches de temps, ou codes) en fonction de la demande :

Une affectation fixe des capacités de transmission est fort couteuse si le trafic entre couple de stations n'est pas extrêmement important.

Une affectation dynamique de type aléatoire aux capacités de transmission implique un protocole capable de résoudre les contentions résultant de l'accès simultané de plusieurs stations émettrices.

Une affectation dynamique de type contrôlé nécessite un protocole de signalisation évitant ainsi les collisions qui résultent d'une affectation aléatoire.

En cas de trafic stable et important on procède à une affectation permanente. Par contre en cas de trafic à caractère plus sporadique, on utilise un affectation à la demande, c'est à dire appel par appel, ce qui permet d'augmenter le taux d'utilisation du transpondeur (Demand Assigned Multiple Access DAMA). Cette technique impose la banalisation des équipements.

La plus connue des affectations dynamiques de type aléatoire est ALOHA qui autorise la station émettrice à transmettre son message sans se soucier si le canal est sollicité ou non par une autre station. En cas de collision, chaque station cesse d'émettre et retransmet son message après une attente de durée aléatoire. Cette méthode implique le découpage des messages en fragments de petite taille pour minimiser les conséquences d'une collision.

2) PETITE HISTOIRE DU VSAT

2.1) LA GENESE

VSAT de l'anglais Very Small Aperture Terminal

Tout commence en Californie début des années 80, quand EQUATORIAL, une jeune société de San Jose, propose aux entreprises d'utiliser le service d'un satellite pour diffuser des données. Idée novatrice qui repose sur une hypothèse purement Américaine : le grand nombre de satellites au dessus du continent nord Américain conduit les opérateurs à brader la bande passante et ce d'autant plus que le trafic téléphonique boude les satellites.visée sont les sociétés. Une bande passante bradée peut être gaspillée, ce principe a donné naissance à une technologie dite d'étalement du spectre (Spread Spectrum) qui autorise l'utilisation d'antennes de petite taille communément appelées micro-stations. Le départ est foudroyant et intégralement basé sur une clientèle d'entreprises désireuses de livrer simultanément les mêmes informations à des centaines de destinataires. Devant cette explosion, d'autres opérateurs apparaissent sur le marché mais restent loin derrière EQUATORIAL qui occupe la moitié des 80.000 sites équipés en 1985 sur le marché des réseaux unidirectionnels (baptisés "one way VSAT").

2.2) ARRIVEE DE L'INTERACTIVITE

Les problèmes techniques inhérents à la bi-directionalité font que le virage amorcé en 1985 par EQUATORIAL pour la fourniture de services bidirectionnels (baptisés "two way VSAT"), est un échec commercial qui condamne EQUATORIAL à être repris en 1987 par CONTEL-ASC. Beaucoup d'autres suivront : sur la vingtaine de projets "bidirectionnels" surgis outre-Atlantique à partir de 1984, la plupart ont aujourd'hui disparu. CONTEL-ASC elle-même, tombera à son tour en 1989 sous la coupe de GTE SPACENET, l'un des grands opérateurs mondiaux de télécommunication.

Deux autres pionniers célèbres passeront à la trappe : M/A COM repris par HUGHES NETWORK SYSTEM (HNS) en 1987, et TRIDOM repris par AT&T en 1988. HNS devenu l'indiscutable numéro un mondial du secteur, fournit à la fois service et matériels, représentant plus de la moitié des sites VSAT desservis dans le monde. Face à lui, quelques noms subsistent aux USA : principalement GTE-CONTEL, AT&T-TRIDON et le constructeur SCIENTIFIC ATLANTA dernier venu dans le concert du VSAT.

2.3) A QUOI SERT LE SERVICE VSAT

Pour le client, les VSAT bidirectionnels se comparent aux "liaisons spécialisées" et tout dépend du nombre de sites à raccorder et bien sur de leur localisation. Moins spectaculaire dans sa croissance que le VSAT unidirectionnel qui n'a pas de concourants réels, le VSAT bidirectionnel se développe bon an mal an aux Etats-Unis. Certains d'entre eux dépassent allègrement le millier de micro-stations installées : Chrysler (6 000 micro-stations), Farmers Insurance (2 400), K-Mart (2 100), Holiday Corp. (1 700). Ces réseaux sont utilisées pour connecter entre eux :

- soit les ordinateurs qui servent à gérer en temps réel les stocks ou les comptabilités, vérifier les cartes de crédits,...

- soit les collaborateurs de ces entreprises disséminé dans les filiales (par exemple pour la transmission de programme en vidéo, où le patron s'adresse à l'ensemble de ses troupes lors du lancement d'un nouveau produit).

2.4) IMPORTANCE DU VSAT

Bien que relativement limité en terme de marché, le marché VSAT est estimé à un demi milliard de dollar toute prestation confondue, il reste un élément stratégique pour les opérateurs. Les services VSAT concernent essentiellement les grands groupes internationaux pour qui ces services sont une solution parmi d'autres, par contre ils sont, pour l'opérateur, l'occasion d'approcher l'ensemble des dispositifs de télécommunication de ces grands groupes. Les entreprises cherchent par ailleurs, à traiter avec un opérateur unique pour gérer l'ensemble de leurs sites, où qu'ils soient implantés et quelque soit l'ensembles des solutions retenues pour les télécommunications de l'entreprise (VSAT et autres).

2.5) UNE SOLUTION FACE A DES INFRASTRUCTURES TERRESTRES INSUFFISANTES

L'effondrement du mur de Berlin à mis en lumière les besoins en infrastructure de télécommunication des pays de l'Est. Le recours à des solutions de type VSAT y est tout à fait légitime. Onze licences d'exploitation de systèmes "bidirectionnels" ont été accordées en Allemagne. Entre autre à BOSCH-ANT, INFOWARE, et bien entendu à DBP TELEKOM, dont le service DAVID a été lancé en 1990 avec objectif d'atteindre en 1995 le chiffre de 3 000 sites, dont 90 % seraient localisés dans la partie orientale du pays. DAVID est équipé par DORNIER, filiale de DAIMLER-BENZ, à partir de la technologie HUGHES.

2.6) UN PEU DE TECHNIQUE

L'apparition de stations terriennes de petite taille conduit à une structure hiérarchisée où une station maîtresse de grande taille et de forte capacité alimente via le satellite une multitude de stations de petite taille et de faible capacité, formant une configuration étoilée. Cette configuration est par essence asymétrique et n'autorise pas le dialogue direct entre micro-stations. Les communications entre micro-stations nécessitent un double passage par le satellite, puisque gérées par la station maîtresse. Ceci reste sans importance si ce type de trafic est marginal. La puissance de l'amplificateur du satellite limite le nombre de micro-stations. La PIRE minimum au niveau de la micro-station est calculée pour éviter les interférences entre stations au niveau de la réception sur le satellite. La disponibilité du réseau dépend de la station maîtresse qui doit en général être surdimensionnée en taille et en équipement. Il existe deux types de réseaux de micro-stations :

- les réseaux de diffusion où les micro-stations ne peuvent que recevoir des informations en provenance de la station principale. Ces micro-stations ont des antennes de 0,60 m à 1,20 m de diamètre dont le prix varie de 1.000 à 3.000 dollars.

- les réseaux interactifs où les micro-stations disposent d'un faisceau montant leur permettant d'accuser réception des informations en provenance de la station principale. Ces micro-stations ont des antennes de 1,80 m à 2,40 m de diamètre dont le prix varie de 7.000 à 15.000 dollars.

La station principale peut elle-même être partagée entre plusieurs utilisateurs et être gérée par un opérateur (par exemple INTELNET d'INTELSAT). La station principale est connectée le plus souvent par une liaison spécialisée au centre informatique ou au studio de l'utilisateur du réseau. Le prix de liaison spécialisée peut ne pas être négligeable.

2.6.1) Quel diamètre pour une antenne

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte pour déterminer le diamètre optimal d'une antenne au sol. Les conditions météorologiques, et plus spécialement la pluie et la neige, occasionnent parfois de graves perturbations. Ces dégradations temporaires sont en général intégrées dans la conception des systèmes qui garantissent un taux de disponibilité sur une période donnée, par exemple 99% sur un mois avec un tau d'erreur inférieur à 10-7 (Bit Error Rate), ce qui donne quand même sept heure d'interruption mensuelle en cas de perturbation.

La puissance du satellite joue un rôle essentiel en particulier la puissance disponible au sol. Celle-ci sera d'autant plus importante que la zone de couverture du satellite sera étroite. Cette puissance caractérisé par la PIRE est maximum au centre de l'empreinte du faisceau descendant, et diminue quand on se rapproche des bords.

Sur un satellite de type TELECOM-1 ou HISPASAT, la station principale a un diamètre de 3 à 6 mètres pour des débits numériques compris entre 512 kbit/s et 2048 kbit/s, alors que les micro-stations ont un diamètre de 1 à 2,4 mètres pour un débit numérique de 64 kbit/s. La taille de la station principale fait que le plus souvent cette station est partagée entre plusieurs utilisateurs et est exploitée par l'opérateur national de télécommunication.

2.7) FARMERS, UN EXEMPLE D'UTILISATION

Farmers Insurance, basée à Los-Angeles, est la troisième compagnie d'assurances automobiles mondiale. Avec plus de 15.000 personnes, elle gère onze millions de polices. Après une expérience positive de deux ans, Farmers signe en 1985 un contrat de 20 millions de dollars avec Contel-ASC pour 3.000 micro-stations (30% pour cinq ans d'exploitation et 70% d'équipement, soit un peu moins de 5.000 dollars par micro-station). Pour des volumes moins importants, il faut compter de 7.000 à 15.000 dollars pour une micro-station bidirectionnelle dotée d'une antenne de 1,80 m de diamètre. Farmers dispose d'un triple réseau étoilé pour connecter 17 centres régionaux, 170 établissements et 14.000 agents répartis sur le continent nord américain. A l'expiration du contrat initial, le centre informatique de la compagnie californienne est connecté à la station centrale de Contel-ASC pour 2.000 dollars par mois, quant aux micro-stations au nombre de 2.400, elles sont connectées pour environ 100 dollars par mois et par site, soit un peu moins de 3 millions de dollars par an.

2.8) Support du protocole X.25 dans un environnement VSAT

On rencontre deux types de stations dans un système VSAT :

la micro-station qui présente deux interfaces, une interface radio vers le satellite grâce à une antenne de petite taille, et une interface électrique vers les périphériques à connecter.

la station principale qui présente aussi deux interfaces, une interface radio vers le satellite grâce à une antenne de taille plus importante que celle de la micro-station, et une interface électrique vers l'ordinateur central.

Au niveau des interfaces électriques, les stations sont compatibles avec le protocole X.25, par contre coté des interfaces radio, les protocoles utilisés sont propres au constructeur des stations nécessitant une solution homogène coté stations. La figure suivante illustre le principe de fonctionnement d'un réseau VSAT présentant des interfaces compatibles avec le protocole X.25.

PERIPHERIQUE MICRO-STATION STATION ORDINATEUR
PRINCIPALE CENTRAL

+-------+ +-------+
¦ ¦ ¦ ¦
+-------¦ +-------¦
¦ ¦ ¦ ¦
+-------¦ +-------¦
¦ ¦ ¦ ¦
+-------¦ +-------¦
¦ ¦ ¦ ¦
+-------¦ +------------+ +------------+ +-------¦
¦ X.25-3¦ ¦X.25 ¦ * ¦ ¦ * ¦X.25 ¦ ¦ X.25-3¦
+-------¦ +------------¦ +------------¦ +-------¦
¦ LAP-B ¦ ¦LAPB¦ ¦ * ¦ ¦ * ¦ ¦LAPB¦ ¦ LAP-B ¦
+-------¦ +----¦ +-----¦ +-----¦ +----¦ +-------¦
¦ V.24/ ¦ ¦V.24¦ ¦VSAT ¦ ¦HUB ¦ ¦V.24¦ ¦ V.24/ ¦
¦ X.21 ¦ ¦X.21¦ ¦CODEC¦ ¦CODEC¦ ¦X.21¦ ¦ X.21 ¦
+-------+ | +----+ +-----+ +-----+ +----+ | +-------+
+----------+ +---(.........)---+ +----------+
| |
INTERFACE INTERFACE INTERFACE
ELECTRIQUE RADIO ELECTRIQUE

* Protocole du constructeur des stationsFigure-5 X.25 dans un réseau VSAT

Vue des terminaux informatiques, une station offrant une interface de type X.25, agit comme un Equipement Terminal de Circuit de Données (ETCD ou Data Circuit Terminating Equipment DCE). L'ensemble constitué par les stations (terriennes) et le satellite, se comporte comme un réseau privé de commutation de paquets à condition qu'il offre les fonctions de détection et de correction d'erreur, ainsi que les capacités de routage d'un réseau terrestre.

Il est également possible d'utiliser d'autres protocoles, par exemple SDLC/NA. Dans ce cas, les protocoles traversant l'interface électrique entre station et équipements informatiques sont modifiés comme l'illustre la figure suivante. Compte tenu de l'asymétrie du protocole SDLC, les micro-stations jouent le rôle de station SDLC primaire alors que la station principale joue le rôle de secondaire.

PERIPHERIQUE MICRO-STATION STATION ORDINATEUR
PRINCIPALE CENTRAL

+-------+ +-------+
¦ ¦ ¦ ¦
+---|---¦ +---|---¦
¦ | ¦ ¦ | ¦
+---S---¦ +---S---¦
¦ N ¦ ¦ N ¦
+---A---¦ +---A---¦
¦ | ¦ ¦ | ¦
+---|---¦ +------------+ +------------+ +---|---¦
¦ ¦ ¦ * ¦ ¦ * ¦ ¦ ¦
+-------¦ +------------¦ +------------¦ +-------¦
¦ SDLC ¦ ¦SDLC¦ ¦ * ¦ ¦ * ¦ ¦SDLC¦ ¦ SDLC ¦
¦ (sec.)¦ ¦pri.¦ ¦ * ¦ ¦ * ¦ ¦sec.¦ ¦ (pri.)¦
+-------¦ +----¦ +-----¦ +-----¦ +----¦ +-------¦
¦ V.24/ ¦ ¦V.24¦ ¦VSAT ¦ ¦HUB ¦ ¦V.24¦ ¦ V.24/ ¦
¦ X.21 ¦ ¦X.21¦ ¦CODEC¦ ¦CODEC¦ ¦X.21¦ ¦ X.21 ¦
+-------+ | +----+ +-----+ +-----+ +----+ | +-------+
+----------+ +---(.........)---+ +----------+
| |
INTERFACE INTERFACE INTERFACE
ELECTRIQUE RADIO ELECTRIQUE

* Protocole du constructeur des stationsFigure-5 SDLC (SNA) dans un réseau VSAT

2.9) PRODUITS D'ALCATEL TELSPACE

Alcatel Telspace commercialise TDMAX, un système dérivé du système TDMA utilisé par TELECOM-1 et qui devrait être compatible avec le système HISPASAT qui est semblable à TELECOM-1. Une telle solution n'a de sens que si le nombre de stations à connecter est supérieure à six avec un trafic global instantané important (au moins 2 Mb/s). Comme tout système numérique temporel, TDMAX utilise deux types de stations :

la station de référence qui distribue l'horloge aux autres stations. Pour des raisons de sécurité, il faut dupliquer une telle station dans un réseau même privé. En Amérique Latine, il est fort probable que cette station de contrôle sera sous contrôle d'un opérateur à déterminer pour un service à caractère régional.

les stations terminales qui sont installées chez les utilisateurs et qui supportent les flux de données entre utilisateurs.

La station de référence est placée dans le centre de contrôle de l'opérateur du réseau. En fonction des besoins globaux du réseau, des débits numériques de 3 à 50 Mb/s peuvent être utilisés. Si le réseau génère un trafic suffisant, le canal TDMA sera exploité sans partage avec un débit numérique minimisé à moins de 6 Mb/s. Dans le cas contraire, le canal TDMA sera partagé entre plusieurs réseaux. Une telle solution ne peut être envisagée que dans le cadre d'un service offert par un opérateur, situation analogue au service SMS d'EUTELSAT et IBS d'INTELSAT.

Figure-1 Multiplexage en fréquence MRF 2

Figure-2 Multiplexage temporel MRT 2

Figure-3 Principe du système SPADE 4

Figure-4 Principe d'un système AMRT 5

Figure-5 X.25 dans un réseau VSAT 12

Figure-5 SDLC (SNA) dans un réseau VSAT 13

1) COMPLEMENTS SUR LA TECHNOLOGIE SATELLITE 1

1.1) Découpage (ou multiplexage) 1

1.2) Accès aux capacités embarquées 2

1.2.1) Accès Multiple par Répartition en Fréquence 3

1.2.2) Accès Multiple par Répartition dans le Temps 4

1.2.3) Accès Multiple à Répartition par Codes 6

1.3) Affectation de la capacité embarquée 6

2) PETITE HISTOIRE DU VSAT 8

2.1) LA GENESE 8

2.2) ARRIVEE DE L'INTERACTIVITE 8

2.3) A QUOI SERT LE SERVICE VSAT 8

2.4) IMPORTANCE DU VSAT 9

2.5) UNE SOLUTION FACE A DES INFRASTRUCTURES TERRESTRES INSUFFISANTES 9

2.6) UN PEU DE TECHNIQUE 10

2.6.1) Quel diamètre pour une antenne 10

2.7) FARMERS, UN EXEMPLE D'UTILISATION 11

2.8) Support du protocole X.25 dans un environnement VSAT 11

2.9) PRODUITS D'ALCATEL TELSPACE 13

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