TABLE DES MATIERES

1 DEFINITION ET CONTEXTE DES ETUDES 2

1.1 INTRODUCTION - ANTECEDENTS 2

1.2 TERMES DE REFERENCES DE L'ETUDE 5

1.3 GROUPE DE TRAVAIL - METHODOLOGIE 10

2 RESULTATS DES ETUDES 16

2.1 DIAGNOSTIC - ETAT DES LIEUX 16

2.2 RECOMMANDATIONS 35

2.3 DIFFICULTES POSSIBLES - DEPENDANCES -POINTS DE NEGOCIATION 49

2.4 PLAN DE DEVELOPPEMENT 50

2.5 CONSIDERATIONS BUDGETAIRES 53

3 DEFINITION DU PROJET 57

3.1 DEFINITION GENERALE 57

3.2 OBJECTIFS REGIONAUX 58

3.3 OBJECTIFS DE LA CEE 59

3.4 STRATEGIE GLOBALE PROPOSEE 59

4 OBJECTIFS GENERAUX DU PROJET 64

4.1 IMMEDIATS 64

4.2 COURT TERME 65

4.3 MOYEN TERME 66

4.4 LONG TERME 66

5 FAISABILITES DES ACTIONS PROPOSEES 67

5.1 RETOMBEES ECONOMIQUES 67

5.2 LES DIFFERENTES SOLUTIONS AVEC EVALUATIONS 68

1 DEFINITION ET CONTEXTE DES ETUDES

1.1 INTRODUCTION - ANTECEDENTS

Ce document regroupe et fusionne les résultats des études à propos du projet de réseau télématique pour la recherche pour l'Amérique Latine et les Caraïbes (projet REDALC) qui ont fait l'objet de deux contrats proposés, par la Commission des Communautés Européennes, à l'Union Latine, à savoir:

-Contrat avec la DG1, du 12/6/90, " Etude de faisabilité REDALC";

-Avenant au contrat précédent, du 24/4/91, demandé par la DG13, "Etude Argentine et VSAT dans le cadre de l'étude REDALC".

Note sur les partenaire dans l'étude:

Pendant le déroulement de l'étude, en juillet 1991, un nouveau partenaire, l'UNESCO, s'est associé au projet.

L'Unesco a pris en charge, en application d'un contrat spécifique avec la CEE, les points E1 et E4 des annexes techniques du contrat principal (voir ci-après). Ces points concernent plus particulièrement la partie "contenu" du projet de réseau REDALC. La participation de l'Unesco et de son partenaire l'ACAL (Academia de Ciencias de America Latina) à l'atelier REDALC, organisé à Saint-Domingue, en juillet 1991, a permis d'établir une modalité opérationnelle cohérente entre les partenaires de l'étude. Des rencontres fréquentes et une communication permanente ont ensuite permis aux partenaires de maintenir la cohérence et l'homogénéité des différentes études qui, ensembles, représentent l'étude de faisabilité du projet REDALC.

Le résultat des études conduites par l'Unesco est exposé dans un document séparé, produit par l'Unesco et ses propres partenaires.

Note à propos des relations entre les partenaires:

La qualité exceptionnelle des relations professionnelles et institutionnelles qui a été obtenue entre les trois partenaires principaux (la Communauté Européenne, l'Unesco et l'Union Latine) mérite une mention spéciale dans le rapport final.

En effet, les bons rapports établis ont permis de surmonter les problèmes d'organisation occasionnés par l'association tardive d'un nouveau partenaire dans une étude déjà bien avancée. D'autre part, en l'absence de convention préalable entre les institutions en présence, l'Union Latine et l'Unesco ont accepté, chacune de leur côté, le même cadre juridique que celui proposé, par la Commission, à ses prestataires de services. L'inadéquation de ce cadre juridique avec leur caractère respectif d'Organisme International n'a pas représenté d'obstacle majeur pendant le déroulement des études. Bien au contraire, le mode de travail a été caractérisé par une absence de bureaucratie excessive, un rythme extrêmement soutenu, une motivation et un esprit de groupe exceptionnels.

Le responsable scientifique de l'étude, Monsieur Daniel Pimienta, auteur de ce document, tient à rendre hommage aux qualités de professionnalisme et de souplesse intellectuelle de ses partenaires dans l'étude:

Monsieur Jean Pierre Lebrun, de la DG13

Monsieur José Silvio, du CRESALC de l'Unesco.

Leur contribution à l'état d'esprit de dynamisme qui s'est créé pour ces études a été notable. Cela a permis de cimenter le groupe de travail vers un objectif commun, au delà des questions administratives et/ou d'appartenance à un Organisme International. Cet état d'esprit d'efficacité et de cohésion pour la réalisation d'un projet commun a été ressenti par les différents partenaires, leurs personnels, leurs consultants et, probablement, une partie des personnes contactées dans le courant des études.

Ces mentions ne sont pas faites au titre des traditionnels remerciements d'usage, mais parce qu'il s'agit d'éléments qui peuvent concerner les décisions politiques sur le futur de ce projet. Aussi bien l'Union Latine (créateur du projet REDALC) que l'Unesco (responsable pour de nombreuses actions dans la région dans le domaine de l'éducation, la science et la technologie) ont des intérêts propres à défendre dans la région. L'expérience des études a démontré que la conjonction des perspectives des trois Organisations n'était pas un obstacle à la réalisation d'un projet commun dans la région Amérique Latine et Caraïbes; bien au contraire, les études ont bénéficié d'effets de synergie de par cette situation.

Note à propos des opérations menées en marge des études:

En dehors du cadre juridique des contrats établis avec la CEE, mais en parfaite synergie avec le projet global de réseau REDALC, l'Union Latine a conduit un certain nombre d'opérations qui concernent les réseaux de la recherche en Amérique Latine:

-La réalisation d'une étude d'intégration du projet REDALC aux Antilles Françaises.

-La coordination de la conférence électronique permanente REDALC (@FRMOP11.EARN).

-La réalisation d'un logiciel prototype multi-lingue d'interface aux réseaux (MULBRI, Messagerie de l'Union Latine au Bénéfice des Réseaux d'Information).

-L'élaboration d'une méthodologie appropriée pour la création de réseaux pour la recherche dans les pays en développement (Méthodologie REDALC).

-La contribution à la création du réseau péruvien pour la recherche (RCP, Red Cientifica Peruana).

-La coordination générale de la création du réseau dominicain pour la recherche, (REDID, Red Dominicana de Intercambio para el Desarrollo). Cette opération a été effectuée avec la coopération du CRESALC de l'Unesco.

-La coordination d'un premier atelier régional consacré à la formation des utilisateurs des réseaux télématiques pour la recherche. Cette opération, réalisée dans le cadre de la création du réseau dominicain, a été préparée par le CRESALC de l'Unesco. L'Union Latine a servi, avec l'association REDID, de contrepartie nationale à son organisation.

Ces actions ont été utilisées comme prototypes pour de nombreux concepts élaborés pendant ou avant les études, et elles ont donc permis de valider de nombreux résultats des études REDALC. Etant donné leur fort caractère de complémentarité avec le contenu des études demandées par la Communauté, l'Union Latine a décidé d'apporter une valeur ajoutée au document présent en y intégrant le résultat de ces opérations.

Le contexte particulier du projet REDALC (exposé précédemment) justifie cette approche peu traditionnelle où les résultats d'une étude dépassent le cadre des termes de référence du contrat.

Note à propos des pays de l'étude:

Après introduction de l'avenant au contrat, la liste des huit pays concernés par l'étude inclut: l'Argentine, le Brésil, Haïti, le Mexique, le Pérou, la République Dominicaine, l'Uruguay et le Venezuela. Des données concernant les réseaux dans les autres pays de la région ont également été collectées pour compléter le panorama. Il est clair que l'appartenance à cette liste n'implique aucun caractère obligatoire de participation aux éventuelles phases ultérieures du projet REDALC.

1.2 TERMES DE REFERENCES DE L'ETUDE

AVERTISSEMENT: Les deux chapitres qui suivent sont la reproduction exacte des termes de références des contrats passés par la Commission des Communautés Européennes à l'Union Latine.

1 TERMES DE REFERENCE DU CONTRAT PRINCIPAL

1.1 EXPOSE DES MOTIFS

La région Amérique Latine et Caraïbes souffre d'isolement dans les échanges et dans l'accès aux données scientifiques et techniques. Conjugué avec la crise économique croissante, cet état de fait affaiblit les structures de la recherche, déjà insuffisantes dans la plupart des pays de la région. Pourtant, le développement économique des pays et de la région ne pourra assurer ses fondements sans un perfectionnement des méthodes et des domaines de la recherche.

Les initiatives en cours visant à une meilleure intégration régionale dans le domaine de la recherche butent systématiquement sur la faiblesse des possibilités des moyens de communication, et de manière plus spécifique sur l'inexistence d'un réseau de télécommunications régional adapté aux besoins de la recherche.

Le développement des réseaux de transmission de données se poursuit dans la région sans qu'une politique d'ensemble n'ait été mise en place. Le cas particulier de la recherche n'a pas été pris en compte, à l'opposé de ce qui a été fait dans les pays européens. Eu égard à l'expérience acquise dans les domaines concernés, la Communauté peut offrir à cette région du monde l'opportunité de développement de ce type de réseau en y intégrant toutes les disciplines visées: banques et bases de données, télécommunications, standardisation, etc.

La Communauté a, dans le domaine des nouvelles technologies, des intérêts évidents à défendre et à représenter dans cette région du monde.

1.2 LES OBJECTIFS DU PROJET (*)

REDALC est un réseau de transport d'information destiné à intégrer la communauté des chercheurs (universités et/ou centres de recherche) d'Amérique Latine et des Caraïbes.

Cet outil devrait permettre à cette communauté scientifique d'être désenclavée et de participer harmonieusement aux échanges des informations scientifique et technique au niveau mondial.

Ce projet a également pour objectif à court terme de canaliser, à l'intérieur d'un cadre régional, les nombreuses initiatives existantes dans le domaine d'intersection de la recherche et des télécommunications. REDALC prévoit un plan d'intégration régional où ces initiatives pourront s'insérer de manière structurée.

A long terme, le projet a pour objectif d'augmenter le volume des échanges d'information entre la Communauté et cette région. La définition et la mise en oeuvre des standards internationaux de télécommunications permettra à la Communauté européenne de participer activement au développement du marché des services télématiques.

(*) REDALC est défini comme un réseau dédié à la communauté scientifique. Ultérieurement ce réseau pourra être étendu à d'autres communautés.

1.3 PAYS CONCERNES PAR LE PROJET

La vocation de REDALC est de toucher l'ensemble des pays de la région. Il est prévu que REDALC associera, dans sa phase de réalisation initiale, un minimum de cinq Etats, choisis de manière a créer une dynamique.

Pour l'étude de faisabilité, un échantillon homogène et représentatif des régions des Caraïbes, de l'Amérique Centrale, du Pacte Andin et de l'Amérique du Sud est considéré: Brésil, Haïti et République Dominicaine, Mexique, Pérou, Uruguay, Venezuela.

1.4 ETUDES PRELIMINAIRES EXISTANTES

L'Union Latine a exécuté des études préliminaires à objectifs limités visant à mettre en évidence le rôle charnière que pourraient jouer les Antilles françaises d'une part, et l'île d'Hispaniola, d'autre part, pour la mise en place du réseau REDALC.

Ces études préliminaires constituent une bonne base de travail pour l'étude de faisabilité envisagée.

1.5 ANNEXES TECHNIQUES: OBJECTIFS

Les objectifs de l'étude sont divisés en quatre parties qui correspondent aux phases principales de l'étude. Chacune de ces phases sera conclue par un point de contrôle qui pourra éventuellement redéfinir les objectifs ou le contenu des phases ultérieures.

PARTIE 1: Vérifier la faisabilité du projet,

en ce qui concerne les aspects suivants:

-existence d'une infrastructure de qualité suffisante en terme de recherche et télécommunications pour envisager la constitution du réseau;

-possibilité économique d'établissement d'un réseau de transmission inter-régional;

-existence d'interlocuteurs (ou combinaisons d'interlocuteurs) en mesure de gérer le réseau au niveau national;

PARTIE 2: Identifier les solutions techniques possibles:

-pour l'ensemble des pays concernés, individuellement et globalement, déterminer une structure organisationelle qui assure le bon fonctionnement et la pérennité des investissements à réaliser, et qui garantisse la cohésion du réseau au niveau régional;

-élaborer des solutions qui aboutissent à la constitution d'un réseau de transport architecturé selon les normes OSI de l'ISO, qui comporte les fonctionnalités nécessaires pour la recherche, et qui présente un accès facile aux chercheurs. Ces solutions doivent prévoir, dès le début de l'existence du réseau, la création de passerelles avec les réseaux internationaux homologues;

-identifier un ensemble d'applications pilotes, à mettre en oeuvre en même temps que le réseau, favorisant l'intégration régionale des chercheurs et encourageant la coopération entre l'Amérique Latine et l'Europe;

-établir un plan d'intégration régionale pour tout ce qui concerne les réseaux d'information ou les bases de données en relation avec les chercheurs de la région.

PARTIE 3: CHOISIR LA SOLUTION TECHNIQUE ET DEFINIR LE SCHEMA DIRECTEUR

-Etablir les choix, en ce qui concerne, l'architecture du réseau, la structure organisationelle et les applications pilotes;

-pour l'ensemble des pays concernés, individuellement et globalement, établir un schéma directeur du projet.

PARTIE 4: ETABLIR LA CHRONOLOGIE, L'ECHEANCIER ET L'ANALYSE FINANCIERE DU PROJET

1.6 ANNEXES TECHNIQUES: TACHES

E1-Etat de la recherche

Elaboration d'un diagnostic sur l'état de la recherche dans chaque pays, inventaire de l'existant (chercheurs et moyens de recherche, en particulier les bases de données documentaires), identification des facteurs inhibants ou moteurs et des perspectives d'évolution.

E2-Etat de l'informatique et des télécommunications.

Diagnostic sur le contexte général de l'informatique (en particulier les moyens à la disposition des centres de recherche) et des télécommunications (en particulier en ce qui concerne les réseaux de données et les satellites) dans chacun des pays. Recensement des ressources susceptibles d'être mises à la disposition du réseau.

Inventaire de l'existant, identification des facteurs inhibants ou moteurs, et des perspectives d'évolution. Identification des ressources complémentaires nécessaires à l'exécution du projet.

E3-Détermination de la structure organisationelle.

Détermination, en fonction des résultats de E1 et E2, des structures organisationelles nationales et régionales les plus adéquates pour assurer la gestion du réseau. Identification des partenaires et élaboration de propositions de partenariat. Identification des contreparties budgétaires nationales.

E4-Elaboration d'un plan d'intégration régional

Identification des projets existants, ou en cours d'élaboration, de bases de données ou de réseaux d'information qui comportent les caractéristiques (intégration régionale et intérêt général) justifiant leur incorporation au projet en tant qu'applications pilotes. Sélection d'un sous-ensemble destiné à être mis en oeuvre lors de la réalisation du projet. Contacts avec les partenaires et élaboration de propositions de partenariat, définitions des études techniques d'incorporation nécessaires et des modalités à mettre en oeuvre.

Recensement des projets similaires ou connexes existants ou en instance. Définition d'un plan régional cohérent pour l'insertion de ces projets.

E5-Etudes techniques d'architecture de réseau.

Inventaire des réseaux de la recherche existants et analyse critique (en particulier sur le plan des fonctionnalités, de l'hétérogénéité du matériel, et des interfaces utilisateurs).

Identification des besoins génériques des chercheurs en terme de fonctionnalités réseaux. Identification des besoins et des priorités spécifiques aux pays de la région concernée.

Elaboration d'un état de l'art sur les produits conformes aux normes OSI, analyse critique.

Evaluation de l'impact technique et financier de l'introduction du modèle OSI dans l'architecture du réseau.

Elaboration de solutions techniques possibles pour l'architecture du réseau, prenant en compte l'ensemble des paramètres dégagés par l'étude.

E6-Elaboration d'un schéma directeur pour l'implémentation du projet.

Intégration des résultats des études antérieures, conception du projet, évaluation financière, échéancier, documentation, etc...

Définition et implémentation d'un prototype opérationnel représentatif de la future architecture du système.

2 TERMES DE REFERENCE DE L'AVENANT A L'ETUDE: ARGENTINE/ VSAT

2.1 EXPOSE DES MOTIFS

Une étude pour la création d'un réseau pour la recherche dans la région Amérique Latine et Caraïbes est conduite avec le financement de la DG1 et sous le contrôle technique de la DG13 (projet REDALC). Lors d'une réunion de coordination à Bruxelles il a été décidé d'apporter un avenant au contrat en cours pour y intégrer l'Argentine, sur le plan géographique, et la considération de la technologie VSAT, sur le plan technique.

En effet, la Communauté Européenne a signé avec l'Argentine le 8 octobre 1990 un accord cadre de coopération économique et commerciale qui apporte la base légale nécessaire pour l'intégration de l'Argentine dans la liste des pays de l'étude REDALC. De plus, l'étude sur l'Argentine devrait tenir compte du nouveau système de communication par satellite IMPSAT, susceptible d'offrir une alternative pour les réseaux existants ou à venir.

D'autre part, la phase de diagnostic a révélé dans certains pays, principalement, au Mexique et au Brésil, une situation des télécommunications qui présente, d'une part, des difficultés sur le plan de l'accès aux réseaux X25, et, d'autre part, une grande dispersion géographique des utilisateurs finaux. Cela conduit à envisager la technologie VSAT comme une technologie d'appoint aux solutions principales.

La Communauté a, par ailleurs, dans le domaine de cette nouvelle technologie, besoin de faire le bilan des marchés et de ses possibilités de les satisfaire.

2.2 OBJECTIFS DE L'AVENANT A L'ETUDE

PARTIE 1: Introduction de l'Argentine dans l'étude REDALC. Les objectifs de l'étude pour cette partie sont exactement définis dans le contrat de l'étude REDALC.

PARTIE 2: Evaluer techniquement la technologie VSAT comme une alternative complémentaire au développement du réseau REDALC.

PARTIE 3: Faire un bilan de la présence européenne dans la région sur le marché des VSAT.

PARTIE 4: Intégrer les résultats des 3 parties précédentes dans l'étude REDALC.

2.3 TACHES

PARTIE 1: Le contenu de l'étude pour cette partie est exactement défini dans le contrat de l'étude REDALC.

PARTIE 2: Identification des alternatives actuelles et à venir permettant l'utilisation de la technologie VSAT dans le cadre d'un réseau régional pour la recherche. Sélection des critères techniques ou légaux à respecter pour une implémentation basée sur VSAT. Elaboration des solutions d'implémentation d'un réseau à base de VSAT. Evaluation comparative des différentes solutions et sélection de la plus convenable.

PARTIE 3: Identification des vendeurs européens en technologie VSAT. Evaluation du marché régional. Evaluation de la présence européenne sur ce marché.

PARTIE 4: Se référer à l'étude REDALC.

1.3 GROUPE DE TRAVAIL - METHODOLOGIE

1 GROUPE DE TRAVAIL

Un groupe de travail a été mis en place comprenant un bureau central de coordination en Amérique Latine, un bureau européen, à Paris, et des antennes nationales. Des consultants ont été sollicités pour des tâches spécifiques. La coordination de ce groupe dispersé s'est effectuée en utilisant systématiquement les services de courrier électronique (de préférence, ceux offerts par les réseaux de la recherche existants, sinon des réseaux commerciaux).

Bureau de coordination REDALC en République Dominicaine:

Bureau Union Latina/REDALC

Benigno Felomino Rojas, #265

Cuidad Universitaria

Saint-Domingue

Boite Postale locale: APTDO 2972

Boite Postale aux Etats Unis:

POBI N°10248-X 7907 NW 53rd St Miami FL33166

Téléphones: 1 809 689 4973/ 535 6614

Fax: 1 809 535 6614

Télex: 346-0741

Ce bureau centralise toute la correspondance et les documents en relation avec l'étude. Cinq personnes à temps complet y sont employées:

-Pimienta Daniel, coordinateur de l'étude, directeur du bureau REDALC;

-Milva Lee, assistante administrative;

-Cristian Matias, assistant technique;

-une secrétaire et un messager.

Le bureau dispose des équipements suivants:

-une installation informatique comprenant un IBM PS/2 modèle 60, une imprimante, un système de protection électrique et un dispositif de génération électrique de secours utilisant des batteries avec un inverseur 24V/110V;

-trois lignes téléphoniques, dont une dédiée à la communication de données (fax électronique ou réseau);

-une adresse électronique dans EARN: "ULAT-RD@FRMOP11", et, après la création du réseau dominicain une adresse électronique nationale: "ULRD!REDALC@REDID.ORG.DO";

Il est à noter que l'accès au noeud EARN (situé au CNUSC, à Montpellier) est effectué, via Transpac, à partir d'un accès international à TELENET.

-Le fax et le télex du Siège de l'Union Latine sont à la disposition du bureau REDALC.

Le coordinateur de l'étude dispose de deux ordinateurs portables (Toshiba 1600 et Tandon NB/386sx) munis de modems et d'une imprimante portative (Canon BJ-10ex). Il utilise une adresse électronique dans EARN: "ULAT-DP@FRMOP11", et, depuis le lancement du réseau dominicain, en avril 1992, une adresse électronique nationale: "PIMIENTA!DANIEL@REDID.ORG.DO".

Le coordinateur s'est efforcé de se connecter au noeud EARN pendant tous ses déplacements, de façon à pouvoir continuer à coordonner son équipe et à expérimenter les possibilités de réseaux dans chaque pays.

Bureau de coordination REDALC en Europe:

Union Latine/REDALC

14, Bd. Arago, 75013 Paris

téléphone: 1 43 36 14 14

Assistante générale du projet: Sylvia Quenan Fernandez

Avec le concours fréquent du directeur administratif de l'Union Latine, Jean Charles Dévé, et de toute l'équipe du 2ème Programme de l'Union Latine, sous la direction de Daniel Prado.

Correspondants régionaux permanents:

Coordinateur Adjoint à temps complet (jusqu'en février 1992) et correspondant Argentine, Uruguay et Pérou: José Soriano.

A noter que José Soriano a quitté l'Union Latine, en février 1992, pour se consacrer à la gérance du réseau péruvien après avoir joué un rôle central, sous mandat de l'Union Latine, et à l'intérieur du cadre méthodologique REDALC, dans sa création. Les missions pour la création du réseau péruvien ont été financées par l'Union Latine en dehors du budget de la présente étude.

Correspondant pour l'ensemble de la région et en particulier pour le Venezuela: Pablo Liendo, sous contrat à temps partiel. Médecin devenu spécialiste des réseaux avec une vision aiguë vers l'utilisateur final.

Correspondant régionaux sous contrats ponctuels:

Correspondante Brésil: Maria del Carmen de Carvalho, responsable de la coopération internationale à l'IBICT, documentaliste.

Correspondant Pérou: Carlos Saldarriaga, responsable de l'informatique d'une ONG travaillant sur les droits de l'homme.

Correspondant Mexique: Adolfo Dunayevich, consultant en télématique et acteur national pour la création de réseau pour ONGs.

Consultants sur missions ponctuelles:

Marc Boisseau, ingénieur télécommunications, auteur de nombreux ouvrages, en particulier sur la technologie satellite: responsable des études satellites.

Didier Dupuy D'Angeac, consultant en informatique et télécommunications: étude des interfaces utilisateurs.

Patrick Despierres, documentaliste (à mi-temps pendant un an): élaboration d'une base documentaire sur les thèmes abordés.

Michel Jorda, spécialiste réseau et médecin: étude des fonctions avancées dans les réseaux existants.

Jean Marie Burgaud, consultant en économie: étude sur Haïti.

Senaïda Jansen, consultante: coordinateur adjoint dans la phase finale.

Soutien technique et administratif

Le Siège de l'Union Latine à Saint-Domingue et les bureaux de l'Union Latine des pays visités ont été mis à contribution lors des missions sur le terrain.

Note sur le choix des consultants:

Il a été décidé, pour des raisons de déontologie, d'éviter d'employer sous contrat rémunéré des personnes jouant un rôle institutionnel ou opérationnel en relation avec les réseaux existants dans la région.

2 METHODOLOGIE DE TRAVAIL.

Chaque participant à l'étude possède une adresse de courrier électronique dans un réseau pour la recherche ou dans un réseau commercial ou privé. La cohésion du groupe a été assurée par le courrier électronique. En particulier, une conférence électronique privée a été ouverte pour faciliter les échanges internes d'information (REDUL@FRMOP11). De plus, la conférence électronique REDALC, créée par l'Union Latine en 1988, a été utilisée pour collecter l'information existante sur la région et permettre la veille technologique (REDALC@FRMOP11).

Ce mode de travail a été choisi pour trois raisons complémentaires:

-Budgétaire: le courrier électronique est le moyen le plus économique pour coordonner efficacement, c'est à dire avec des interactions quasi quotidiennes, un groupe tellement dispersé.

-Méthodologique: seul le courrier électronique permet de gérer du personnel à distance tout en gardant une mémoire utilisable des échanges. L'ensemble des communications archivées a été réutilisé au moment de la rédaction de ce rapport.

-Expérimentale: le groupe d'étude se met dans la situation préconisée pour la population cible. L'utilisation des réseaux existants a procuré un apprentissage inégalable (bien que souvent douloureux!) des qualités et défauts des réseaux existants et de leur condition d'utilisation dans le contexte latino-américain.

La quantité de courriers électroniques échangés pendant les deux ans d'études est évaluée à plus de 3000 notes, dont 40% internes au groupe REDALC.

Note sur la conférence REDALC:

Cette tribune a été utilisée pendant la durée des études pour diffuser vers les bâtisseurs, administrateurs et utilisateurs de réseaux des éléments de vision à plus long terme et des conseils méthodologiques pour la conduite de leurs projets respectifs. Ce dispositif a été adopté en raison du contraste entre la durée des études et la rapidité des évolutions dans ce domaine de technologie avancée. Cette diffusion contrôlée et mesurée d'information a permis, sans dévoiler les résultats techniques des études, d'éviter le décrochage avec la réalité et avec les changements de la situation sur le terrain. Il faut signaler à ce propos que la conférence REDALC est progressivement devenue un élément de référence régional sur le thème des réseaux.

En règle générale, un voyage, au moins, a été effectué par le coordinateur, dans chacun des huit pays de l'étude, pour apprécier la réalité sur le terrain. Ensuite, le responsable des études s'est efforcé de réduire le nombre et la durée des déplacements, de façon à respecter les délais prévus. Les correspondants nationaux et régionaux ont maintenu le contact entre les contreparties nationales et la coordination.

Atelier REDALC.

Un élément clef du processus de l'étude a été la tenue, à Saint Domingue, d'un atelier de travail, entre le 15 et le 25 juillet 1991. Cet atelier a réuni pratiquement l'ensemble des personnes participant aux études de l'Union Latine (personnel, correspondants, consultants), les partenaires (UNESCO et ACAL), ainsi que des acteurs régionaux du monde des réseaux. Des sessions de travail intenses ont été organisées sur chacun des points de l'étude. Effectué au momeent où la stratégie du projet était sur le point de se formaliser, cet atelier a été un investissement de temps et de budget extrêmement productif, puisque tous les objectifs ont été atteints ou dépassés:

a) Renforcer l'esprit de groupe dans l'équipe de travail. Il faut noter que la grande majorité des personnes de l'équipe ne se connaissait qu'à travers le coordinateur général ou par l'échange de courriers électroniques.

b) Intégrer les nouveaux partenaires (UNESCO et ACAL). C'est probablement le résultat le plus spectaculaire de cet atelier. Les nouveaux partenaires ont su monter dans un train en marche très rapide et s'intégrer au mieux dans la dynamique et le style particulier des études REDALC. Au préalable au déroulement de cet atelier, un "gentleman agreement" a été mis au point entre Messieurs G. Romerio de l'Unesco/PGI et D. Pimienta, de l'Union Latine, déterminant, d'un commun accord, les modalités de coordination entre les deux partenaires des études REDALC. C'est dans ce cadre que Monsieur J. Silvio de l'Unesco/Cresalc a été présenté comme le coordinateur des études conduites par l'Unesco.

c) Confronter les idées pour tester l'état de l'étude. Une symbiose parfaite s'est produite et le mélange des profils et des compétences a provoqué un état de remue-méninge permanent pendant les 10 jours de l'atelier. Les résultats des différents groupe de travail sont consignés dans un document extrêmement dense présenté en annexe 5.2.

d) Recevoir les influences des autres initiatives en cours dans la région et tâcher de donner un contenu concret au concept d'intégration régionale. C'est la seule déception de l'atelier, puisque seule une minorité des invités régionaux sont finalement venus (Argentine et Porto Rico). Cependant, il est certain que le projet, vu son état relatif d'avancement para rapport au contexte régional, a, finalement, plus apporté que reçu une influence sur le plan des idées.

Note méthodologique générale:

Le contenu méthodologique de l'étude, aussi bien que certains éléments de type "principes d'ordre général" ont été distillés vers l'extérieur de manière à entamer un processus de transfert de technologie. En addition à la conférence REDALC, cette démarche informative a été effectuée dans diverses conférences régionales ou mondiales:

-la conférence mondiale sur les réseaux (INET91), à Copenhague, en juin 1991 (voir rapport de mission en annexe 2.3);

-le premier atelier régional sur les réseaux de Rio de Janeiro, en octobre 1991 (voir rapport de mission en annexe 2.4);

-la conférence internationale de O.U.I., à Saint-Domingue, en septembre 1991, (conférence générale de l'Organisation des Universités Inter-américaines, et réunion internationale du CREAD, centre régional de l'éducation à distance),

-la réunion du GULERPE, à Caracas, en février 1992, dispositif qui permet la rencontre d'un groupe d'universitaires de la région travaillant sur la réforme de l'éducation supérieure.

De plus un certain nombre de publications ont été faites pendant la durée de l'étude, avec le même objectif de diffusion restreinte aux principes généraux:

-dans la revue de l'IPAL, la contribution à un numéro spécial sur les réseaux d'information et de la recherche;

-dans la revue internet news, la nouvelle référence internationale en termes de réseaux pour la recherche, l'édition de la partie latino-américaine;

-dans le livre "Calidad Tecnología y Globalización en la Educación Superior Latinoamericana" de l'Unesco/Cresalc, qui regroupe dix-neuf contributions, dont deux en référence avec les principes de l'étude.

Ces actions d'information, conjuguées avec les opérations réalisées par l'Union Latine en marge des études (logiciel MULBRI, réseaux péruvien et dominicain, formation des utilisateurs), permettent d'affirmer que, tout en respectant les restrictions de diffusions à l'extérieur propres à une étude de faisabilité, le groupe de travail a su éviter le risque de conduire une action théorique dont la validité est rendue obsolète par les évolutions sur le terrain.

Pour conclure le chapitre méthodologie, il s'est réellement produit un "effet REDALC" sur le terrain. Cet effort, coordonné entre différents organismes internationaux, a pu préparer le terrain pour l'avenir et donner corps et substance à des concepts fondamentaux tels que:

-la traduction de l'intégration régionale en terme de dispositifs d'exonération pour les télécommunications,

-la nécessité d'établir un squelette régional basé sur la technologie satellite,

-l'importance de la négociation avec les entreprises de télécommunications en vue de l'accompagnement de l'essor des réseaux X25 et de l'accomodation de tarifications avantageuses pour le monde de la recherche,

-le recentrage des réseaux vers l'utilisateur final, en particulier en termes de budget, d'interfaces au réseau, de formation, et de programme de diffusion systématique,

-l'importance du contenu du réseau, en particulier l'intégration des nombreux réseaux d'information existants dans la région,

-l'intégration avec le monde industriel,

-la plus grande importance relative des aspects d'organisation et d'administration dans les réseaux comparés avec ceux de l'installation et l'opération des solutions techniques.

Il serait prétentieux et probablement injuste d'attribuer la paternité exclusive de tous ces concepts au groupe constitué pour les études REDALC. Néanmoins, un travail intense a été produit sur le terrain en ce qui concerne leur diffusion et leur explication pédagogique.

De plus, les opérations menées par l'Union Latine en marge des études ont permis de démontrer la valeur opérationelle de la plupart des concepts grâce à des expériences concrètes sur le terrain.

Pour toute ces raisons, il est possible de considérer qu'une partie de l'effort de transfert de technologie, celle qui touche aux principes et aux méthodes, a déjà été accomplie pendant l'étude. Cela devrait faciliter le démarrage du projet s'il s'avère que la Communauté opte pour poursuivre l'effort présentée.

2 RESULTATS DES ETUDES

2.1 DIAGNOSTIC - ETAT DES LIEUX

1 DIAGNOSTIC SUR LA RECHERCHE

La population totale d'utilisateurs potentiels des réseaux pour la recherche de la région est de l'ordre de 200.000 personnes. Le nombre total de chercheurs par pays varie entre moins de 60.000 (Brésil) et environ 500 (certains pays du bassin caraïbien).

Il s'agit d'estimations approximatives qui tiennent compte de l'acceptation de critères très larges pour la définition du concept de chercheur (du "chercheur susceptible de recevoir un prix Nobel", à l'étudiant en thèse, ou à celui qui travaille dans une ONG à rechercher des solutions alternatives au sous-développement).

Les études effectuées par l'UNESCO ont établi avec le niveau de détail requis les caractéristiques de cette population.

La proportion de chercheurs qui ont, comme cadre de travail de recherche, des institutions académiques (universités ou centres de recherche universitaire) est sensiblement plus faible, en Amérique Latine, que dans les pays industrialisés (une moyenne régionale estimée à 60%, une moyenne par pays variant entre 20% et 80%). Il y a une grande diversité d'institutions susceptibles d'héberger des chercheurs: universités publiques, autonomes, privées, ONGs liées à la recherche (généralement en relation avec le développement), centres de recherche publiques ou privés.

Il y a également une forte dispersion des chercheurs entre les différentes structures, avec un fort degré de multi-emploi, témoin de la précarité des situations.

Les organisations non gouvernementales (ONG) jouent fréquemment un rôle de structure de remplacement pour les chercheurs. Dans les situation de multi-emploi, il est commun de rencontrer le cas où la même personne est chercheur dans une ONG et professeur dans une ou plusieurs universités. La raison pour laquelle le diagnostic s'arrête sur ce point est que la dispersion des chercheurs est un facteur déterminant au moment de considérer les solutions du type organisationnel et/ou technique.

Le facteur de dispersion est la conséquence de phénomènes économiques et politiques historiques (salaires universitaires très bas, destruction de la structure de science et technologie pendant les périodes de dictature). Il y a une forte corrélation entre le facteur de dispersion et le degré d'institutionnalisation académique du pays considéré (le Chili d'aujourd'hui, la Colombie, le Venezuela et, dans une certaine mesure, le Brésil ayant des structures académiques fortes).

La proportion de chercheurs à l'étranger, en particulier dans les pays industrialisés, est très difficile à estimer. Quel que soit le chiffre, cette population doit jouer un rôle clef dans un projet de réseau télématique pour la recherche. L'installation de réseaux stables et performants devrait jouer un rôle d'incitation au retour pour une partie d'entre eux. En effet, une crainte fréquente chez des chercheurs candidats au retour est celle de perdre la facilité d'accès à l'information qui a été gagnée pendant le séjour à l'étranger. D'un autre côté, ceux qui résident et exercent en dehors de leur pays d'origine devraient jouer un rôle fondamental de charnière pour l'établissement de canaux informels de transfert d'information et de technologie entre la région et les pays développés, en particulier européens.

2 DIAGNOSTIC SUR L'INFORMATIQUE

La situation générale du secteur informatique est favorable au développement des réseaux d'ordinateurs. Les ventes de PC de dernière génération (et tout le matériel qui y est associé) montrent une croissance soutenue et il apparait que c'est l'outil le plus utilisé parmi les chercheurs de la région. Les PC compatibles IBM sont les plus répandus; cependant, la proportion de Macintoshs n'est pas négligeable dans le monde universitaire.

Il est certain, toutefois, que dans les universités les plus démunies, il est hors de question de considérer le PC comme un ordinateur "individuel": dans ce cas, l'imagination et l'ingéniosité permettent de concevoir des solutions où le PC est la boite aux lettres partagée par plusieurs utilisateurs qui "mettent leur disquette à la poste" et la retire, vidée du courrier émis, et chargée du courrier reçu.

La seule exception, en ce qui concerne l'utilisation des micros, est notable: au Brésil, où la politique industrielle en informatique a eu comme conséquence un blocage du marché des micro-ordinateurs, les PCs sont rares, et en contrepartie les mini-ordinateurs à stations multiples sont assez répandus. Cependant, la situation brésilienne a commencé à évoluer pendant les études et le retour à une situation plus conforme aux évolutions de l'informatique devrait s'accélérer.

En conclusion, d'une part, il n'y a pas de facteur bloquant à l'essor des réseaux dans la fourniture de matériel informatique; d'autre part, les solutions envisagées doivent s'appuyer sur la base de PCs disponibles.

3 DIAGNOSTIC SUR LES TELECOMMUNICATIONS

La situation générale des télécommunications, est rarement bonne, souvent difficile et parfois critique. Toutefois, les perspectives d'évolution sont bonnes. En renforçant l'amélioration de l'existant et en apportant des solutions complémentaires basées sur la technologie du satellite, il est possible d'obtenir une infrastructure appropriée en faveur du développement national et régional des réseaux télématiques.

- Quelques pays de la région ont une bonne infrastructure de télécommunications (le Chili, le Costa Rica, la République Dominicaine). Dans la plupart des autres pays, l'infrastructure des réseaux téléphoniques est défaillante (centraux de technologie dépassée, saturation des équipements, besoin d'investissements importants). La situation est difficile au Venezuela, critique en Argentine (voir rapport en annexe 1.8), et très critique au Brésil où il est très difficile de prévoir des solutions immédiates à cause de la dimension des investissements nécessaires (voir note en annexe 2.6).

-Les problèmes d'infrastructures ne se rencontrent pas au niveau des réseaux de données mais bien dans les réseaux téléphoniques. La plupart des pays ont des réseaux de paquets très récents et de bonne qualité ou sont sur le point de les installer. Cependant, le mauvais état et/ou la saturation des réseaux téléphoniques constituent un obstacle majeur pour leur utilisation. Cette situation a été clairement identifiée dans les pays et les administrations publiques concernées évaluent diverses solutions.

-Il y a une forte tendance à la privatisation dans le secteur. Les études et les décisions sont lentes mais aboutissent inéluctablement: pendant le déroulement de l'étude, le Mexique, l'Argentine, puis le Venezuela ont connu des prises de participation partielles ou totales dans le secteur des télécommunications (il est à noter qu'une partie significative de celles-ci sont européennes).

- Les réseaux X25 et les systèmes de courrier électronique publics ou privés rencontrent les difficultés habituelles pour développer leurs marchés. On observe que la croissance des services de télécommunications des données est lente. L'absence d'une base suffisante d'utilisateurs et/ou de services freine la croissance du nombre des utilisateurs. Les prestataires de services sont réticents à investir à long terme dans la communication de données, d'autant plus que la demande non satisfaite dans le marché de la voix reste importante et peut apporter des revenus plus rapidement.

La culture télématique reste à faire dans la région et ceci est valable tant pour les utilisateurs que pour les fournisseurs de services. Les clients habituels des réseaux de données et de services ajoutés sont les entreprises internationales ou financières. Il est à noter l'effet indirect de ce phénomène dans la forte utilisation du fax dans le monde commercial et industriel.

Paradoxalement, ce point est à considérer comme favorable à l'essor des réseaux pour la recherche. En effet, la promotion des réseaux télématiques pour la recherche peut et doit apparaître comme un facteur adjuvant à l'essor général des télécommunications de données. Cela pourrait même, à l'extrême, être un facteur essentiel du déblocage de l'effet de poule/oeuf qui freine la croissance du marché télématique (les utilisateurs sont réticents à acheter des clefs d'accès aux services télématiques, vu leur rareté, et les prestataires de services ne sont pas encouragés aux investissements, vu la rareté des clients). Les premiers succès dans les négociations avec des opérateurs de télécommunications témoignent de la validité de l'approche (voir en annexe 5.6 le cas du réseau dominicain). Au moins pour les quelques années à venir, une situation d'intérêt commun, propice à des relations de compréhension réciproque, devrait se maintenir. A noter, qu'à l'inverse, la phase de développement initiale des réseaux pour la recherche dans les pays européens avait été marquée par des relations difficiles entre les deux groupes.

4 DIAGNOSTIC SUR LES SATELLITES

La région bénéficie d'une bonne couverture de satellites internationaux (Intelsat et PanamSat), et depuis quelques années s'y développent des programmes nationaux (au Brésil et au Mexique) et des projets sous-régionaux (Condor du Pacte Andin). Cette couverture est essentiellement la conséquence du marché de la diffusion par télévision (comme c'est le cas du projet européen Hispasat, pour 1992). Cette situation favorise indirectement la transmission de voix et de données car il existe un important potentiel de bande passante non utilisée.

Jusqu'à présent, aucun satellite de la région n'offre une couverture totale sur les pays de l'Amérique Latine et des Caraïbes. Intelsat et PanamSat couvrent le quasi-totalité de la région. Télécom 1 et 2 couvrent une partie de l'Amérique Centrale et les Caraïbes. Hispasat exclura le Brésil (voir annexe 1.4). Brasilsat couvre le Brésil et une partie des pays limitrophes. Le satellite Morelos, du Mexique, couvre seulement ce pays. Il est prévu, pour 1995, le lancement d'un satellite mexicain (Solidaridad) de couverture régionale totale: ce dernier point peut être un élément essentiel du diagnostic et de la solution proposée. A la même date, la société Alpha Lyracom (PanamSat) prévoit une couverture totale du continent américain et de l'Europe.

La technologie VSAT, utilisée dans des systèmes en étoile avec station principale (hub) commence à être diffusée, surtout au Mexique, au Pérou (qui, de plus, possède un transpondeur offert par PanamSat pour être consacré à l'éducation) et en Argentine. Cette technologie représente une nécessité de transition au Brésil et devrait y connaître un développement important.

Dans l'agenda des principales entreprises de lancements de satellites, il est possible de constater le suivi, pour plusieurs années, de la couverture satellite latino-américaine.

La technologie satellite présente l'avantage essentiel de pouvoir être utilisée sans investissements terrestres majeurs. Il est donc probable qu'elle s'imposera dans cette région, et en général, dans toutes régions du monde où la demande de croissance de réseau est grande et où les infrastructures terrestres sont défaillantes. De plus, l'essor des fibres optiques dans le monde industriel, devrait laisser disponible une bonne partie de la bande passante satellite prévue pour les données.

5 DIAGNOSTIC SUR LES RESEAUX EXISTANTS

5.1 DANS LES PAYS INDUSTRIALISES

L'évolution récente des réseaux pour la recherche dans les pays industrialisés se caractérise par:

- La convergence vers l'utilisation du protocole TCP-IP comme passage évolutif à la norme OSI et le développement, en parallèle, des solutions multi-protocoles (voir rapport de mission à l'UIT et celui de la conférence EARN/RARE, annexes 2.1 et 2.2). Un modèle probable dans les prochaines années associera X25 pour les couches basses, les applications de l'OSI (X400, X500, FTAM, etc) pour la couche la plus haute, et TCP-IP dans les couches intermédiaires. A ce propos, il faut noter que cette convergence de fait présente l'avantage, en relâchant les tensions qui existaient sur le front normatif de permettre le transfert de l'intérêt vers les couches applicatives et les applications au dessus.

- Un intérêt croissant pour la mise au point de squelettes régionaux à canaux gigabits et une pression accrue, en particulier aux Etats-Unis, pour la commercialisation du service du transport.

- La persistance des modèles qui associent les universités dans des schémas d'organisation bénéficiant du support financier (partiel) des administrations publiques est challengée par la préoccupation grandissante de la part des opérateurs de télécommunications nationaux pour reprendre le contrôle de la partie transport du réseau et proposer des solutions globales aux réseaux de la recherche. L'apparition de l'internet comme structure de convergence, et en particulier l'évolution vers l'internet du réseau BITNET/EARN, devraient occasionner des mutations importantes dans les années à venir. Ces changements dépasseront nécessairement le plan technique et devront avoir un impact sur les schémas d'organisation. Le débat a déjà commencé aux Etats-Unis et deux tendances s'opposent: celle, "d'idéologie réseau" qui recommande la considération des réseaux comme des autoroutes du savoir, à ouvrir sans péage à toutes les catégories sociales sans but lucratif (secteurs de la recherche, de la santé, de l'éducation, etc...), et celle "d'idéologie libérale" qui préconise la privatisation et la commercialisation des réseaux pour la recherche. Il est à noter que le suppléant du candidat du parti démocrate aux prochaines élections présidentielles, le Sénateur Gore, est justement une personne très active en faveur de la première approche.

- La persistance de l'absence de représentant de l'utilisateur final au moment de la prise des décisions et, par conséquent, l'utilisation d'interfaces utilisateurs obsolètes et une gestion budgétaire orientée vers le transport plutôt que le service,

- La multiplication des passerelles entre réseaux pour la recherche, commerciaux et privés et, par conséquent, l'explosion de la base totale d'utilisateurs interconnectés (estimation de l'ordre de 6 millions d'utilisateurs dans le monde en 1992 à comparer avec une estimation inférieure à 500,000 en 1989). A ce propos, il faut noter, d'une part, la croissance très importante du segment de marché consacré à la vente des dispositifs de conversion de protocoles; et, d'autre part, les prévisions d'une multiplication par quatre entre 1991 et 1996 du marché des messageries (Frost et Sullivan).

Le secteur des réseaux de la recherche est en train de vivre une mutation profonde que l'on peut résumer comme le passage d'un mode de développement conduit par la technologie, à un nouveau mode conduit par le marché.

L'installation de réseaux pour la recherche dans les régions nouvelles doit, de manière impérative, être faite en tenant compte de cette mutation; laquelle va se manifester par le déplacement des investissements (en proportion) des canaux vers les services et la valeur ajoutée (interfaces utilisateurs, banques de données, réseaux d'information). Un autre aspect important est l'interaction qui se produit, grâce à la multiplication des passerelles, entre les réseaux commerciaux et les réseaux de la recherche. Les réseaux commerciaux bénéficient de l'énorme impulsion des réseaux pour la recherche pour accroître leur pénétration dans le marché. Les réseaux pour la recherche devraient, en échange, être amenés à adopter des standards plus professionnels pour leur opération et leur gestion.

5.2 DANS LA REGION AMERIQUE LATINE ET CARAIBES

5.2.1 BILAN DE L'EXISTANT

Le développement des réseaux dans la région, tout particulièrement dans le cas du Brésil, l'Argentine, le Mexique et le Chili, a commencé une croissance modérée à partir de 1987/88. Entre 1990 et 1992, l'intégration d'autres pays s'est accélérée, quoiqu'avec un nombre d'utilisateurs souvent très limité. Aujourd'hui, la proportion moyenne d'utilisateurs qui ont un accès peut être estimée à 20% du potentiel. Le tableau suivant est une approximation de la situation.

PAYS

U T I L I S A T E U R

 

POTENTIELS

 

S E R V I S

 

quantité

%

quantité

Argentine

22000

35

7700

Bolivie

2000

5

100

Brésil

57000

15

8550

Caraïbes

2000

5

100

Chili

8000

40

3200

Colombie

5000

10

500

Costa Rica

2500

40

1000

Cuba

9500

5

475

Equateur

3000

5

150

El Salvador

1000

5

50

Guatemala

1500

5

75

Haïti

500

0

0

Honduras

500

5

25

Mexico

35000

40

14000

Nicaragua

1000

10

100

Panama

1500

5

75

Paraguay

1500

0

0

Pérou

15000

5

750

Porto Rico

3000

80

2400

République Dominicaine

1000

5

50

Uruguay

2500

10

250

Venezuela

9000

15

1350

       

TOTAL

184000

22

40900

Note à propos de la rubrique "Caraïbes":

Pour des raisons pratiques, sont regroupées sous le label "Caraïbes", l'ensemble des îles des Caraïbes à l'exception de celles mentionnées individuellement (Cuba, Haïti, Porto Rico et République Dominicaine). Sont également comptabilisés sous cette rubrique Guyana, la Guyane française, le Surinam et Belize.

Note sur la méthodologie:

Ces chiffres ont été construits à partir de recoupements de sources diverses et non homogènes ainsi que par des sondages sur le terrain. L'intervalle de confiance peut, dans certains cas, être supérieur à 100%. Cependant, la valeur indicative d'ordre de grandeur est correcte. Certains chiffres sont relativement anciens (c'est à dire qu'ils datent du milieu de l'étude!). Enfin, nous n'avons pas pu recouper correctement le chiffre mexicain d'utilisateurs servis qui pourrait être plus surestimé que les autres.

Peu d'effort sont faits, dans le monde des réseaux pour la recherche, pour comptabiliser les utilisateurs. La tradition établie est de compter les noeuds. Cela ne facilite pas le travail statistique étant donné les disparités entre des noeuds qui vont d'un simple micro à des ordinateurs de très grande puissance.

En règle générale, il y a une tendance, bien naturelle, des responsables de réseaux à surestimer le nombre d'utilisateurs servis. La difficulté principale, en ce qui concerne le calcul de la base d'utilisateurs potentiels, est qu'il faut dépasser la stricte définition du chercheur et ouvrir l'accès vers des populations de pseudo-chercheurs. La difficulté majeure, pour ce qui est du calcul des utilisateurs servis, consiste à comptabiliser seulement les utilisateurs qui échangent des messages, en éliminant ceux qui possèdent une adresse électronique mais ne s'en servent pas.

L'établissement correcte de ce système pourrait apporter une base d'utilisateurs actifs de l'ordre de 20,000, ce qui reste un chiffre important, qui témoigne d'une progression remarquable (au moment où l'idée du projet REDALC était conçue, en 1988, le nombre d'utilisateurs actifs était de l'ordre de 2000 et celui des pays connectés de 5!).

Quoiqu'il en soit, le chiffre de 200,000 utilisateurs est une hypothèse correcte de travail pour les études de trafic.

5.2.2 SOLUTIONS TECHNIQUES

Deux types principaux de réseaux cohabitent: BITNET et USENET/UUCP. Les noeuds BITNET, estimés à 100 unités, sont souvent implantés sur des mini ou mini-maxi IBM situés dans des universités, en général privées. Les noeuds UUCP, qui sont généralement implantés dans des PC/386, sont plus dispersés (universités, ONGs, etc...) et se comptent en milliers. L'estimation (très approximative là aussi) des proportions respectives d'utilisateurs est de 75% pour USENET et 25% pour BITNET. Dans les deux cas, l'appartenance à tel réseau se caractérise sur le plan technique par l'adoption d'un protocole de communication (protocole RSCS/RJE pour BITNET et UUCP pour USENET), et sur le plan administratif par l'accomplissement de procédures administratives et financières, qui ne sont pas toujours appliquées dans la région.

Le modèle BITNET a une croissance comparativement plus lente, depuis 1990, que le modèle UUCP/USENET (en noeuds, mais aussi en nombre d'utilisateurs finaux). En plus de son coût initial plus bas, le modèle UUCP est plus facile à installer et plus flexible. Cependant, il est certain que les deux modèles convergeront vers des solutions INTERNET (protocole TCP-IP) pour les interconnexions internationales.

5.2.3 PANORAMA PAR PAYS

Note méthodologique:

Des informations plus détaillées sont consignées dans les rapports par pays (Annexes 2.5 à 2.11). Pour ne pas alourdir la lecture de ce paragraphe les très nombreux sigles n'ont pas été systématiquement explicités.

L'Argentine se caractérise par la variété des solutions:

-RAN (Red Académica Nacional) à partir de l'Université de Buenos-Aires, modèle UUCP;

-Red du SECYT, modèle UUCP;

-SIN (Sistema Integrado Nacional) constitué par plusieurs universités de l'Etat, modèle BITNET qui évolue vers Internet;

-RETINA;

-Il y a quelques noeuds BITNET, tout particulièrement à la CNEA (Comisión de Energía Atómica);

- La Chancellerie a un réseau propre (projet PNUD) à technologie UUCP et permet l'accès à sa sortie internationale (ligne dédiée via satellite vers les Etats-Unis) aux réseaux de la recherche. Cette situation est pratique sur le plan financier pour les réseaux de la recherche; cependant, on peut se rendre compte qu'elle provoque parfois des inquiétudes chez les milieux universitaires peu satisfaits de savoir que leurs courriers électroniques transitent par des ordinateurs de la Chancellerie.

Le modèle UUCP s'est imposé massivement en Argentine et il faut noter un développement important dans le milieu de la santé qui pourrait servir de modèle dans d'autres pays (voir Annexe 4.5).

Le Brésil est un exemple de croissance initiale du bas vers le haut. Cette croissance a été soutenue par l'apport de fonds en provenance de l'Etat de Sao Paulo (plusieurs millions de $ US par an). La complexité des problèmes et la taille du pays ont imposé, par la suite, une vision globale et planifiée, sous la responsabilité des institutions du Conseil de Science et Technologie. C'est ainsi que s'est constituée la RNP (Red Nacional de Pesquisa), sous les auspices du CNPQ (Centro Nacional de Pesquisa).

L'expérience du Brésil peut être considérée comme une expérience au niveau régional à cause de la dimension du pays, de la complexité des télécommunications et de la taille des budgets nécessaires.

Au Mexique, avec peu de coordination, sont nées des solutions différentes: dans l'Université Autonome (UNAM, 400.000 étudiants), au CONACYT, et dans l'ITESM (Instituto Tecnologico de Monterrey), historiquement, le premier noeud BITNET de la région. La proximité des Etats-Unis et la capacité présente en canaux satellites ont permis aux mexicains d'échapper au facteur inhibant que représentent, pour le reste de la région, les coûts de télécommunications. Avec la création récente de la REDMEX, association qui représente la plupart des acteurs institutionnels du domaine des réseaux, la convergence organisationnelle et technique des efforts dans ce domaine est en train d'être réalisée.

Le Mexique est capable de contribuer au développement des autres pays de la région, vu le niveau organisationnel et technique, l'autonomie financière et la capacité technologique propre dans le domaine des télécommunications par satellite. Si l'on y rajoute le rôle central du CONACYT dans la gestion et la diffusion de l'IST sur le plan national, et le prochain lancement d'un satellite à couverture régionale, il apparait clairement que ce pays peut jouer un rôle essentiel dans un projet régional de cette nature.

Le Pérou a commencé très récemment le développement du réseau RCP (Red Científica Peruana) avec un modèle d'organisation directement inspiré de la méthodologie REDALC (voir annexes 5.4 et 5.5) et dans le cadre d'une opération menée sous l'impulsion de l'Union Latine et à laquelle s'est associé le PNUD. Les caractéristiques du modèle sont:

-association autonome de tous les utilisateurs institutionnels avec égalité des droits (universités de l'Etat, privées, Conseil de Science et Technologie, centres de recherche de l'Etat, privés et industriels, ONGs, organisations de l'Etat qui produisent de l'IST);

-représentation de l'utilisateur final dès le début de l'opération;

-soutien économique d'organismes internationaux;

-plans de formation pour les administrateurs et utilisateurs;

-modèle technique: noeuds UUCP évoluant vers Internet, accès X25 national;

Le succès exemplaire du développement du réseau péruvien, après une longue histoire de tentatives infructueuses, est indirectement à mettre à l'actif de l'étude de faisabilité REDALC.

La République Dominicaine représente la seconde opération pilote conduite par l'Union Latine, en marge de l'étude REDALC (voir annexe 5.6). Le réseau a été monté en suivant strictement les principes de la méthodologie REDALC, perfectionnée par l'expérience péruvienne. Le résultat est un développement modèle où tous les objectifs ont été atteints. Le réseau REDID (Red Dominicana de Intercambio para el Desarrollo) a connu trois premières mondiales:

1) L'utilisation sur le terrain du logiciel MULBRI dans sa version UUCP (voir annexe 5.3).

2) La concrétisation des excellentes possibilités de négociation avec les entreprises de télécommunications de Saint-Domingue: le noeud du réseau est une partition logique du système commercial CODEMAIL. L'entreprise Codetel offre la gestion du noeud et la sortie internationale (voir annexe 5.6). L'entreprise All American Cable offre un "Buletin Board System" et organise l'accès aux banques de données nationales. A noter qu'a été obtenu l'accès gratuit au serveur de banques de données scientifiques et techniques QUESTEL de Télésystèmes, cela pour plusieurs mois.

3) L'organisation en juillet 1992 d'un atelier régional consacré spécifiquement à la formation des utilisateurs de réseaux télématiques. Il s'agit d'une première régionale et probablement mondiale organisée conjointement par l'Unesco et l'Union Latine (voir annexe 5.8).

et une première régionale:

-La sortie du trafic vers un pays limitrophe (il est vrai qu'il s'agit de Porto Rico, au statut d'état associé des USA, qui possède une capacité réseau à rendre jaloux de nombreux autres états des Etats-Unis).

Il était prévu d'associer Haïti au développement du réseau dominicain. L'opération s'annonçait sans problème particulier puisqu'aussi bien il suffisait d'installer un PAD X25 en Haïti pour rejoindre le réseau dominicain et que l'accord initial avec l'entreprise Codetel prévoyait cet élément. Les derniers changements dans la situation politique ont rendu le projet caduque. Haïti reste donc, avec le Paraguay et les Antilles françaises, en marge des progrès de réseau dans la région. Il existe toutefois un projet original susceptible d'être lancé prochainement en association avec l'Union Latine et des partenaires de la Martinique. Il s'agirait de former des chercheurs haïtiens en Martinique pour qu'ils puissent eux-mêmes constituer le réseau à leur retour. Il est prévu d'étudier la possibilité d'utiliser la technologie de paquets sur radio (voir annexe 5.7).

L'environnement uruguayen présente peu de difficultés: une seule université (autonome), une concentration remarquable des ressources et des chercheurs, de bonnes relations entre les acteurs institutionnels (l'université de la République, le conseil de science et technologie et les ONGs), et un réseau de paquets de bonne qualité. Le développement a commencé récemment sous ces bons auspices.

Au Venezuela, le développement est dirigé depuis plusieurs années par le CONICIT, et s'insère dans des plans nationaux globaux. Le modèle vénézuélien est particulier à l'intérieur de la région: il était prévu depuis longtemps d'offrir un système national qui inclut le courrier électronique en même temps que l'accès aux banques des données. Pour cela, le CONICIT a construit un réseau X25 dédié à la recherche puisqu'il n'y avait pas de solutions nationales (SAICYT). Le projet a connu des difficultés administratives qui ont provoqué d'important retards. Finalement, le projet a été complété par le système REACCIUN et il y a quelques mois l'essor du réseau vénézuélien a pu commencé; une liaison Internet directe vers le centre John Von Newman des Etats-Unis a été établie et la croissance devrait être rapide vu le travail préalable. Plusieurs raisons font du projet vénézuélien un partenaire privilégié pour l'étude REDALC.

Le Venezuela est l'exemple typique de croissance de réseau globale, planifiée et avec d'importantes ressources sous le contrôle du Conseil de Science et Technologie.

Il est possible de compléter le panorama avec des pays non concernés par l'étude:

-L'Equateur semble vouloir suivre le modèle vénézuelien dans le cadre d'un projet de la BID, quoique d'autres initiatives s'y développent parallélement (projet Bitnet dans le cadre del banco del Pacifico et réalisation d'une opération essaimage UUCP par le PNUD, opération associant des ONGs et des universités-Ecuanex).

-Le Chili est un pays de forte implantation BITNET mais connaît également une croissance des solutions UUCP. Il existe un accord avec la NASA pour la sortie vers les USA du trafic international chilien, et ce pays a tenté de jouer un rôle moteur dans la généralisation des solutions de type Bitnet, au niveau du Cône Sud et de la région.

-La Colombie possède un fort domaine de Science et Technologie (ICFES) qui pourrait être moteur, mais, pour l'instant le réseau RUNCOL existe grâce à l'impulsion de l'Université des Andes et de son noeud Bitnet.

-Le Costa Rica possède un noeud Bitnet très actif et participe également à l'expérience Huracan (voir ci-après).

-Cuba poursuit un développement national rapide, cependant il existe des difficultés pour la sortie extérieure du trafic.

-La Bolivie présente de bonnes probabilités d'entente entre le secteur des télécommunications et le secteur de la recherche. Un réseau initial UUCP a été réalisé dans le cadre d'une opération essaimage du PNUD.

EXPERIENCES SOUS REGIONALES

Il faut également signaler deux expériences sous-régionales très récentes:

-HURACAN en Amérique Centrale qui connecte les utilisateurs de plusieurs pays, à travers leur réseaux X25 respectifs, à un noeud central UUCP, au Costa Rica. D'une certaine manière, HURACAN démontre la validité de l'approche X25 pour l'accès utilisateur, et la non nécessité de multiplier les noeuds de gestion de courrier électronique. Ce projet a été organisé par une agence canadienne de coopération et le PNUD a participé à la phase technique. Il s'agit d'une expérience très démonstrative de certaines options des études REDALC.

-CUNET, projet de l'Université de Porto Rico, avec l'appui financier de l'OEA, pour les Caraïbes anglophones. Des noeuds UUCP d'infrastructure légère sont connectés en étoile vers le réseau du Porto Rico (RACIN), celui-ci se chargeant de la formation du personnel, de l'administration technique et de relayer le trafic vers l'Internet. Le trafic sous-régional qui est établi par réseau commuté est, pour l'instant, financé par l'OEA.

Un certain nombre d'informations plus détaillées sur les réseaux de la région se trouve dans le rapport intermédiaire (annexe 1.2).

5.2.4 TOPOLOGIE DE RESEAU

Généralement il y a des accords (dans le cadre administratif de BITNET, USENET ou INTERNET) avec certaines universités nord-américaines pour canaliser le trafic international de la région. Ces accords se traduisent en la création de connexions à 9600 bps (dédiées ou non), parfois à 19200 bps, et, très rarement, à des vitesses supérieures (voir synthèse des connexions internationales, figure 2).

Il n'y a aucune connexion directe en fonctionnement de la région vers l'Europe. Il existe des projets de connexion vers l'Europe (par exemple, entre Porto Rico et Séville), mais il ne sont pas encore réalisés, au moment de la rédaction de ce rapport. Un projet de liaison EARN vers la métropole, à partir des Antilles françaises, s'enlise, depuis 1988, malgré les nombreux soutiens extérieurs.

La topologie des connexions internationales présente une proportion énorme de liens vers les Etats-Unis et le trafic inter-régional transit majoritairement par ce pays. Cette situation, incohérente en matière de coûts globaux, entraîne une dépendance vis-à-vis de ce pays. Quelques efforts de coordination générale au niveau régional commencent à voir le jour, sans résultat convainquant jusqu'à présent. Des accords sous-régionaux sont en cours de négociation, avec une meilleure chance d'aboutir.

5.2.5 POLITIQUE DE DIFFUSION

Le déficit d'information de la région, une propension culturelle propre aux latino-américains à la communication et l'application effective de la solidarité avec les nouveaux utilisateurs ont entraîné, dans certains pays, une adoption relativement rapide de l'outil, malgré les difficultés rencontrées.

Cependant, il n'a pas été établi, au niveau régional, de politique de diffusion systématique d'accès réseaux vers les utilisateurs finaux. La prise de conscience de cette nécessité commence à peine au niveau national.

5.2.6 FORMATION

En ce qui concerne la formation de techniciens réseau, il existe de nombreuses possibilités et les opérations se montent avec une relative facilité, grâce au soutien manifesté par de nombreux experts, que cela soit au niveau institutionnel (l'université, le plus souvent) ou personnel. La qualité exceptionelle de l'atelier de formation, organisé, à Rio de Janeiro, en 1991, en introduction à l'atelier régional de réseau, témoigne de la qualité de l'offre. D'une certaine manière, l'offre dépasse la demande dans ce domaine. Le nécessaire effort de régionalisation et de systématisation a commencé. Il existe pour le moins deux projets qui vont dans ce sens:

-le projet nord-américain de LASPAU, qui prétend réunir les étudiants en territoire nord-américain, ce qui occasionne un coût réel par étudiant probablement prohibitif pour une solution de masse (voir annexe 4.6);

-le projet "d'école de réseaux" qui réunit des experts de tous les pays dans la structure de l'école de Trieste en Italie. Ce projet propose des sessions de formations dans la région, pour l'instant à Mérida, Venezuela (voir annexe 4.7).

Par contre, en ce qui concerne la formation des utilisateurs de réseaux télématiques, la demande est énorme et l'offre est pratiquement inexistante. Pourtant la formation à l'utilisation des fonctions basiques et avancées des réseaux devrait être un élément essentiel de l'implantation des réseaux. L'Unesco et l'Union Latine ont organisé une première expérience dans le cadre du projet dominicain REDID, et, à travers cette expérience pilote, qui a réuni un corps enseignant de qualité comportant des profils complémentaires, comptent tirer des leçons en vue d'un plan régional (voir annexe 5.8). L'évaluation de cette expérience n'est pas terminée à la date de rédaction du présent rapport. Cependant, il est possible d'avancer à la lecture des évaluations des 75 personnes formées et aux réactions des 15 experts réunis que c'est un succès très prometteur pour le futur.

5.2.7 INTEGRATION REGIONALE

En ce qui concerne la nécessaire intégration régionale, les efforts ont commencé mais la situation est encore confuse. La réunion régionale la plus importante en ce qui concerne les réseaux s'est tenue à Rio de Janeiro, en octobre 1991.

La réunion internationale organisée par l'Unesco, dans le cadre du projet REDALC, s'est d'ailleurs tenue en parallèle avec ce premier atelier régional des réseaux d'Amérique Latine et des Caraïbes, en accord et coordination avec les organisateurs brésiliens.

Au cours de cette réunion, se sont cristallisés un certain nombre d'éléments qui font obstacle à la marche vers l'intégration régionale (voir chapitres 6 et 7). La réunion s'est conclu par l'élection, par les acteurs nationaux présents, d'un groupe de travail comprenant cinq délégués nationaux, avec des objectifs précis à 6 mois. Le calendrier n'a pu être respecté, et le groupe, qui se réunit avec une fréquence bi-mensuelle, a adopté un profil de discrétion sélective qui tranche avec son élection ouverte et mouvementée.

Cette situation est la conséquence logique d'une contradiction fondamentale qui s'est exprimée à Rio de Janeiro. En effet, la conférence de Rio a été financée par de multiples participants (dont l'Union Latine et l'Unesco), mais le principal payeur a été l'OEA. Le représentant de l'OEA a cru devoir publiquement présenter cette conférence comme l'émanation du plan hémisphérique de l'OEA pour les réseaux américains (voir en annexe 4.2). En suivant cette logique, il voulait entraîner tous les participants à considérer que les travaux de la conférence faisaient partie intégrante de ce plan de l'OEA. Cette position, exprimée après trois jours de session, était en contradiction flagrante avec le contenu du texte de convocation (voir en annexe 2.4) qui appelait la fédération des efforts régionaux et internationaux. Cette déclaration contredisait également l'allocution d'introduction de l'organisateur brésilien, qui fut, d'ailleurs, très applaudie. Cette position, peu orthodoxe sur le plan international, était, de toutes façons, inacceptable pour les représentants des autres organismes internationaux présents (PNUD, Union Latine, Unesco, Fundesco, etc) puisqu'elle les mettait en conflit avec leur mandat officiel. Le représentant de l'Union Latine a publiquement réagi et manifesté qu'il ne pouvait, pour des raisons contractuelles vis à vis de la Communauté et également pour des raisons de cohérence vis à vis de son Organisme d'appartenance, accepter que ses interventions dans cette conférence s'inscrivissent dans le cadre du plan de l'OEA.

Le groupe représentant les efforts latino-américains qui s'est formé à Rio, de manière indépendante des agences internationales, s'est donné pour mission la fabrication d'un projet régional et souhaite être une entité régionale de négociation face aux Organismes internationaux. Cependant, les réunions et les travaux de ce groupe sont financés par l'OEA, et cette dernière semble vouloir considérer ce groupe comme l'émanation de sa propre volonté politique. Il y a quelques jours, a eu lieu la seconde conférence internationale sur les réseaux, au Japon (INET92). Le projet REDALC, concentré sur sa tâche de documentation finale, n'y a pas été représenté. Les premiers échos rapportent une organisation parfaite sur le plan international mais une situation plus confuse sur le plan latino-américain. En effet, le responsable officiel du groupe formé à Rio s'est finalement abstenu de venir, semble-t-il pour exprimer son désaccord avec les procédés de l'OEA. D'autre part, le groupe formé à Rio n'a pas apporté les résultats publics qu'il s'était engagé à fournir. Cette situation pourrait avoir pour conséquence de cristalliser les espérances de nombreux acteurs de la région vers la réalisation du projet REDALC.

Quoiqu'il en soit, si le chemin vers l'intégration régionale est complexe et ambiguë, il n'en reste pas moins que les acteurs de réseaux régionaux et internationaux sont mutuellement identifiés et les tâches à effectuer définies, ce qui représente une étape initiale vers l'intégration à ne pas négliger.

Ces épisodes, pas toujours logiques, font probablement partie du nécessaire processus d'apprentissage et il faut donc prendre de la distance et en considérer le résultat positif: globalement, la région avance vers l'intégration.

Il est clair aussi, que dans un domaine d'avant garde aussi transparent que celui des réseaux pour la recherche, la tenue d'une étude approfondie de 24 mois, sous les auspices de la CEE, et avec la collaboration de l'UNESCO, a, malgré la prudence des partenaires, polarisé les espérances, et indirectement cristallisé l'affrontement d'intérêt entre régions industrialisées (voir article de la NASA et réaction en annexe 2.4).

6 RESEAUX D'INFORMATION ET BANQUES DE DONNEES

Les politiques des Conseils de Science et Technologie (politiques nationales) et une activité internationale soutenue (en particulier par l'UNESCO, par la coopération canadienne, et par plusieurs ONGs) ont permis la création de nombreux réseaux d'information et/ou banques de données bibliographiques.

Les développements des réseaux d'information et des réseaux de communication ont été réalisés de manière non concertée, par des acteurs de cultures professionnelles différentes. Il en résulte une barrière réelle entre les deux mondes. Le dialogue indispensable entre les "courrier électroniciens" et les "documentalistes" n'a pas encore commencé. Si la situation ne change pas rapidement, le nécessaire rapprochement sera difficile à obtenir.

A ce propos, un travail important de sensibilisation a été effectué, en marge des études, par l'Union Latine et l'Unesco. Il faut noter, que, pour la journée finale de la conférence de Rio, était prévue une rencontre sur ce thème, dans le cadre de la réunion REDALC/UNESCO. Celle-ci n'a pu se réaliser à la suite de malentendus apparemment administratifs, mais résultant probablement de la situation évoquée au paragraphe précédent.

Un autre fait important sur ce plan est advenu dans la phase finale des études: le degré d'autonomie gagné par le projet Infolac de l'Unesco (voir annexe 4.4). Il faut noter que la structure Infolac a réussi, dans le passé, à fabriquer une communauté d'idées et d'actions entre les documentalistes du secteur de l'IST. De plus, Infolac a suscité la création de plusieurs réseaux d'information, intégrant le secteur ONG et le secteur académique. La nouvelle structure pourrait donc être bien placée pour favoriser le rapprochement entre l'ensemble des partenaires de l'IST. Il faut noter que le Venezuela a pris, pour les deux années qui viennent, la direction d'Infolac et que le secrétaire de cette nouvelle structure est également responsable du réseau vénézuélien au CONICIT. Un nouveau responsable régional du PGI de l'Unesco vient également de prendre ses fonctions. Lorsque la phase naturelle de rééquilibrage sera stabilisée, il conviendra d'examiner la situation pour évaluer les possibilités de partenariat.

A l'heure actuelle, on compte plus de 60 réseaux d'information qui travaillent avec des systèmes de communication archaïques ou très coûteux. L'utilisation des réseaux télématiques pour la recherche pourrait potentialiser ses réseaux. Le document des études de l'Unesco présente chacun de ces réseaux et propose une sélection d'applications pilotes.

Malgré les efforts des fabricants de réseau d'information, la production d'information de la région s'échappe sans contrôle et va alimenter les banques de données des pays industrialisés et la région devra les acquérir dans le futur en devises. Il est indispensable pour la région de participer de manière plus équilibrée aux marchés de la production et de la consommation de l'IST.

7 BUDGETS DISPONIBLES

Les budgets disponibles pour la fabrication des réseaux télématiques pour la recherche sont insuffisants:

- Les vendeurs de matériel informatique ne manifestent pas l'intention de financer les dépenses de télécommunications (comme cela a été le cas dans les pays industrialisés). Cela n'est pas étonnant, car la taille des marchés (sauf le cas particulier du Brésil) ne justifie pas des investissements importants. Des dons de matériel informatique ont été souvent effectués, mais ils n'ont pas entraîné la croissance des réseaux, et parfois le coût en matériel de télécommunications associé à ces donations est supérieur à celui de solutions complètes en technologie appropriée...

- Les gouvernements de la région ne peuvent pas mettre à disposition les fonds nécessaires afin de soutenir le développement des réseaux. Il y a d'autres priorités, à l'intérieur des pays, dans le secteur académique.

- Les Agences Internationales (en particulier l'Unesco) et la coopération bilatérale (surtout canadienne) ont participé à l'essor des réseaux d'information dans la région. Mais, en ce qui concerne les réseaux de transport, s'il y a des éléments de coopération, il n'existe pas de projet régional qui réunisse la vision technique complète et la capacité de financement correspondante.

- La voie de la négociation avec les entreprises de télécommunications commence a être explorée dans certains cas (la Colombie, la République Dominicaine, la Bolivie, le Pérou), mais il n'y a pas encore de méthodologie systématique à vision régionale. Le cas de la République Dominicaine où une entreprise privée offre l'ensemble des éléments de la solution est très prometteur. Cette voie représente un des éléments clefs de la solution (voir annexe 5.6).

Pour conclure sur le chapitre budgétaire, la situation dramatique a très court terme dans laquelle se trouve la plupart des responsables nationaux de réseaux pour régler les factures de télécommunications, conjuguée avec le style d'action de certains des projets en présence, occasionne une perception erronée de ce qu'est la coopération internationale. Il en résulte une certaine confusion peu propice au travail en profondeur et à la participation effective des acteurs en présence. L'effet négatif le plus visible est une faible propension à l'intégration régionale et à la vision à long terme.

En effet, il s'est créé une situation de foire dans la recherche de fonds internationaux où chacun multiplie les contacts pour résoudre ses problèmes immédiats sans qu'il existe une définition préalable d'une politique nationale et régionale et des priorités correspondantes.

Pourtant la solution du problème budgétaire ne devrait pas être inaccessible: Porto Rico a fabriqué en quelques années un réseau modèle avec un investissement de 20 millions de dollars des Etats-Unis. C'est à peu près la somme nécessaire pour mettre en place un squelette de télécommunications régional qui résoudrait définitivement le problème!

8 PROJETS EN COURS

Pendant l'étude de faisabilité, le nombre d'entités porteurs de projets ou de manifestation d'intention de projets concernant les réseaux dans la région a culminé à vingt et un (BID, Fundesco/Clarin, ILET, John Von Neuman Institute, NSF, LASNET, LASPAU, OEA, OPS, PNUD, Quinto Centenario/Unibeur-Info, REDALC, RIO, SIRIAC, UASB, Unesco/PII, Unesco/Orealc, université de Miami, université de Bordeaux, RIO, World Lab). A cette liste il faut rajouter les projets-cadre régionaux en cours (MECCO, Programme Simon Bolivar) et les projets sectoriels ou sous régionaux (OUI, UDUAL, SIAMAZ, etc...).

C'est dire le niveau d'intérêt qui existe pour aider la région dans ce domaine. Cette situation a d'ailleurs pu apporter une certaine perturbation dans le monde des réseaux en créant une fausse impression à propos de l'imminence de l'arrivée de fonds extérieurs destinés à résoudre les problèmes.

Certains projets ont montré une présence effective dans la région.

Un département du PNUD (voir annexe 4.3) a réalisé des actions de type "essaimage" (installation d'un noeud du type UUCP dans des pays sans réseaux et actions de formation pour la gestion technique du noeud). Ces actions ont d'abord été centrées sur le secteur ONG (Alternex/Ibase) puis se sont orientées vers des pays (Equateur, Bolivie, Cuba). L'impact n'a pas été important en terme de croissance du nombre total d'utilisateurs. D'autre part, il s'agit de solutions relativement sommaires face à la problématique complexe du développement des réseaux de la recherche. En effet, la mise au point technique d'un noeud et la formation de personnel technique sont des éléments certes utiles, mais ils ne représentent qu'une fraction infime, et somme toute la plus déterministique, des tâches complexes à réaliser pour monter un réseau télématique (voir l'article sur la méthodologie de développement de réseau en annexe 5.4).

Un acquis indéniable de ces opérations est, grâce à la qualité de leur "marketing", de participer fortement à la sensibilisation régionale. De ce point de vue, l'effet d'essaimage est certain. D'autre part, dans le cadre de ce programme, le PNUD débloque fréquemment des fonds pour aider des acteurs de réseaux à participer aux conférences internationales sur le thème, ce qui contribue indirectement à l'intégration régionale.

L'OEA a un programme afin de favoriser les conditions pour l'émergence d'un réseau inter-universitaire hémisphérique (voir annexe 4.2). Ce programme se manifeste par le transfert direct de fonds aux acteurs des réseaux afin de les mettre en situation de concevoir un projet régional. Le programme a visiblement un contenu beaucoup plus politique que technique. La plus grande partie des fonds (l'enveloppe totale étant relativement faible) est consacrée à financer des voyages et des réunions de certains acteurs télématiques régionaux. Cette méthode a l'avantage politique de séduire individuellement certains acteurs de réseaux, mais son inconvénient principal est l'absence de projet technique. L'OEA participe financièrement à la création du réseau pour les Caraïbes anglaises, CUNET (voir document en annexe 4.8). La qualité technique des exécutants (Université de Porto Rico) laisse augurer de bons résultats pour ce projet.

Si elle ne représente pas un projet, au sens technique du terme, l'action conduite par l'OEA cristallise ce que l'on pourrait qualifier d'intention de solution nord-américaine, puisqu'apparemment elle est appuyée directement ou indirectement par la National Science Fundation et la Nasa.

La BID effectue des actions au niveau national (Equateur, Venezuela), de poids financier assez important (2 MUS$ par action) et plus classique sur le plan coopératif (étude de faisabilité, négociation politique, réalisation).

9 LE DILEMME CULTUREL: TRADITION RESEAUX VS COOPERATION INTERNATIONALE

La tradition, qui s'est implantée dans les pays industrialisés pour le développement des réseaux, est que les experts télématiques des universités qui ont monté ces réseaux se sont constitués en associations où ils continuent à administrer la croissance du réseau et son opération. Le groupe ainsi formé a eu un pouvoir de négociation certain vis-à-vis des fournisseurs de matériel informatique. D'une part, parce qu'ils représentaient un important marché direct, mais plus particulièrement parce que les vendeurs connaissent le pouvoir démultiplicateur sur le marché que possèdent ceux qui forment les cadres de l'industrie et du commerce. En outre, les télématiciens ont su créer des associations solides capables de négocier face à l'administration publique. Ce mode de fonctionnement a eu une série d'avantages techniques et administratifs dans l'histoire du développement des réseaux: il fallait des personnes compétentes et volontaires pour faire émerger et consolider ces réalisations d'avant-garde. Le modèle décrit a été tout à fait approprié pour une phase initiale de développement d'une technologie très avancée.

Cependant, à l'heure où les réseaux se démocratisent, ce modèle, qui se caractérise par l'appartenance de l'outil à ceux qui l'ont fabriqué, et non pas à ceux qui l'utilisent, atteint ses limites. Premièrement, l'absence de l'utilisateur final dans la prise de décision est de moins en moins acceptable. Il est significatif de constater que les réseaux se quantifient en terme de noeuds et de bande passante et non en terme d'utilisateurs et de services! Deuxièmement, la croissance des réseaux s'est effectuée dans le cadre de relations difficiles avec le secteur officiel des télécommunications. Troisièmement, la tendance récente à la commercialisation des services, demande un débat plus ouvert où le technicien ne soit plus le point focal.

Il est probable que, comme dans le cas général de l'évolution de la technologie informatique, les utilisateurs finaux essayent, à court terme, de prendre un peu plus de contrôle. Ceci leur permettra de réorienter la partie de dépenses des budgets vers d'autres points qu'ils considéreront comme plus conformes à leurs besoins (support utilisateur et formation, en particulier).

Il est encore difficile de prévoir l'évolution des réseaux pour la recherche par rapport au contexte général des réseaux de télécommunications. Cependant, il est évident que l'évolution des marchés et de la technologie marque la fin d'une étape de transition, et avec elle, la prédominance des experts télématiques sur la gestion des réseaux.

Ce modèle de développement initial des réseaux dans les pays industriels présente une série d'obstacles pour être appliqué à des pays en voie de développement où il n'est pas possible de retrouver les mêmes sources de financement.

La coopération internationale est la source de financement apte à pallier aux limites du secteur national et privé. Cependant les mécanismes propres à la coopération peuvent entrer en contradiction avec la culture réseau qui est le produit du modèle de développement décrit précédemment.

Les modalités de financement des projets de coopération internationale, qu'ils soient bilatéraux ou multi-latéraux, impliquent des protocoles spécifiques de conduite de projet. Les projets se traitent entre acteurs institutionnels et exigent des études préalables en profondeur. De plus, les fournisseurs de fonds de coopération exigent le plus souvent une part de contrôle dans l'exécution des projets afin de garantir l'emploi de leurs fonds. Ce contrôle se manifeste sous forme d'étapes planifiées et d'évaluations systématiques au passage de chaque étape.

Du point de vue des pays qui reçoivent la coopération internationale, la sélection des projets se fait selon une modalité qui nécessite des circuits de décision spécifiques. Les procédures peuvent être différentes selon les pays, mais, en général, elles impliquent l'intervention de plusieurs ministères.

Dans le cas des projets qui impliquent plusieurs pays à la fois, la situation est, bien entendu, encore plus complexe et la part du pouvoir politique dans les processus de décision est encore plus importante.

Les difficultés de compatibilité entre la culture réseau et la culture coopérative se manifestent sur deux aspects:

1) Le style de dynamique du développement. Les réseaux pour la recherche se sont développés par des efforts orientés du bas vers le haut ("bottom-up"), et ce critère est généralement considéré comme fondamental dans la culture réseau où les réalisations concrètes convainquent mieux que les études théoriques. Par contre, la coopération internationale est régit par des procédures très hiérarchisées du haut vers le bas. Une agence est difficilement disposée à engager des fonds importants sans une étude de faisabilité qui articule le projet, de manière prévisible, à l'intérieur d'un schéma directeur. La difficile expérience de la coopération montre que les échecs trop fréquents ne sont pas dûs à l'excès de méthode mais, au contraire, à une mauvaise gestion du prévisible et de l'imprévisible, c'est-à-dire à une préparation méthodologie insuffisante.

2) Les partenaires de négociation. Les experts télématiques des universités des pays industrialisés négocient directement des budgets pour leurs réseaux avec les interlocuteurs de la société civile: entreprises commerciales, responsables de l'administration publique aussi bien que leurs homologues internationaux. Par contre, la coopération internationale ne reconnaît que des interlocuteurs qualifiés pour les processus de négociation. Rien n'interdit à un technicien d'être "qualifié" interlocuteur d'une Agence, mais le label de qualification est formellement attribué par les autorités politiques et seulement par elles.

La contradiction n'est pas insurmontable. Le processus de qualification est ouvert, et souvent, les partenaires politiques sont disposés a écouter les suggestions des Agences de coopération.

Toutefois, dans le cas du développement des réseaux pour la région, certains acteurs internationaux ont amplifié les risques d'incompatibilité en entretenant des universitaires et des experts télématiciens, qui n'ont pas été officiellement mandatés par les Autorités de leurs pays, avec l'illusion qu'ils avaient un réel pouvoir de négociation avec les Agences Internationales (à l'instar de leurs homologues des pays développés avec les industriels et l'administration publique) .

2.2 RECOMMANDATIONS

Les recommandations sont séparées en deux groupes:

-des recommandations génériques qui représentent les données stratégiques pour le montage du projet. Celles-ci pourraient bénéficier d'une diffusion étendue vers les contreparties nationales et régionales.

-des recommandations spécifiques qui représentent des éléments tactiques pour renforcer les chances de succès ou pour tenir compte du contexte spécifique régional et/ou européen. Ces recommandations sont d'usage interne à la CEE et ne devraient pas être diffusées à l'extérieur.

A- RECOMMANDATIONS GENERIQUES

1 INTEGRATION REGIONALE

Dans le domaine des réseaux pour la recherche, les coûts des systèmes de transmission nationaux, mais surtout internationaux, représentent une barrière pour la croissance. L'intégration régionale est une nécessité impérieuse et urgente pour supprimer cette barrière.

Seule, la concertation entre les Etats de la région pourrait permettre la rationnalisation de la topologie du réseau de la recherche et entraîner de substantielles réductions des coûts globaux. Cette concertation pourrait engendrer des accords régionaux d'exonération d'impôts sur les télécommunications concernant les canaux d'échanges intra-régionaux. Enfin, la concertation devrait permettre la généralisation de structures tarifaires avantageuses pour les réseaux de la recherche sur les réseaux X25 nationaux (pour faciliter l'accès des chercheurs aux noeuds du réseau).

Le projet doit établir les modalités pour faciliter cette concertation. Plus spécifiquement, il est recommandé de susciter l'organisation, dans la phase initiale du projet, d'une conférence régionale des autorités de la recherche, de la science et la technologie et de l'éducation supérieure, à laquelle seraient invitées les autorités des télécommunications.

Le poste budgétaire des coûts de télécommunications est le plus important dans le budget de construction d'un réseau régional; le montant est un réel problème pour les réseaux de la région. Il faut rationnaliser les coûts et optimaliser l'utilisation des ressources, cela peut s'obtenir en augmentant la proportion de liens intra-régionaux dans la topologie du réseau. Une solution définitive au problème des coûts des télécommunications internationale réside dans la création d'un squelette régional de transmission basé sur un des satellites de la région. La région compte avec des satellites propres et d'autres devraient apparaître prochainement. Il n'existe pas de satellite régional ayant une couverture régionale totale, avant le lancement, prévu en 1995, du satellite mexicain Solidaridad. Il est recommandé de proposer des niveaux de solutions intermédiaires, utilisant une combinaison de moyens de transmissions, qui auraient la capacité d'effectuer une migration naturelle vers une solution définitive basée sur un satellite unique.

Le projet doit favoriser la concrétisation d'accords régionaux durables basés sur un agenda d'offre des canaux, de la part des pays de la région qui possèdent des satellites.

La phase préalable du projet doit permettre des négociations avec les autorités du Mexique avec, comme objectif, la mise à la disposition de la région d'un transpondeur dédié aux applications de la recherche. Cette négociation devrait aboutir avant la tenue de la conférence régionale. Dans cette conférence, une charte devrait être adoptée définissant clairement les droits et devoirs des participants ainsi qu'un agenda d'offre de moyens de télécommunications.

Afin de faciliter le chemin vers la nécessaire intégration régionale dans ce domaine, il est indispensable d'encourager la constitution d'un groupe régional représentatif qui inclut tous les acteurs en matière de développement de réseaux: les représentants des conseils de la science et de la technologie, les utilisateurs, les administrateurs de réseaux en activité, les universités, les organismes non gouvernementaux, et également, avec un statut différent, les représentants des autorités des télécommunications, du monde industriel, et des Organismes Internationaux qui participent au développement dans ce domaine.

Il est recommandé de mettre dans l'agenda de la conférence régionale mentionnée, la création d'une structure de type RARE spécialement adaptée aux besoins de la région. Bien entendu, il aura été organisé, au préalable, une force de travail, constituée de tous les acteurs clefs (acteurs de la région, spécialistes de RARE, spécialistes des études REDALC), avec comme mission de produire une proposition de structure.

2 LIEN AVEC LE DEVELOPPEMENT DE LA REGION

Le modèle de développement appliqué dans le monde industrialisé a entraîné des tensions entre le secteur des télécommunications et celui des réseaux pour la recherche. La région Amérique Latine et Caraïbes ne devrait pas suivre la même politique.

Les télécommunications jouent un rôle central dans le développement économique des pays. Le développement des réseaux pour la recherche doit impérativement se faire en concertation ouverte avec le secteur des télécommunications. Il faut convaincre ce dernier que de fortes réductions tarifaires pour les accès aux réseaux de la recherche seraient un investissement crucial, récupéré à moyen terme par l'accélération du développement de leur marché télématique. La recommandation est de créer un fascicule argumentaire à ce propos, appuyé par des démonstrations claires et des exemples concrets.

Le secteur industriel privé devrait aussi participer dans les échanges, sans avantages de tarification, mais d'une façon intégrée. L'investissement de coopération prévu doit aider à augmenter les échanges entre la recherche académique, la recherche menée dans les ONGs et la recherche industrielle. La conférence régionale prévue devrait aboutir à des résolutions concernant ces deux derniers points.

Quelques applications doivent être bâties sur le réseau de transport, dans le cadre du projet, de façon à augmenter les possibilités de la région à l'intérieur du marché croissant de l'information. Les recommandations relatives à cet aspect du projet sont contenues dans le rapport des études connexes conduites par l'Unesco.

3 STRUCTURES D'ADMINISTRATION

3.1 AU NIVEAU NATIONAL

En réponse à la grande dispersion des chercheurs dans la région, et à la difficulté de concentrer des ressources, il est recommandable de monter des structures pluralistes pour la gestion des réseaux. A l'intérieur de celles-ci devraient s'associer les entités concernées: avec statut de membre les universités publiques, autonomes et privées, les ONGs à but non lucratif liées à la recherche, les académies des sciences, les conseils de science et technologie; avec statut d'observateur les représentants des entreprises de télécommunications, de petites et moyennes entreprises du monde industriel et d'Organismes Internationaux qui participent à l'effort.

3.2 AU NIVEAU REGIONAL

Les circonstances particulières décrites dans la partie diagnostic en ce qui concerne les acteurs télématiques de la région et l'influence des projets existants ont empêché l'étude de faisabilité d'aboutir à une formulation précise en ce qui concerne la structure d'administration régionale projetée. La recommandation est donc de conduire, dans une phase préliminaire, un effort concentré qui pourra intégrer trois composantes principales, de façon à pouvoir formuler une proposition adéquate:

-la composante de l'expérience de l'étude,

-celle de l'expérience acquise en Europe avec RARE,

-celle, déterminante, des représentants de la région.

La proposition issue de cet effort devrait être introduite comme point de départ dans la conférence régionale prévue; une décision finale pouvant être arrêtée par les autorités compétentes de la région, à partir des recommandations proposées.

4 MODELE DE RESEAU

Dans cette partie sont exprimées les recommandations conduisant à un modèle de réseau.

4.1 L'UTILISATEUR FINAL

Sont considérés comme utilisateurs finaux du réseau projeté tous les chercheurs de la région, indépendamment de leur organisme de rattachement. La définition d'un "utilisateur de réseau pour la recherche" dépasse largement la définition strictement académique du chercheur. Elle recouvre les groupes suivants:

-chercheurs hautement qualifiés: identifiés en fonction de leur niveau académique, le nombre de publications par année et la quantité de parutions dans "l'indice des citations";

-chercheurs professionnels: caractérisés par leur niveau académique ou de publications et par leur dédication aux activités de recherche;

-assimilés chercheurs: conduisent des activités de recherche, mais n'ont pas nécessairement le niveau universitaire correspondant ou l'occasion de publier de manière régulière ou un poste à temps complet;

-étudiants en doctorat.

Les utilisateurs potentiels en provenance du monde des ONGs doivent être rattachés au réseau projeté, au même titre que ceux du monde académique (quoiqu'il soit concevable de déterminer des modalités tarifaires différentes). Les chercheurs du monde industriel qui ne disposent pas de réseaux privés doivent être invités à participer aux échanges, soit, à partir de réseaux commerciaux, soit en utilisant le réseau projeté avec une tarification à prix de marché (qui pourrait alimenter le budget de gestion du réseau).

Dans le futur, il faudra prévoir l'ouverture progressive des accès au réseau vers d'autres populations qui en respectent le but non lucratif, conformément aux évolutions prévisibles:

-le secteur santé (voir annexe 4.5),

-le secteur éducation (éducation à distance et gestion décentralisée),

-le secteur ONG en général (les agents du développement).

L'orientation fondamentale vers l'utilisateur final du projet doit se manifester de plusieurs manières.

Des programmes systématiques de diffusion de l'outil vers les utilisateurs doivent être mis au point dans les pays visés; ils permettront à la fois de rentabiliser l'investissement et d'amplifier les effets du projet. Une formation adéquate à l'utilisation des moyens télématiques, destinée aux utilisateurs finaux, doit être organisée. La recommandation est de constituer des structures de formation dans chaque pays. Des formateurs seraient eux-mêmes formés dans un centre régional capable ensuite d'apporter un soutien multi-média à distance aux centres nationaux.

Les représentants de l'utilisateur final devraient être présents à toutes les étapes du projet: groupe de contrepartie régionaux et nationaux, groupe de développement, groupe d'administration. Enfin, les résultats du projet doivent être évalués à partir d'enquêtes menées auprès des utilisateurs cibles.

4.2 TERMINAL D'ACCES

Le PC est, à l'heure actuelle, l'outil le plus naturel mis à la disposition des chercheurs. Le projet base sa stratégie sur l'utilisation du courrier électronique, à partir du PC, pour se connecter au réseau puis fabriquer, lire ou archiver les messages. Les connexions avec le noeud sont établies seulement pour envoyer et recevoir les courriers sans que l'utilisateur ait à connaître la complexité du réseau. Cette stratégie doit prendre en compte les systèmes les plus répandus et elle n'exclut pas la possibilité d'accommoder un faible pourcentage des accès à partir de terminaux sans intelligence.

4.3 INTERFACE UTILISATEUR

Il existe un décalage très important entre le niveau moyen des programmes d'interfaces utilisés dans les réseaux pour la recherche et l'état de l'art dans les interfaces PC. Il est encore commun, en particulier sur le réseau BITNET, de rencontrer des interfaces de type commande qui datent des années initiales du développement de ce réseau. La recommandation est de créer un standard d'interface sur PC conforme à l'état de l'art en la matière.

Le programme d'interface à réaliser devra respecter les différences linguistiques, présenter l'accès au réseau de manière cohérente avec les logiciels répandus dans le monde des PCs (éditeur, table de calcul, base de données), encourager la gestion autonome (hors connexion) des courriers et de leur archivage, et, autant que possible, masquer à l'utilisateur la complexité du réseau. Dans ses développements les plus avancés, ce programme devra intégrer les fonctions bureautiques et offrir les fonctionnalités spécifiques au travail en groupe avec dispersion géographique et celles de l'utilisateur en déplacement ou à la maison.

4.4 CONNEXION AU NOEUD

Il est préconisé l'utilisation des réseaux X25 nationaux pour se connecter au noeud. Dans le cas des campus universitaires, l'utilisation des réseaux locaux est recommandée. Dans les cas des pays dont la connexion au réseau X25 est saturée, très coûteuse ou bruyante, les systèmes VSAT, utilisés dans le cadre d'une architecture étoilée à station principale, sont apparus comme une alternative de transition valable économiquement (voir annexe 1.6). De plus cette option pourrait permettre de résoudre le problème des utilisateurs qui se trouvent dans des régions isolées des moyens de télécommunications classiques.

4.5 PROTOCOLES

Le système de communication UUCP est recommandé, pour ses avantages directs et indirects en termes de coûts, tolérance aux bruits, facilité d'installation et de migration, comme un point d'entrée adéquat pour la région. Il faut d'ailleurs noter une tendance à la généralisation de ce choix dans les pays en voie de développement: voir en particulier l'intéressant travail de l'ORSTOM en Afrique avec le projet RIO (annexe 4.1).

L'évolution vers la norme OSI devrait se faire avec une phase intermédiaire qui associe X400 et X500 au niveau applicatif, avec TCP-IP au niveaux intermédiaires, et X25 au niveaux inférieurs.

4.6 CONCEPT D'HYPER-NOEUD

L'architecture recommandée consiste à centraliser, au niveau national, une grande partie des fonctions réseaux. La centralisation des fonctions se fait à l'intérieur d'un objet appelé hyper-noeud de réseau car il cumule plusieurs fonctionnalités. L'hyper-noeud joue le rôle habituel de noeud réseau. De plus, il apporte la fonction de passerelle vers les réseaux pré-existants; permet la gestion centralisée des conférences électroniques; est le lieu de résidence des répertoires électroniques, des banques de données et autres applications; et il est le point central d'écoulement du trafic vers l'étranger.

Les fonctionnalités de l'hyper-noeud sont donc:

1) celle de boîte aux lettres pour un groupe d'utilisateurs finaux:

-support d'accès X25 pour cette population (ou support Hub VSAT dans le cas où cet accès est prévu, et, de même, pour les autres types d'accès prévus);

-stockage du courrier de cette population (sans facilité d'archivage, sauf pour les terminaux non intelligents supportés);

2) gestion centralisée des applications, conférences, banques de données et répertoires d'utilisateurs nationaux, régionaux et internationaux,

-gestion centralisée des utilisateurs inscrits dans des conférences externes au pays, de manière à diminuer sensiblement le trafic international,

-établissement de "miroirs" des conférences les plus utilisées à l'extérieur,

-mise à jour et accès électronique des répertoires.

3) passerelles multi-protocoles vers les sous-réseaux nationaux,

4) passerelles vers les réseaux internationaux,

-site de connexion à la station terrestre du squelette de télécommunications régional TCP-IP maillé (voir connexion au noeud).

Toutes ses fonctions ne sont pas nécessairement cumulées, trois cas sont distingués:

a) Dans les pays vierge en terme de développement réseau, l'hyper-noeud joue le rôle de noeud pour toute la population (fonctions 1, 2 et 4).

b) Dans les pays où il existe déjà une base d'utilisateurs, l'hyper-noeud prend seulement en charge les utilisateurs qui ne sont pas servis par les solutions existantes (fonctions 1, 2, 3 et 4).

c) Dans l'hypothèse où tous les utilisateurs potentiels sont servis par des sous-réseaux nationaux, l'hyper-noeud perd tous les fonctionnalités associées à la fonction noeud de réseau, mais conserve toute la gamme de fonctions restantes prévues (fonctions 2 et 4).

Les avantages de ce concept sont les suivants:

-économiques (minimise les coûts),

-facilité de migration dans le cas d'évolutions normatives,

-facilité d'installation, comme conséquence de la neutralité de la solution (en effet, en terme d'architecture la solution s'intègre dans l'environnement sans modifier l'existant),

-centralisation de la gestion technique du réseau.

Il est recommandé l'installation d'un hyper-noeud par pays, quoique dans certains endroits, comme l'Amérique Centrale ou les Caraïbes, par exemple, il est envisageable de partager un hyper-noeud entre plusieurs pays.

4.7 CONNEXIONS INTERNATIONALES NOEUD A NOEUD

Il est recommandé la construction d'un squelette de télécommunications régional à base de canaux satellites. Les études préliminaires ont démontré la faisabilité financière d'une solution basée sur la disposition d'un transpondeur dédié, dans un satellite de couverture régionale. Il est recommandé d'utiliser un satellite de la région et d'obtenir ce transpondeur comme la contrepartie régionale au projet. Sur le plan technique, il est recommandé une solution de type réseau maillé à technologie TDMF, qui permet d'ajuster dynamiquement la taille des canaux (pour plus de détails voir annexes 1.3 et 1.5).

Le satellite régional susceptible d'apporter l'infrastructure de cette solution n'étant pas disponible immédiatement, une étape préalable doit établir une solution transitoire susceptible de migrer vers ce modèle, d'une manière naturelle et économique.

Dans le cadre de la solution intégrale du réseau maillé, chaque hyper-noeud est une adresse que le réseau reconnaît et qu'il est capable d'adresser automatiquement. Il faut prévoir 2 ou 3 hyper-noeuds virtuels supplémentaires afin de canaliser le trafic qui rentre ou sort du réseau régional, chacun centralisant la sortie vers une région, par exemple Etats-Unis, Europe, Asie.

4.8 APPLICATIONS

Les services habituels seront offerts sur le réseau projeté: le courrier électronique, l'accès à des bases de données et à des conférences électroniques non interactives.

Le service qui offre la possibilité, à travers le réseau, d'être traité comme le terminal d'un noeud éloigné ("remote loggon") mérite une attention particulière. A l'origine, cette fonction a été conçue pour permettre l'accès à des super-ordinateurs éloignés dont la grande capacité de calcul est requise pour effectuer certains travaux scientifiques très gourmands en instructions. Les statistiques témoignent d'un net accroissement de l'utilisation de cette fonction, dans les réseaux des pays industrialisés, au cours des deux dernières années. Cependant, l'analyse dévoile que l'utilisation interactive prolongée de ce service n'est pas faite, dans la plupart des cas, pour utiliser des super calculateurs, mais plutôt pour atteindre des bases de données ou plus simplement des courriers conservés dans un noeud éloigné (comme par exemple, dans le cas du chercheur qui, en voyage, peut consulter son courrier à distance). Le coût indirect de cette utilisation que l'on peut qualifier de "luxueuse" est loin d'être marginal et probablement une facturation des coûts de réseaux à la communication réduirait sensiblement cette utilisation (l'alternative technique est l'utilisation de l'interconnexion des réseaux nationaux X25 qui, elle, est payante).

Le coût de cette fonction dans l'implémentation de l'architecture n'est pas marginal, et, si les inconvénients provoqués par l'utilisation de cette fonction interactive à partir d'un squelette satellite sont maîtrisables, des mécanismes de contrôle devront être mis en place. En particulier, il sera probablement nécessaire de répercuter une partie des coûts vers les utilisateurs pour éviter un engorgement du réseau. Un plan d'utilisation cohérent et organisé de cette fonction doit accompagner l'installation du réseau.

En ce qui concerne la gestion des conférences électroniques non interactives (listes de distribution), le trafic engendré au niveau international représente plus de la moitié du trafic total de courrier électronique. Il est donc recommandé de mettre au point des programmes de gestion optimalisant le flux des messages (l'hyper-noeud maintenant la liste des inscrits aux conférences et répercutant au niveau national le courrier en provenance de la liste reçue en un seul exemplaire par les canaux extérieurs). A noter que le programme Listserv, sous Bitnet, possède cette fonctionnalité mais ce type de gestion se fait au niveau des noeuds (et non pas au niveau national).

Enfin, le projet doit inclure un ensemble d'applications pilotes choisies parmi l'important parc de réseaux d'information que compte la région. En priorité, il faut constituer des répertoires d'utilisateurs (consultables par nom, pays, spécialité), de banques données et d'applications. L'analyse des applications pilotes et le schéma de priorité associé sont présentés dans le rapport final de l'Unesco.

4.9 ADMINISTRATION DU RESEAU

Quatre types de postes sont à prévoir:

1) l'administrateur "orienté gestion", qui organise la gestion administrative et comptable des ressources et des utilisateurs,

2) l'administrateur "orienté utilisateur", qui organise l'animation du réseau, le support de l'utilisateur et sa formation,

3) l'administrateur "orienté télématique", qui veille à l'opération du réseau et prend les dispositions nécessaires pour sa maintenance,

4) l'administrateur des stations satellites, qui veille au bon fonctionnement des stations et en ajuste les paramètres selon les besoins.

Il est fortement recommandé de pourvoir ces postes avec des personnes différentes. Le profil du premier est celui d'un gestionnaire; le second, d'un communicateur (pédagogie et psychologie), à orientation vers le problème et le service; le troisième est celui de l'ingénieur réseau à haute technicité, et à orientation vers la solution et les moyens techniques. Enfin le dernier profil est très spécialisé dans la technique satellite. Pour ce dernier poste, il est recommandé, dans la phase initiale, de maintenir un groupe centralisé avec un budget de mission pour effectuer les contrôles et paramétrages. Lorsque du personnel convenablement formé sera disponible dans les pays, le schéma pourrait évoluer vers un groupe distribué.

4.10 FORMATION

Il existe quatre classes de personnes destinées à recevoir un programme de formation dans le cadre du projet:

1) l'utilisateur final,

2) le personnel de support et de formation de l'utilisateur,

3) le personnel d'opération et maintenance du réseau,

4) le personnel d'opération et maintenance des stations satellites.

On trouve dans la région plusieurs options satisfaisantes pour la formation du personnel télématicien, mais il est à noter l'absence de plans de formation ou de promotion destinés aux utilisateurs potentiels ou actuels des réseaux. En conséquence, la recommandation est de mettre l'accent sur les programmes de formation de formateurs pour l'utilisateur, de formation du personnel de soutien à l'utilisateur (la même personne pouvant cumuler les deux fonctions), et des programmes de promotion/diffusion pour les utilisateurs.

La recommandation globale est de créer une infrastructure de formation à haute technologie de télécommunications (orientation multi-média) ayant la capacité de fournir des prestations locales et éloignées (par l'intermédiaire de moyens de télécommunications). Cette structure devrait être en mesure de former localement des formateurs vers l'utilisateur final, du personnel de support utilisateur, et des techniciens satellites. De plus, cette structure devrait pouvoir appuyer à distance les enseignements prévus localement.

4.10.1 UTILISATEUR FINAL

Il est nécessaire de mettre en marche plusieurs programmes de formation ou promotion pour des populations différentes qui vont de l'utilisateur qui ignore l'existence de l'outil jusqu'à l'utilisateur expérimenté désireux de se perfectionner dans les fonctions avancées. Une approche systématique de diffusion vers l'utilisateur a été étudiée, qui consiste à reconnaître les différents types d'attitudes face à la technologie, à identifier les barrières correspondant à chaque type, et à formuler les grandes lignes d'un programme adapté à chaque type (voir annexe 1.10).

Il est recommandé de former des formateurs dans un centre régional bien doté en moyens télématiques avancés et en moyens multi-média pour l'éducation à distance, de mettre en place des structures de formation nationales, avec un soutien logistique et éducatif à distance à partir du centre régional.

4.10.2 SOUTIEN UTILISATEUR

Le personnel de soutien à l'utilisateur est primordial dans la capacité de croissance du nombre d'utilisateurs des réseaux et de leur satisfaction. Ce personnel recevra une formation, dans le centre régional, assez proche de celle du formateur. La formule consistant à cumuler les fonctions de formateur vers l'utilisateur et de personnel de support est à privilégier, étant données les restrictions budgétaires. Un effort particulier de planification doit être effectué pour être en mesure de disposer d'une quantité suffisante de personnel en fonction de la croissance du trafic. La formule qui consiste à responsabiliser les institutions participantes et à former du personnel qu'elle accepteraient de laisser se consacrer à cette tâche est à encourager.

4.10.3 TECHNICIEN RESEAUX

La recommandation est d'utiliser les structures existantes, en les renforçant et en prenant un certain degré de participation sur leurs orientations générales.

4.10.4 TECHNICIEN SATELLITES

Il s'agit d'un profil très spécialisé et de très haut niveau. L'enseignement devrait être fait dans le centre régional prévu à cet effet. La sélection des candidats est très importante.

4.10.5 DOCUMENTALISTES

Le rôle des documentalistes devrait devenir essentiel dans les phases ultérieures de développement des réseaux. La fusion des compétences du documentaliste et de l'utilisateur avancé des réseaux télématiques (voir fonctions avancées réseaux en annexe 1.9) devra donner naissance à un nouveau profil, crucial dans la gestion de l'IST. Un programme particulier de formation devra être mis au point pour cette population.

4.11 DIFFUSION/PROMOTION

Des programmes systématiques devront être mis en place pour permettre une croissance harmonieuse et contrôlée du nombre d'utilisateur. Le rapport du consultant, déjà mentionné et présenté en annexe 1.10, fournit les éléments stratégiques nécessaires qui sont basés sur l'identification de classes d'utilisateurs à caractéristiques différentes et la détermination d'une stratégie spécifique pour chaque classe. C'est un élément clef pour le succès du projet et la rentabilisation de l'investissement prévu.

B- RECOMMANDATIONS SPECIFIQUES:

1- INTEGRATION REGIONALE

Il existe, dans la région, un certain nombre de projets cadres concernant la science, la technologie et le monde académique:

-Le Programme Simon Bolivar, sous l'impulsion politique du Venezuela, qui vise à l'intégration régionale dans la coopération industrielle, technologique et scientifique.

-Le projet MECCO, de création d'un marché commun de la connaissance, sous l'impulsion de l'Uruguay.

-le Convenio Andrés Bello, pour les pays andins.

-COLOMBUS qui prône "l'excellence" dans les relations entre les universités européennes et celles de la région.

-ERASME, dont l'extension à la région est considérée.

-SIAMAZ, un système d'information pour les universités amazoniques.

De plus, plusieurs organismes protagonistes conduisent des actions visant à l'intégration dans ce domaine: des organismes inter-gouvernementaux comme Unesco/Cresalc, Unesco/Orealc, Unesco/Rostlac, des organismes inter-universitaires comme OUI, UDUAL et UNICA et des ONGs, comme ILET ou CSUCA.

La conférence régionale recommandée pourrait s'insérer dans le cadre de l'un de ces projets cadres régionaux. Une option plus ambitieuse, serait d'inviter ces différents programmes dans un effort "d'intégration des efforts d'intégration".

2-MONTAGE DU PROJET

La formule associant la Communauté, l'Unesco et l'Union Latine a démontré son efficacité pendant l'étude de faisabilité. Les intérêts propres de chaque organisme ne sont pas contradictoires; au contraire, apparait une communion d'intérêts dans les objectifs principaux et une complémentarité dans les capacités.

En ce qui concerne le déroulement du projet, les besoins de disponibilité vont être considérablement accrus par rapport aux études. La formule utilisée pour les études risque d'atteindre ses limites, dans la mesure où les organismes concernés ont plutôt une tradition de préparation, de sous-traitance, et de contrôle que d'exécution directe de projets.

La recommandation spécifique exprimée pour permettre à la fois d'augmenter les chances de succès du projet, en terme de coordination, et de ne pas laisser perturber son parcours par les inconvénients juridiques et procéduriels inévitables lors de l'établissement d'accords inter-institutionnels entre les partenaires, est de confier la coordination de l'ensemble du projet à une structure autonome de type ONG. Cette structure, qui serait créée sous le parrainage des trois partenaires, recevrait comme mission l'exécution du projet, à travers un cahier des charges très précis. Cette ONG rendrait compte, selon un calendrier pré-établi, de l'état d'avancement de ses travaux; par contre, pour le cheminement au quotidien des actions de coordination du projet, elle garderait son autonomie de décision et de manoeuvre, à l'intérieur du cadre défini lors de sa création par les Organismes de parrainage. Cette formule présente l'avantage d'éviter le péril bureaucrate, tout en permettant aux Organismes Internationaux concernés de garder le légitime contrôle des opérations et de l'application des objectifs.

3-PROJETS CONNEXES

Le projet UASB (Université Andina Simon Bolivar) de la CEE (DG8) vise à améliorer les échanges d'information scientifique et technique entre la région Amérique Latine et l'Europe. Ce projet vise la même population et nécessite d'une bon réseau de transport; une coordination entre les deux activités devrait être établi au plus vite.

4-FORMATION

Il faut noter dans ce domaine les atouts particuliers que possède la région Caraïbes du point de vue des infrastructures: la qualité de ses télécommunications, son emplacement géo-politique, et son cadre propice aux séminaires.

Cela est vrai, par exemple, des Antilles françaises:

-il existe, en Guadeloupe, un centre de formation régional aux télécommunications de France Télécom;

-en Martinique, Télésystèmes et la SEMAIR sont sur le point d'unir leurs compétences pour l'implantation d'un centre multi-média destiné à un enseignement de haut niveau (CITCOM).

-les Antilles françaises bénéficient d'un soutien actif de la Communauté dans le domaine des télécommunications (programmes STAR et STRIDE); elles peuvent jouer un rôle de plate forme avancée de l'Europe.

L'étude menée par l'Union Latine en Martinique, avec la SEMAIR comme partenaire, n'a pas conclu positivement sur la faisabilité d'attribuer un rôle actif à cette région en ce qui concerne les aspects techniques du réseau. Par contre, des possibilités très prometteuses existent en ce qui concerne la constitution d'une structure de formation (voir annexe 5.1). La recommandation est donc d'orienter l'application à cette région des prochains programmes STAR/STRIDE dans cette direction.

L'Ecole de Trieste constitue une solution, à coloration européenne, à la formation des techniciens réseaux. Cette structure a eu des difficultés financières qui ont été, semble-t-il, surmontées. Il est recommandé de participer à la consolidation de cette structure afin de l'utiliser comme véhicule pour la formation de techniciens télématiques dans la région.

5- INTERFACE UTILISATEUR

En parallèle avec l'étude de faisabilité, des expériences ont été conduites par l'Union Latine pour la réalisation d'un prototype de logiciel de haut niveau construit sous PC/DOS, MULBRI (voir en annexe 5.3). Ce logiciel rend facile l'accès au réseau, et cohérent avec les habitudes acquises par les utilisateurs de PCs. Il permet de sélectionner la langue de son choix (le travail d'installation des différentes langues est très simple). Grâce à ses caractéristiques, ce logiciel rend possible l'utilisation du réseau au personnel de secrétariat et/ou administratif, du laboratoire de recherche. Enfin, la transparence vis-à-vis des différents types de réseau a été prise en compte (il existe une version sous BITNET et une version sous UUCP avec une présentation à l'utilisateur extrêmement similaire).

Les expériences conduites, à l'intérieur de l'Union Latine, pour la version BITNET, et dans le cadre du réseau dominicain, pour la version UUCP, ont donné des résultats très prometteurs.

La recommandation est donc d'en faire un outil professionnel en apportant les améliorations nécessaires et de poursuivre le développement de ses fonctionnalités pour le mettre en situation d'évoluer vers une situation de standard dans le domaine.

6- APPLICATIONS PILOTES

Il existe plusieurs projets de recensement des chercheurs en Amérique Latine, comme par exemple le projet RIDALC du PNUD.

L'Académie des Sciences d'Amérique Latine (ACAL), institution qui a participé aux études, aux côtés de l'Unesco, conduit des actions de collecte, organisation et diffusion d'information de type répertoire. L'orientation est vers le pragmatique et l'opérationnel. Cet effort devrait servir de base pour la constitution de répertoires intégrés au réseau.

Il est recommandé de suivre les évolutions de la nouvelle structure Infolac. S'il apparait qu'un équilibre est atteint avant l'éventuel démarrage du projet REDALC et que les options entrevues se confirment, cette structure pourrait devenir un partenaire privilégié pour ce projet. En particulier, Infolac pourrait aider à étendre le champ des applications pilotes et contribuer au rapprochement entre les secteurs de la documentation et ceux du courrier électronique.

Dans ce cas, la recommandation serait d'appuyer financièrement cette structure pour rééquilibrer son domaine d'influence et de l'utiliser comme canal privilégié pour les actions stratégiques dans les domaines charnières entre les réseaux télématiques et les réseaux d'information; de plus, il serait souhaitable d'attribuer à Infolac une place d'observateur dans la future structure régionale d'administration de réseau.

7- CHOIX DES PAYS INITIAUX

Il est clair que l'installation du réseau régional doit se faire par étapes. Un noyau de pays devrait être sélectionné pour l'étape pilote. La décision devra répondre à des critères complexes où la partie non technique pourrait jouer un rôle déterminant. Les éléments qui sont présentés ci-après sont essentiellement techniques et doivent seulement être considérés comme des éléments pour aider à une prise de décision.

a) Le Mexique est le pays qui offrira le premier la ressource clef pour monter le squelette régional (le satellite Solidaridad, prévu en 1995, avec une couverture régionale). Il s'agit d'autre part du pays le plus avancé en matière de réseau, susceptible d'être un agent déterminant de coopération sud-sud.

b) Une série de raisons plaident pour la sélection du Brésil:

-sa taille (résoudre le problème brésilien, c'est être en mesure de résoudre le problème régional);

-sa situation critique au niveau des télécommunications et son retard au niveau de l'introduction des PCs ont font un marché à considérer pour la CEE. D'autre part, c'est un endroit idéal pour conduire des expériences pilotes VSAT destinées à résoudre le problème du lien entre le noeud et l'utilisateur.

-sur le plan organisationnel il y a des structures solides; et traditionnellement la recherche est un thème de priorité nationale.

c) La politique menée au Venezuela en ce qui concerne les réseaux offre certaine similitude avec la stratégie présentée dans ce document. Là aussi, il y a une tradition d'intérêt envers le secteur de la science et la technologie, comme peut en témoigner le Programme Simon Bolivar. Il existe un intérêt particulier et une grande réceptivité des responsables du Venezuela envers l'approche REDALC, gage de réussite.

d) La Colombie a un secteur de recherche relativement faible et qui devrait être appelé à une croissance importante dans les années qui viennent.

e) Les Caraïbes jouent un rôle de carrefour en ce qui concerne les télécommunications régionales. C'est aussi un lieu privilégié de rencontre des différent intérêts en présence. Pour cette raison, c'est un candidat possible pour compléter la liste.

f) L'Amérique Centrale connaît un projet sous-régional conforme en de nombreux points avec la stratégie technique proposée (projet Huracan). Il serait intéressant de partir de ce projet pour conduire une opération pilote sous-régionale, avec de bonnes conditions pour connaître le succès.

g) L'Uruguay est un pays qui présente, par sa taille et la concentration de ses structures, les meilleurs garanties de succès pour une opération de ce type.

h) La Bolivie est un pays relativement vierge dans ce domaine qui présente de bonnes chances de succès; en particulier, le secteur officiel des télécommunications paraît réceptif.

i) Le Paraguay est l'un des derniers pays de la région à ne pas avoir commencé son développement réseau pour la recherche.

j) Le fait que la naissance du réseau péruvien ait été inspirée de la "méthodologie REDALC" justifierait d'y poursuivre l'effort.

k) L'Argentine connaît une situation complexe avec une grande multiplicité de solutions.

l) Le Chili est très lié aux intérêts nord-américains dans ce secteur.

m) L'Equateur connaît une grande dispersion de projets, parmi eux un important projet de la BID.

2.3 DIFFICULTES POSSIBLES - DEPENDANCES -POINTS DE NEGOCIATION

La stratégie du projet présente un certain nombre de points plus délicats sur lesquels une attention soutenue doit être apportée.

1- DEPENDANCES/CONTREPARTIES REGIONALES

1.1 Satellite Solidaridad

La stratégie est basée sur l'obtention d'un transpondeur sur le futur satellite régional mexicain Solidaridad (1995). Dans l'hypothèse où cette contrepartie régionale ne pourrait pas être obtenue, il faudra adopter un plan alternatif sur PanamSat ou IntelSat, ou bien mettant en oeuvre une combinaison de satellites (Hispasat, IntelSat, PanamSat). Des études préliminaires ont été faites qui n'ont pas identifié de points bloquants quant à une solution mixte (voir annexes 1.5 et 1.7).

1.2 Décision régionale

Dans l'hypothèse où la volonté d'intégration régionale ne pourrait se traduire en actes (conférence régionale impossible ou résultat négatif de la conférence), la stratégie de rechange serait d'établir un consensus avec un nombre restreint de pays. Dans l'hypothèse où cela ne pourrait pas être obtenu, cela devrait être considéré comme un facteur bloquant.

1.3 Schéma de gestion régional

Dans l'hypothèse où il ne serait pas possible d'obtenir un consensus sur la forme et le contenu de la structure régionale adapté de RARE, la stratégie de rechange serait d'établir un consensus avec un nombre restreint de pays. Dans l'hypothèse où cela ne pourrait pas être obtenu, cela devrait également être considéré comme un facteur bloquant.

2 CHEMIN DE MIGRATION

La stratégie est basée sur la migration d'un squelette régional embryonnaire installé sur des liaisons satellites point à point vers un squelette TCP-IP réseau maillé. Le chemin de migration doit impérativement préserver les investissements initiaux. Les études ont conclu à la faisabilité sur ce point; cependant une attention particulière doit être maintenue, en particulier dans la phase préliminaire prévue. Ce point fait partie du cahier des charges de l'étude préliminaire satellite (voir annexe 1.7).

3 TECHNOLOGIE EUROPEENNE SATELLITE

Il est indéniable qu'au moment de l'étude, les produits originaux de technologie satellite (lancement mis à part) ne sont pas nombreux chez les entreprises de la Communauté. Cette situation s'explique par des raisons évidentes, qui tiennent à la nature du marché européen des télécommunications. Les nouveaux marchés des pays de l'Est et l'évolution naturelle du marché des télécommunications sont des facteurs qui devrait encourager l'amélioration de la capacité technologique des entreprises européennes, dans ce domaine. Il n'en reste pas moins que la probabilité de compter sur du matériel terrestre de réception satellite, conçu en Europe, pour 1995, est relativement faible. Quoiqu'il en soit, les enjeux globaux sont tels que cela ne devrait pas être un facteur bloquant.

2.4 PLAN DE DEVELOPPEMENT

Le projet prévoit 3 phases principales séparées par des points de contrôle et d'évaluation:

-une phase préliminaire de 9 mois,

-une phase pilote de 2 ans,

-une phase d'extension de 9 mois.

La phase d'extension nécessaire pour l'élargissement du projet à l'ensemble des pays de la région est laissée en dehors du plan proposé.

1 PHASE PRELIMINAIRE (9 mois)

1.1 OBJECTIF:

Mettre en place l'ensemble des conditions pour permettre le développement du projet, tant sur le plan politique, organisationnel que de contrôle budgétaire et technologique.

1.2 TACHES/ETAPES

T1- Préparation au développement des applications pilotes

T11: Intégration des études Union Latine et Unesco.

T12: Evaluation de l'implémentation des applications pilotes retenues.

T13: Debriefing

T2- Définition d'un cadre juridique d'action entre les partenaires de l'étude. Proposition juridique pour l'ONG REDALC.

T21: Etablissement d'une proposition conjointe.

T22: Négociation politique.

T23: Signature d'un protocole d'accord. Formation ONG REDALC.

T3- Définition d'une structure inspirée de RARE adaptée aux besoins de la région.

T31: Préparation.

T32: Réunions avec spécialistes RARE.

T32: Elaboration proposition de départ.

T34: Convocation réunion avec contreparties régionales.

T35: Réunion régionale, établissement d'une proposition finale à soumettre à la conférence régionale.

T4- Définition des paramètres définitifs de la solution squelette régional satellite.

T41: Briefing du consultant.

T42: Etude technique.

T43: Débriefing.

T5- Organisation de la Conférence Régionale sur les réseaux.

T51: Préparation.

T52: Convocation.

T53: Conférence.

T6- Phase politique et organisationelle

T61:Définition des pays concernés par la phase pilote.

1.3 CHRONOLOGIE DES TACHES:

Le chronogramme suivant fait référence aux tâches précedemment définies (Ti) et aux étapes prévues (Tij) dans le cadre de chaque tâche Ti.

Légende: le chiffre "j"' évoque l'étape Tij définie précedemment, et le nombre de caractère représente la durée de l'étape (un caractère = une semaine); ainsi à la ligne T1, "3" représente l'étape T13 dont la durée prévue est de 1 semaine.

MOIS >

1

2

3

4

5

6

7

8

9

DUREE

TACHESv

'

'

'

'

'

'

'

'

'

TOTALE

T1:

1

2222

22

   

3

     

8 sem

T2:

   

11

 

2

     

3

4 sem.

T3:

112

 

2

334

4

   

5

 

9 sem.

T4:

   

1

2222

2222

22

3

   

12 sem

T5:

     

1

2

22

   

3

5 sem.

T6:

           

111

111

11

8 sem.

DUREE TOTALE

46 sem.

II PHASE PILOTE (2 ans)

2.1 OBJECTIF

Mettre en place l'infrastructure complète du réseau régional dans 3 pays (ou éventuellement 2 pays et une sous-région).

Il est à noter que pendant cette phase le satellite à couverture régionale ne sera pas encore en place (dans l'hypothèse d'un démarrage du projet avant fin 1993). Il sera établi des liaisons point à point et une migration de la solution sera effectuée à la phase postérieure vers le squelette installé sur réseau maillé.

2.2 TACHES

2.2.1 TACHES RESEAU

-Installation des hyper-noeuds et de leur connexions.

-Développement du logiciel MULBRI.

-Installation des stations terrestres du squelette satellite.

-Paramétrisation des stations terrestres.

2.2.2 ADMINISTRATION

-Mise en route de la structure d'administration régionale.

-Soutien à la rédaction de la charte et des accords régionaux.

2.2.3 FORMATION/DIFFUSION

-Création d'une infrastructure régionale de formation.

-Mise au point des programmes de formation utilisateurs et d'un plan régional.

-Sélection des candidats pour la formation à l'utilisation.

-Formation de formateurs pour l'utilisation et le soutien à l'utilisateur (prévoir un maximum de 30 personnes).

-Assistance pour la création des centres nationaux de formation à l'utilisation.

-Mise au point de l'appui à distance à partir de l'infrastructure régionale pour la formation à l'utilisation.

-Formation des techniciens satellites (prévoir un maximum de 12 personnes).

-Appui logistique et participation à la structure de formation des techniciens.

-Distribution et gestion des bourses de formation technique.

2.2.4 APPLICATIONS PILOTES.

-Voir étude Unesco.

2.3 CHRONOLOGIE DES TACHES

Elle sera établi par la phase préliminaire.

III PHASE D'EXTENSION (9 mois)

3.1 OBJECTIFS

-Migration vers le squelette régional TCP-IP sur réseau satellite maillé.

-Intégration de deux nouveaux pays.

-Elaboration du bilan de l'opération et d'un plan d'élargissement autonome.

3.2 TACHES ET CHRONOLOGIE DES TACHES

Elles seront établis par la phase pilote.

2.5 CONSIDERATIONS BUDGETAIRES

BUDGET GLOBAL PROJET REDALC (PHASES 1 A 3)

I CONTEXTE BUDGETAIRE

DUREE: 3 ANS ET 6 MOIS

 

UNITE MONETAIRE: ECU

PHASE PRELIMINAIRE:

9 MOIS

 

PHASE PILOTE:

3 PAYS

2 ANS

PHASE EXTENSION:

3 PAYS

9 MOIS

PHASE D'ELARGISSEMENT:

NON INCLU

 

CONTREPARTIE REGIONALE: CANAUX SATELLITES, TRANSPONDEUR

CONTREPARTIES NATIONALES: NON DEFINIES

NON INCLU AU BUDGET: MATERIEL SQUELETTE PHASE D'EXTENSION

UN BUREAU REGIONAL

UN BUREAU EUROPEEN

UN BUREAU NATIONAL PAR PAYS

Des éléments de contrepartie budgétaire nationales pourraient réduire le coût global, par exemple, au niveau de la coordination. Les coûts de matériel terrestre associés à la phase d'extension sont mentionnés à titre indicatif, mais ne sont pas inclus au budget.

Le coût de la phase préliminaire n'est pas détaillé dans le budget; il est inclu dans les coûts de coordination. L'envellope budgétaire pour la phase préliminaire est estimée à 3 mois de coordination à temps plein (en comptant uniquement le bureau régional, le bureau européen et l'expertise associée). C'est pour cette raison que les coûts du bureau de coordination et de l'expertise sont calculés sur la base de 3 ans (3 mois plus 2 ans plus 9 mois). Le budget spécifique à la phase préliminaire est donc de (290,400+125,000+234,000)x3/12 = 162,350 écus.

 

Cout

Unitaire

Frais Fixes

Temps Trav.

Valeur Annuelle

Nb Annee

Valeur

Totale

POSTE 1: COORDINATION/OPERATION/ADMINISTRATION

BUREAU REGIONAL

Coordinateur projet

10000

 

1

130000

3

390000

Coordinateur adjoint

5000

 

1

65000

3

195000

Assistant administratif

1500

 

1

19500

3

58500

Assistant technique

1500

 

1

19500

3

58500

Secrétaire

800

 

1

10400

3

31200

Frais généraux

3000

10000

 

46000

3

118000

Missions

 

25000

 

25000

3

75000

TOTAL BUREAU REGIONAL

290400

926200

BUREAU EUROPEEN

Correspondant Europe

3000

 

1

39000

3

117000

Adjoint

2500

 

1

32500

3

97500

Secrétaire

1500

 

1

19500

3

58500

Frais généraux

2000

10000

 

34000

3

82000

Missions

 

10000

 

10000

3

30000

TOTAL BUREAU EUROPEEN

125000

385000

BUREAU NATIONAL

Correspondant national

2500

 

1

32500

   

Adjoint

2000

 

1

26000

   

Secrétaire

1000

 

1

13000

   

Frais généraux

1500

10000

 

28000

   

Missions

 

10000

 

10000

   

TOTAL BUREAU NATIONAL

99500

 

TOTAL BUREAUX NATIONAUX PHASE PILOTE

     

3 PAYS / 2 ANS ET 6 MOIS

295800

2.5

746250

TOTAL BUREAUX NATIONAUX PHASE EXTENSION

     

3 PAYS / 6 MOIS

295800

.5

149250

TOTAL POSTE 1 COORDINATION/OPERATION/ADMINISTRATION

2206700

POSTE 2 EXPERTISE

Expert satellite

10000

 

1

130000

3

390000

Provision consultants

 

100000

     

100000

Missions

 

5000

 

5000

3

15000

Expert formation

8000

 

1

104000

3

312000

Provision consultants

 

100000

     

100000

Missions

 

5000

 

5000

3

15000

Expert télématique

8000

 

.50

52000

3

78000

Provision consultants

 

100000

     

100000

Missions

 

5000

 

5000

3

15000

TOTAL POSTE 2 EXPERTISE

234000

1125000

POSTE 3: MATERIEL/LOGICIEL/PRESTATIONS PHASE PILOTE

Réalisation logiciel interface utilisateur

1000000

Stations terrestres satellites (3 mini Hub SCPC)

900000

Noeuds de communication (3)

200000

Système VSAT: 1 mini HUB/Ku + 20 Micro stations

600000

Budget formation utilisateur et diffusion

600000

Budget formation technicien satellites

200000

Budget formation technicien réseau

200000

Organisation réunion RARE/REDALC

80000

Organisation Conférence régionale

150000

Budget lancement structure administration

100000

TOTAL POSTE 3: MATERIEL/LOGICIEL/PRESTATIONS

4030000

TOTAL POSTE 4: APPLICATIONS PILOTES (voir Etude Unesco)

1500000

TOTAL GENERAL

8,861,700 ECUS*

III ANALYSES BUDGETAIRES

1- ANALYSE DES DEPENSES PAR POSTE

PERSONNEL DE COORDINATION/ADMINISTRATION:

21%

1856700

VOYAGES/PER DIEM:

2%

150000

MATERIEL:

19%

1700000

PRESTATIONS:

39%

3410000

FRAIS GENERAUX:

2%

200000

APPLICATIONS PILOTES

17%

1500000

 

100%

8816700

2- ANALYSE DES DEPENSES PAR FONCTION

COORDINATION/ADMINISTRATION

26%

2251700

FORMATION

16%

1412000

RESEAU

27%

2368000

APPLICATIONS

17%

1500000

INTERFACE UTILISATEUR

11%

1000000

ADMINISTRATION RESEAU

4%

330000

 

100%

8861700

3- ANALYSE PARTIE HORS BUDGET PHASE D'EXTENSION

MATERIEL PHASE EXTENSION

Migration 3 stations existantes vers TDMA

2400000

Stations terrestres satellites: 4 mini Hub TDMA

4000000

Noeuds de communication (3)

200000

   

TOTAL MATERIEL PHASE EXTENSION

660000

4- ANALYSE PHASE D'ELARGISSEMENT REGIONAL (HORS BUDGET)

MATERIEL

Stations terrestres satellites 5 mini Hub TDMA

5000000

Noeuds de communication (5)

300000

   

TOTAL MATERIEL PHASE D'ELARGISSEMENT

5300000

5-ANALYSE GLOBALE

Pour un coût complémentaire de l'ordre de 12 MUCs (donc pour un coût total inférieur à 21 MUCs) la région disposerait d'un squelette régional qui permettrait l'accès de tous les pays.

Cette formule réduirait les coûts globaux annuels du réseau aux coûts de maintenance des 12 stations terrestres installées; cela, dans l'hypothèse où le coût du transpondeur dédié (de l'ordre de 3 MUCs/an) serait mis au compte de l'intégration régionale.

3 DEFINITION DU PROJET

3.1 DEFINITION GENERALE

Il s'agit d'un projet visant à la constitution d'une solution régionale, intégrale et pérenne à la problématique des réseaux pour la recherche en Amérique Latine.

Le projet considère, en priorité:

-l'utilisateur final,

-le contenu applicatif,

-l'intégration régionale

-et l'orthodoxie normative des solutions techniques proposées.

Le caractère intégral de la solution réside dans la prise en compte de l'ensemble des éléments de la chaîne, de la production à la consommation de l'information scientifique et technique. Le projet se préoccupe donc également du contenu du réseau.

C'est ainsi que les aspects suivants font partie du projet:

-l'interface utilisateur des réseaux télématiques pour la recherche,

-l'architecture et la topologie de réseau aux niveaux national et régional,

-la structure organisationnelle de gestion et d'opération du réseau, au niveaux national et régional,

-la formation des différents acteurs du réseaux (utilisateur final, personnel de support à l'utilisateur, personnel d'administration technique du réseau, personnel spécialisé pour les stations satellites),

-les applications pilotes en accès sur le réseau.

La pérennité de la solution consiste à proposer un réseau permettant un accès à la portée financière de la population visée et qui comporte une structure d'administration stable.

L'accent sur l'utilisateur se traduit dans la qualité de la formation, du support utilisateur et de l'interface utilisateur. L'identification de la population d'utilisateurs et la mise en place d'une politique systématique de diffusion font également partie des objectifs du projet. De plus, les éléments globaux du projet sont analysés en terme de coût par utilisateur. Enfin, une participation de représentants des utilisateurs est assurée dans toutes les phases de réalisation et d'opération du réseau.

L'intérêt mis sur le contenu applicatif se traduit dans la sélection, après étude approfondie des réseaux d'IST existants, d'une série d'applications pilotes, à mettre en oeuvre avec le réseau de transport. Ces applications devraient, par leur caractère exemplaire, entraîner le développement autonome d'autres réalisations du même type. Un des buts immédiats fixés, dans ce domaine, est la mise en accès télématique des réseaux d'information existants dont la diffusion est freinée par l'absence de moyens de communication adéquats. A terme, sera recherchée la participation de la région comme partenaire dans le marché mondial de l'information scientifique et technique.

L'intégration régionale est le principe conducteur de ce projet. Le projet traduit en termes concrets et applicables le concept d'intégration des pays d'Amérique Latine et des Caraïbes. Le projet recommande la tenue, dans la phase préliminaire, d'une conférence régionale des autorités de la science, la technologie, la recherche et l'éducation supérieure, avec un agenda programmatif concret:

- Adoption d'une charte d'exonération des impôts pour les télécommunications inter-régionales concernant les réseaux pour la recherche.

- Proposition d'un calendrier d'offres de canaux satellites pour former le squelette régional.

- Adoption d'une formule de structure régionale d'administration de réseaux.

- Mise en place de programmes de coopération inter-régionaux dans le domaine de l'éducation supérieure, de la science et de la technologie.

L'orthodoxie normative apparait principalement dans l'adoption des protocoles de communication en fonction de l'état présent des normes et de leur évolution. Le projet propose un compromis entre le nécessaire pragmatisme et l'état de l'art normatif. L'architecture de réseau proposée doit permettre une transition facile et peu coûteuse vers les futures implémentations OSI. De plus, le projet doit favoriser l'émergence de standards là ou le travail normatif n'est pas conclu (interfaces utilisateurs et interfaces aux bases de données).

3.2 OBJECTIFS REGIONAUX

L'objectif principal du projet, du point de vue de la région Amérique Latine et Caraïbes, est le renforcement des secteurs Science, Technologie, Recherche et Education Supérieure et de la capacité de ces secteurs de participer efficacement au développement global de la région.

Le renforcement de ces secteurs est prévu par le désenclavement de la région en ce qui concerne les flux d'information scientifique et technique. Les réseaux télématiques pour la recherche, grâce au phénomène de vase communiquant qu'ils provoquent en ce qui concerne l'IST, devraient entraîner une "oxygénation" du secteur scientifique et technologique. L'accélération des échanges devrait, dans un premier temps, se manifester principalement du nord vers le sud. Mais, dans un second temps, il est prévu une augmentation des échanges du sud vers le nord; il en sera de même des échanges internes à la région et plus généralement sud-sud. Grâce à cet effet de vase communiquant, on peut s'attendre à une tendance à la remise à niveau des chercheurs de la région, vers la moyenne internationale.

L'objectif principal indirect est de contribuer à renforcer le chemin de cette région vers l'intégration en montrant l'exemple directement à travers le domaine de la science et la technologie, et, indirectement à travers le secteur des télécommunications.

Un des objectifs régionaux indirects est de permette à la région de mieux capitaliser l'impact de la population de chercheurs de la région en exercice dans les pays industriels ou dans d'autres pays. D'une part, l'accès généralisé et bon marché à l'IST incitera au retour un certain nombre d'entre eux, ce qui provoquera une impulsion décisive des secteurs nationaux de la science et la technologie. D'autre part, l'outil mettra les chercheurs résidents ou de passage dans les pays industrialisés en situation d'agents régionaux dans le processus du transfert technologique, ce qui permettra de capter, canaliser et amplifier les possibilités d'assistance.

La croissance attendue des secteurs académique et scientifique participera au développement général des pays et de la région à travers plusieurs axes:

-la participation de la région au marché de l'IST,

-la participation du projet à l'amélioration des télécommunications régionales,

-l'augmentation des échanges entre le secteur industriel et le secteur scientifique et éducatif.

Un autre objectif indirect que permet d'entrevoir cette technologie nouvelle est l'amélioration induite de la méthodologie de travail. Après le nécessaire apprentissage à l'utilisation du courrier électronique, il est généralement constaté que les utilisateurs, par le bénéfice de la gestion automatisée de la communication (classement, archivage des messages, permanence du courrier en attente), parviennent naturellement à une structuration de leurs communications. L'outil leur impose une méthodologie implicite de travail plus efficace. Quand on réalise que les problèmes du sous-développement sont plus souvent dûs au manque de méthodologie qu'à l'absence de technologie, on peut apprécier l'urgence pour l'instauration de cette technologie structurante.

Les projets de coopération internationale sont souvent d'une lenteur critique par rapport à la vitesse d'évolution des technologies nouvelles. Le réseau projeté, en mettant en communication de manière efficace de nombreux agents de coopération, offrira la possibilité d'accroître considérablement les opportunités de projets coopératifs spontanés, sans appareil bureautique complexe, donc bien adaptés aux technologies nouvelles.

3.3 OBJECTIFS DE LA CEE

La Commission peut jouer un rôle actif dans la réduction des différences nord-sud, elle a la possibilité, après l'avoir adapté, d'exporter son savoir-faire dans le domaine des télécommunications et d'accroître les échanges scientifiques et techniques avec cette région. L'expérience acquise par la Communauté dans le domaine de l'intégration régionale est susceptible d'être également exportée, après les nécessaires adaptations au milieu socio-économique et culturel de la région visée.

Cette action apportera des bénéfices indirectes à la Communauté en consolidant sa présence dans le marché des sciences de l'information, en général, et des télécommunications, en particulier. Dans ces deux secteurs la Communauté possède une avance technologique qui devrait mieux se traduire, dans cette région, en percée commerciale.

L'accroissement des échanges scientifiques multi-disciplinaires devrait indirectement entraîner, à moyen terme, une meilleure pénétration des nouveaux produits technologiques européens dans les différents secteurs d'applications.

Le centre régional de formation pourrait constituer une vitrine sur la région des technologies nouvelles de la Communauté dans le domaine des télécommunications et des sciences de l'information.

3.4 STRATEGIE GLOBALE PROPOSEE

1 CONNECTIVITE REGIONALE ET INTERNATIONALE

Les coûts des télécommunications internationales représentent le frein principal à l'expansion des réseaux existants.

La solution à ce problème mobilise la majorité des efforts des acteurs de réseaux de la région. De plus, la situation crée un sentiment de précarité peu propice à la réflexion à long terme. L'essentiel du temps de travail des équipes de responsables de réseaux de la région est consacré à cet aspect particulier du problème, au détriment des politiques de diffusion, de formation et de soutien à l'utilisateur. Il reste peu de temps pour l'élaboration de stratégies cohérentes en ce qui concerne la diffusion de l'outil et l'intégration des applications. Cette situation d'urgence et de dépendance est peu favorable à l'intégration régionale. En effet, chaque responsable de réseau des pays de la région recherche de son côté, l'obtention d'un canal direct vers le réseau de la National Science Fundation (NSF) des Etats-Unis. C'est ainsi que plus de 90% des connexions internationales passent par les Etats-Unis, dans le cadre d'accords ponctuels avec des organismes nord-américains (universités, NASA, NSF, etc...). En règle générale, ces accords ne présentent pas de caractère de pérennité. Les responsables de la NSF ont d'ailleurs manifesté publiquement leur désaccord envers cette multiplicité de canaux, au moment où les évolutions vers la commercialisation du transport commencent à se percevoir.

La meilleure stratégie pour débloquer la situation consiste en la création d'un squelette régional de transport de données qui pourrait garantir la circulation régionale et internationale des communications.

La meilleure option possible, compte tenu de l'état de la technologie et de la situation régionale (où les systèmes de télécommunications terrestres sont souvent défaillants), est celle de la technologie satellite. L'approche satellite présente, de plus, une autre série d'avantages stratégiques.

Du point de vue financier, cette technologie offre des solutions tout à fait économiques, si l'on compare les coûts régionaux globaux avec la somme des dépenses nationales. Elle présente l'avantage supplémentaire de changer radicalement l'équation des coûts: augmentation des coûts fixes et forte diminution des coûts annuels. Cette reformulation des coûts présente deux avantages complémentaires. D'une part, elle est mieux compatible avec les méthodes de financement des projets internationaux (qui sont en général très réticents à maintenir une enveloppe de soutien économique pour de longues durées). D'autre part, en modifiant les priorités budgétaires, elle devrait provoquer une véritable mutation dans les priorités de résolution des problèmes qui permettrait de canaliser enfin les énergies vers les objectifs essentiels des réseaux: la facilité d'usage et les fonctionnalités.

Du point de vue politique, la solution présente l'avantage de préserver l'indépendance régionale et d'encourager l'intégration. En effet, des solutions à base de satellites régionaux sont envisageables. Au Brésil et au Mexique se sont développées des activités importantes dans ce domaine, et les pays du Pacte Andin poursuivent leurs efforts dans cette direction.

La stratégie optimum consisterait à provoquer, à l'occasion d'une conférence régionale organisée spécialement sur le thème, la création d'un agenda d'engagement de la part des pays concernés, dans lequel chacun, à tour de rôle, offrirait au monde de la science et la technologie de la région, la mise à disposition de canaux sur satellites.

Du point de vue technique, les challenges ont été maîtrisés: l'implémentation de réseaux de transmission sur satellite supportant le protocole de transport TCP-IP est viable. La fonction d'accès aux ressources éloignées (TELNET) est certes pénalisée par les délais qu'engendrent les satellites mais, d'une part, cela n'est pas la priorité globale de la région (il faut d'abord généraliser l'accès au courrier électronique) et d'autre part la technologie progresse très rapidement. En 1995, date à laquelle est prévue la migration vers un squelette de type réseau maillé à division dans le temps, les derniers inconvénients auront probablement été maîtrisés.

2 CONNECTIVITE NATIONALE

Le problème des liaisons internationales n'est pas exclusif, il faut également assurer la connexion nationale de l'utilisateur vers son noeud de réseau. La stratégie globale, en phase avec le renforcement des télécommunications de donnée nationales, consiste à privilégier l'utilisation des réseaux X25 nationaux. Cette stratégie ne doit pas manquer de souplesse (accès direct, réseaux locaux, concentrateurs de trafic) et elle doit prévoir des palliatifs pour les pays (ou les régions isolées à l'intérieur des pays) où la situation des lignes téléphoniques constitue un facteur bloquant durable. Dans ce dernier cas, la stratégie proposée est d'adjoindre des systèmes VSAT avec une station principale ("hub") et des micros stations. Une opération pilote de ce type est inscrite dans le programme du projet. En ce qui concerne l'aspect financier, la stratégie est de faire émerger, au niveau régional, un patron de tarification nettement préférentiel en ce qui concerne l'accès des chercheurs aux réseaux X25.

3 ARCHITECTURE

La croissance des réseaux s'est bien entendu poursuivie, dans la région, pendant la durée de cette étude. Il existe donc une gamme de solutions sur le terrain, certaines d'entre elles avec un nombre non négligeable d'utilisateurs. La stratégie globale ne doit pas ignorer la situation existante. L'architecture propose en conséquence le concept d'un "hyper-noeud" avec la caractéristique de pouvoir s'insérer sans modifier l'existant. Cette option architecturale, qui concentre de nombreuses fonctions, présente d'autres avantages stratégiques. Elle permet, d'une part, de faciliter les possibilités de migration vers les normes de l'OSI en centralisant les fonctions de communications vers l'extérieur. D'autre part, elle entraîne une meilleure utilisation des canaux de télécommunications et une meilleure gestion des coûts d'opération en gérant de manière organisée les listes de distribution, les répertoires et les banques de données.

4 INTERFACES UTILISATEURS

Le niveau technologique des interfaces utilisateurs dans le monde des réseaux de la recherche est un facteur critique. Dans le cas le plus fréquent ceux-ci représentent l'état de l'art au moment de la naissance des réseaux (interface de type "commande", comme le MAIL de BITNET), dans le meilleur des cas les interfaces commencent seulement à intégrer les concepts de menus. Les interfaces des réseaux télématiques commerciaux sont en général d'un niveau bien supérieur, quoique n'ayant pas atteint l'état de l'art en la matière.

La stratégie pour les interfaces utilisateurs repose sur l'élection du PC et de ses standards d'interfaces comme terminal naturel du chercheur et sur la fourniture d'un programme standard d'interface de haut niveau facilitant l'accès. Le niveau d'interface visé doit être comparable aux logiciels PC de dernière génération disponibles sur le marché ("à la windows"), avec, en sus, le respect de la variété des langues.

Cette stratégie peut se concrétiser par le passage de prototype à produit industriel du programme d'interface proposé par l'Union Latine (MULBRI). Le logiciel prototype MULBRI représente une base convenable pour poursuivre un développement à grande échelle. Le type d'interface fourni comprend l'ensemble des dispositifs les plus modernes de la panoplie PC (excepté les icônes) et les critères établis de multi-linguisme et de transparence vis à vis du type de réseau pourraient lui donner un avantage décisif, et le mettre en situation de standard de fait pour le domaine de l'IST, à l'instar du programme ISIS de l'Unesco.

5 FORMATION/DIFFUSION

La partie formation et diffusion est fondamentale dans la stratégie du projet. Pour rentabiliser l'investissement et obtenir les fruits escomptés le plus rapidement, une politique volontariste doit être développée, en ce qui concerne l'utilisateur final. L'offre dans ce domaine est extrêmement réduite. Le projet se propose donc de construire les structures adéquates dans les pays et de former les formateurs dans un centre capable d'appuyer à distance, par des moyens de type multi-média, les centres nationaux.

En ce qui concerne la formation de personnel technique réseau, l'offre est abondante. La stratégie, en conséquence est de sélectionner des propositions convenables et de les renforcer.

6 ADMINISTRATION

La fabrication de structure régionale d'administration de réseau est un processus lent et complexe. La stratégie est d'adapter la structure européenne RARE, à la région, dans un processus impliquant directement l'ensemble des partenaires régionaux concernés.

7 APPLICATIONS

Les applications pilotes constituent un volet essentiel de la stratégie globale du projet. Une sélection soigneuse des priorités et des application existantes dans la région a été établie par l'Unesco dans l'étude associée. Un choix restreint mais très démonstratif sera réalisé. Les applications choisies seront intégrées au réseau de transport de manière à lui donner un contenu à valeur exemplaire et ainsi susciter un mouvement général d'intégration.

8 METHODOLOGIE

Etant donné le caractère régional, la complexité inhérente aux problèmes traités et l'ambition globalisante du projet, une attention particulière doit être donnée à la méthodologie de conduite du projet. L'expérience de l'étude a montré les difficultés de communication sur le terrain et le challenge particulier de coordonner un projet à l'échelle d'un continent. En dehors de l'adoption des outils spécifiques de conduite de projet appropriés, la stratégie consiste à renforcer et distribuer les structures de coordination de manière à être en mesure de faire participer activement et efficacement les contreparties régionales et nationales.

A l'intérieur d'un cadre juridique de type ONG internationale, il est prévu d'installer un bureau de coordination régionale, un bureau d'interface européen et un bureau national par pays.

Pour les mêmes raisons, le projet est découpé en phases successives séparées par des période de contrôle, évaluation, et redirection. Une phase préliminaire mettra en place l'ensemble des structures et éléments indispensables pour garantir le bon déroulement de l'opération. Une phase pilote mettra l'ensemble des moyens en oeuvre dans 3 pays ou sous-régions de manière à pouvoir maîtriser la complexité. Une phase d'extension assurera à la fois la migration technique de la solution vers le stade de réseau maillé intégral, et l'introduction de trois nouveaux pays ou sous-régions. La phase finale chargée d'effectuer l'élargissement à l'ensemble des pays de la région n'est pas incorporée au projet. La Communauté décidera, le moment venu, de l'opportunité de compléter elle-même l'effort au niveau régional, ou de laisser d'autres agences prendre la relève.

4 OBJECTIFS GENERAUX DU PROJET

4.1 IMMEDIATS

Des objectifs précis devront être atteints et constatables à la fin de l'exécution du projet.

Du point de vue du réseau:

-L'établissement de l'ossature d'un squelette régional sur satellite, de type réseau maillé à division dans le temps. Ce dispositif, supportant le protocole TCP-IP, aura une capacité suffisante pour répondre aux exigences de 200,000 utilisateurs avec une qualité de service acceptable.

-L'installation et la mise en fonctionnement d'un "hyper-noeud" et de son environnement applicatif et de personnel, dans chaque pays concerné.

-La fourniture du logiciel d'interface utilisateur MULBRI comprenant l'ensemble des fonctionnalités nécessaires et la mise en place de procédures efficaces de distribution, installation, et mise à jour.

-La réalisation et mise en oeuvre d'une installation pilote à technologie VSAT.

Du point de vue de ses utilisateurs:

-L'établissement et l'application d'une politique de diffusion dans chacun des pays du projet.

-La mise en place d'un agenda de formation pour l'ensemble des utilisateurs potentiels.

-La formation effective du personnel de soutien et des formateurs dans chacun des pays.

-La formation effective de 10% de la population potentielle d'utilisateurs de ces pays (soit environ 10000 personnes).

-Une croissance du nombre d'utilisateurs dans les pays choisis de l'ordre de 50% (soit environ 20,000 utilisateurs nouveaux)

-L'organisation de la collecte de l'analyse et de la synthèse de l'évaluation d'un échantillon représentatif d'utilisateurs sur les différents aspects du réseau (diffusion, formation, soutien,

services, applications).

Du point de vue de l'administration du réseau:

-L'établissement et la mise en fonctionnement de la structure régionale d'administration.

Du point de vue de la gestion du réseau:

-La formation de l'ensemble du personnel de support nécessaire par rapport à la croissance prévue du nombre d'utilisateurs dans chaque pays concerné (soit environ 400 personnes).

-La formation de l'ensemble du personnel télématicien d'opération et de maintenance nécessaire par rapport à la croissance prévue du nombre d'utilisateurs dans chaque pays concerné (soit environ 20 personnes).

-La formation de l'ensemble du personnel de maintenance des stations terrestres satellite prévues (10 personnes).

Du point de vue de l'ensemble du projet:

-La mise en oeuvre opérationnelle et cohérente de l'ensemble des éléments du réseau ainsi constitué.

-un bilan en forme d'évaluation détaillée et quantifiée de l'ensemble de l'opération.

4.2 COURT TERME

Un certain nombre d'objectifs directs ou indirects doivent être atteints dans les deux années qui suivent la phase d'extension du projet.

Objectifs directs

-La généralisation du squelette régional à l'ensemble de la région.

-L'exportation, à l'ensemble des pays de la région, après évaluation et amélioration, des différents programmes de diffusion et de formation.

-La croissance du nombre d'utilisateurs formés et servis, dans les pays concernés, jusqu'à environ 70% de la population cible.

-Un pourcentage de l'ordre de 50% des personnes isolées des moyens de télécommunications classiques connectées par VSAT, dans les pays concernés.

-La mise en accès sur le réseau de répertoires d'utilisateurs correctement gérés.

-Un nombre total d'applications (réseaux d'IST ou bases de données) en accès télématique sur le réseau, de l'ordre de 40.

-La généralisation du patron de tarification spéciale pour l'accès aux réseaux X25, pour les populations de chercheurs.

-La formation de 100 documentalistes possédant à la fois la maîtrise des technologies télématiques et de la documentation.

Objectifs indirects non quantifiés.

-Généralisation dans la région de l'utilisation des réseaux X25.

-Maturation des besoins en termes de réseaux numériques à intégration de service et de réseaux à valeur ajoutée.

-Croissance des échanges technologiques entre le secteur industriel et le secteur de la recherche.

4.3 MOYEN TERME

A moyen terme, l'objectif visé est que les effets indirects du projet se perçoivent statistiquement, en ce qui concerne:

-La population de chercheurs à l'étranger, à la fois en termes de retour des cerveaux et de production de projets de coopération informels et sans bureaucratie excessive,

-La croissance sensible des chiffres proportionnels de trafic intra-régional et vers l'Europe,

-La coopération sud-sud, en tant que composante de la coopération globale dans le domaine de la science et de la technologie.

4.4 LONG TERME

A long terme, les effets projetés tendent fortement au réequilibre des termes de l'échange dans le marché de l'IST.

La technologie télématique, à ce stade, devrait avoir atteint un palier de généralisation sectorielle dans le monde et provoquer de réelles mutations (généralisation de l'université à distance, changements structurels dans le monde du travail de bureau, délocalisation du travail, apparition de cultures nouvelles, etc). L'objectif à long terme, est que cette région soit en état de bénéficier de cet impact d'une manière comparable à celle des régions plus industrialisées.

5 FAISABILITES DES ACTIONS PROPOSEES

5.1 RETOMBEES ECONOMIQUES

Les retombées économiques à prévoir pour la Communauté sont de nature indirecte et se manifestent selon trois axes principaux de renforcement:

1) La politique normative de la CEE, avec les retombées inscrites à ce chapitre.

2) La position compétitive de la région dans les marchés des télécommunications, des sciences de l'information et, à un degré moindre, de l'informatique.

3) Les positions compétitives de la communauté dans les secteurs industriels gourmands en technologies nouvelles (médecine, agronomie, bio-technologie ...).

Les évaluations quantitatives des retombées économiques attendues n'ont pas été effectuées dans le cadre de cette étude.

5.2 LES DIFFERENTES SOLUTIONS AVEC EVALUATIONS

1 CONNECTIVITE INTER-NOEUDS

En ce qui concerne les communications internationales, six solutions possibles a été examinées et sont résumées ci-après.

Solution 1: la mise en oeuvre d'un réseau constitué de liaisons point à point classiques.

Solution 2: la mise en oeuvre d'un squelette régional basé sur la technologie satellite.

La solution 1 ne présente aucune difficulté technique particulière, mais elle ne permet pas automatiquement d'atteindre les objectifs d'intégration régionale et de pérennité. De plus, un programme basé, sur la solution 1, entre 3 pays ou sous régions, aurait un effet d'entraînement au niveau régional extrêmement réduit.

La solution 2 lui a donc été préféré, essentiellement pour des raisons stratégiques, dans la mesure où elle permet de concrétiser convenablement l'objectif d'intégration régionale et celui de pérennité. Un risque potentiel a été identifié: la non acceptation, par les autorités de contrôle international, d'une solution où un groupe, n'ayant pas le label d'opérateur publique, se transforme en opérateur régional. La nature internationale du projet, celle de la population visée, la restriction d'usage prévue à cette population, et les évolutions de la situation de la concurrence internationale dans le marché des satellites ont conduit à estimer que le risque était très faible.

Les quatre solutions satellites examinées se sont révélées faisables.

La solution 2.1 est proche de son point limite par rapport au trafic prévu (voir ci-après). En cas de dépassement de capacité, la variante consistant à créer un système VSAT en étoile à deux étages (un hub collectant les informations de différents hubs eux-mêmes collectant les données d'un nombre maximum de micro stations) a été examinée. Ce type d'architecture semble faisable "sur le papier", cependant aucune réalisation de ce type n'a été identifiée et le principe en a été rejeté. D'une part, parce que cette approche ne présente pas un avantage financier décisif, et d'autre part, parce qu'une série d'inconvénients potentiels techniques ont été identifiés.

La solution 2.2 a été retenu comme solution transitoire pour son caractère de migrabilité, dans l'attente de la solution définitive visée qui nécessite un satellite de couverture régionale totale.

Le choix entre la solution 2.3 et la solution 2.4 est plus délicat: le rapport de prix entre une solution TDMA et une solution VSPC étant important (un facteur 1 à 5 environ). La solution VSPC est plus rigide, puisque les canaux virtuels entre stations du réseau maillé sont de taille définie. La solution TDMA présente les meilleurs avantages pour l'objectif fixé, puisqu'aussi bien elle peut s'adapter facilement aux évolutions de trafic. Il a été estimé que l'avantage de souplesse pouvait justifier l'excédent de prix. Le fait que l'enveloppe totale pour un réseau de cette nature soit de l'ordre de 20 millions d'écus, ce qui parait un investissement relativement faible par rapport à l'enjeu, a également joué un rôle décisif pour orienter la décision vers la technologie TDMA.

La situation particulière de la région en terme de satellites, les dépendances du plan sur le lancement du satellite mexicain Solidaridad et sur la conclusion favorable d'une négociation où un transpondeur serait dédié au projet REDALC, plaident pour l'analyse de solutions mixtes mettant en oeuvre différents satellites, par exemple Hispasat (voir annexe 1.4) + PanamSat, ou IntelSat + Morelos. Le cahier des charges présenté en annexe 1.7 contient les éléments de l'étude à mettre en oeuvre dans la phase préalable, étude qui pourra être orientée en fonction des éléments de la dépendance pré-citée. Le détail des évaluations faites est contenu dans le document en annexe 1.5. Il est à noter qu'un expert du cabinet BBN, spécialiste en la matière, a présenté à la conférence de Rio de Janeiro un jeu de transparents (annexe 4.9) où il rejoint, à propos de l'opportunité de développer une solution régionale à base de satellite, les conclusions des études REDALC.

2 HYPOTHESES DE TRAFIC

-Trafic moyen généré et/ou reçu par utilisateur:

60K octets/jour sur 10 heures, (ce chiffre tient compte des caractères de contrôle et comporte une bonne marge de sécurité).

-Trafic pour 200,000 utilisateurs: 12 Giga-Octets/1O heures

-12 Giga-octets/10 heures ===> une capacité au niveau du satellite de 4 Méga-bits/seconde

Contrôle de validité du résultat:

Le réseau NSF a annoncé, pour fin 1991, un trafic de 10 milliards de paquets/mois.

Douze giga-octets/jour représentent 240 giga-octets/mois (20 jours par mois) et, en estimant la longueur moyenne d'un message à 500 octets, on obtient le résultat comparatif de 0.5 milliards de paquets par mois, soit 5% du chiffre de NSF. Considérer que le réseau latino-américain aurait, à pleine charge, 5% du volume du réseau nord-américain paraît une hypothèse de travail réaliste.

3 CONNECTIVITE ENTRE UTILISATEUR ET NOEUD

L'option principale d'accès de l'utilisateur vers son noeud de rattachement se fait à travers les moyens habituels d'accès aux réseaux X25 nationaux. Les sous-options possibles sont les suivantes:

-Connexion en mode X3/X28/X29 asynchrone indirect à travers le réseau téléphonique commuté, à 2400bps (via un PAD éloigné).

-Connexion en mode X3/X28/X29 asynchrone direct par une liaison spécialisée, généralement à plus haute vitesse (via un PAD éloigné).

-Connexion en mode X25 synchrone directe, à une porte X25.

-Connexion en mode X32 asynchrone indirecte, à travers le réseau commuté, à une porte X25.

Les circonstances particulières de chaque site utilisateur détermineront le choix le plus approprié. L'ensemble des sous-options peuvent et doivent coexister.

L'option de secours prévue est celle d'un système en étoile de type VSAT. Cette option est prévue comme solution de transition dans les pays où l'accès au réseau X25 est un facteur bloquant (soit parce que inexistant, soit, cas plus probable, à cause de la dégradation du réseau téléphonique et de la faible possibilité pour son amélioration dans un délai de 3 ans). Elle est également considérée pour fournir un accès aux utilisateurs n'ayant pas d'autres moyens de rejoindre le réseau X25.

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